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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

HEITZLER René Lucien Henri

Nous sommes à la recherche d'une copie de sa carte de Déporté. Ecrire à afmddelallier@orange.fr.


est né le 21 avril 1924 à Crécy-en-Ponthieu (Somme) dans une famille de militants communistes. Sa mère Thérèse Yvonne HEITZLER est couturière. La famille vient s'installer à Moulins 8, rue des Couteliers.

René et son demi-frère Roger ABADA travaillent aux Etablissements Bardet à Moulins et font de la résistance.

Photo transmise par Jacques Dieu.

 

Sur instructions du préfet de l'Allier en date du 5 mai 1941, le commissaire de police de Moulins effectue une enquête sur la famille HEITZLER. Dans son compte rendu il souligne les liens entre la famille HEITZLER et les réfugiés Républicains espagnols communistes et suggère qu'une perquisition soit effectuée à leur domicile. Celle-ci a lieu le 27 mai 1941, mais, rien n'ayant été trouvé, aucune suite n'est donnée.

René HEITZLER est arrêté le samedi 5 juillet 1941 dans la journée rue des Couteliers à Moulins (Roger ABADA est arrêté le soir au même endroit) pour «menées communistes»).

Ils sont internés tous les deux à la Mal-Coiffée pendant 3 semaines, puis ils sont transférés à Compiègne.


Le 17 avril 1942 René HEITZLER  adresse au préfet de l'Allier une lettre dans laquelle il demande sa libération.





De




  à

Le 17 avril 1942

Monsieur le Préfet, Arrêté à Moulins le 4 juillet 1941. Interné au Frontstalag 122 à Compiègne depuis le 23 juillet 1941 j'ai l'honneur de solliciter de votre bienveillance une intervention dans le sens que vous permet votre autorité en faveur de ma libération. Je suis ici dans un camp d'internés politiques. Or je déclare n'avoir jamais participé à aucun mouvement politique quel qu'il soit. Je suis né le 21 août 1924. J'avais donc au moment de mon arrestation 16 ans 1/2 et jamais je ne me suis occupé de politique. Je suis le 2ème d'une famille de 9 enfants et vous pouvez vous rendre compte du besoin qu'aurait ma famille de m'avoir près d'elle. Je prends d'ailleurs l'engagement de ne jamais m'occuper d'aucune politique si je suis libéré. Dans l'espoir que ma demande sera prise en considération veuillez agréer, Monsieur le Préfet, mes plus respectueuses salutations et mes remerciements anticipés.

René Heitzler né à Crécy en Ponthieu (Somme) le 21 août 1924. Domicilié à Moulins 8, rue des Couteliers.


Cette libération est acceptée, comme le confirme une lettre du commissaire de police de Moulins au préfet de l'Allier en date de 27 avril 1942.

"J'ai l'honneur de vous rendre compte que les Autorités allemandes viennent de libérer deux moulinois internés dans un camp de concentration en juin 1941 pour menées communistes.
Il s'agit de DUBOST Jacques, âgé de 65 ans, ancien directeur de la boucherie ouvrière coopérative demeurant 64 rue du Jeu de Paume à Moulins et de HEITZLER René, âgé de 17 ans, demeurant 8 rue des Couteliers à Moulins".

Il semblerait donc qu'ont été libérés le plus âgé et le plus jeune.

Il est arrêté à Moulins une deuxième fois en septembre 1942 et est renvoyé à Compiègne où il arrive le 21 janvier 1943 selon une lettre de Jean AUCLAIR datée du 22 janvier.: «Le frère de Roger Abada (…) est arrivé hier. Il est en bonne santé, mais est mangé par la vermine, il n'a pas de linge, nous l'aidons dans la mesure de notre possible».

Le 24 janvier 1943 il est déporté de Compiègne dans le convoi N° I.74 qui emmène 1526 hommes à Sachsenhausen et 230 femmes à Auschwitz. Les hommes arrivent à Sachsenhausen le 25, les femmes à Auschwitz le 27.

René HEITZLER reçoit le matricule N° 59227 et après la quarantaine il reste au camp central de Sachsenhausen. Puis il est transféré le 11 novembre 1944  à Mauthausen où il reçoit le matricule N° 109848 avant d'être affecté le 18 novembre au Kommando de Gusen.(Source: ITS Arolsen).

Gusen: Kommando du KL Mauthausen.  A Gusen, les Nazis exploitent les carrières de granit, grâce notamment à l'envoi dès 1940 de milliers de Républicains espagnols. A partir de 1943, les détenus y sont massivement utilisés dans les usines installées par les firmes Steyr, Daimler, Puch et Messerschmitt pour la fabrication des pièces de fusils et des moteurs d'avions. En 1944, pour parer aux attaques aériennes, des galeries souterraines abritent progressivement des chaînes de montage. Gusen II voit ainsi le jour pour recevoir les milliers de prisonniers nécessaires à ces travaux de creusement.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.


Il décède le 26 janvier 1945  à Gusen II selon l'acte de décès ("Todesmeldung") à Mauthausen.



Source du document ci-dessus: Service International de Recherches d'Arolsen  1484056.

Il décède le 26 janvier 1945 à Gusen selon l'état civil de Crécy-en-Ponthieu et de Moulins et le JO N° 142 du 26 juin 1994.

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Ministère des Anciens Combattants en date du 6 mai 1994 paru au Journal Officiel N°142 du 21 juin 1994.


Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, 1580 W 8, 1289 W 32,

- Archives de la famille Auclair Jean

- Archives du camp de Mauthausen sur Ancestry.com et JewishGen.org

- Etat civil de Crécy-en-Ponthieu (80) et de Moulins (03)

- International Tracing Service d'Arolsen  1.1.26.1 / 1309845, 1.1.26.1 / 1484056, 1.1.38.1 /4098724, 1.1.38.1 / 4092864, 1.1.38.1 / 1291500,

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mauthausen Le Troisième Monument  Amicale de Mauthausen

- MemorialGenWeb  site Internet

- Service International de Recherches d'Arolsen  1484056,

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