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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

JAMES Gilbert

Nous sommes à la recherche d'une photo.

est né le 28 juin 1907 au domicile de ses parents aux Brossards à Lapalisse (03). Son père Jean-Marie et sa mère Françoise née FAURE sont cultivateurs.

Incorporé le 15 novembre 1927 il est affecté au 181ème Régiment d'Artillerie Lourde, puis au 196ème Régiment d'Artillerie à Tracteurs. Avec ses régiments il participe à l'occupation de la Rhénanie du 17 novembre 1927 au 22 avril 1929. Il est démobilisé le 1er mai 1929.
 
 

Rappelé le 7 septembre 1939 il est affecté au Dépôt d'Artillerie N° 8. Il est démobilisé le 26 juillet 1940.

Rédacteur à la sous-préfecture de Lapalisse il est suspendu de ses fonctions le 7 novembre 1940 pour ses activités communistes. Il est soupçonné d'être le meneur et de donner des mots d'ordre.

Il fait l'objet d'une dénonciation auprès de la Préfecture de l'Allier dans une lettre anonyme du 29 décembre 1940 où il est décrit comme «ancien employé de la S.Préfecture qui sait porter bien haut les fanions De-Gaulle et Staline».

Le courageux dénonciateur termine  sa lettre par la formule habituelle: «Permettez moi Mr le Préfet de conserver l'anonymat pour cause de représailles».

Gilbert JAMES va alors exercer  le métier de cultivateur-éleveur au lieudit Les Minaires  à Saint-Prix (03).

Sur décision du Préfet de l'Allier en date du 30 avril 1941 il est interné au camp de Nexon (87) à compter du 8 mai 1941 en application du décret du 18 novembre 1939.

« Les individus dangereux pour la défense nationale ou pour la sécurité publique peuvent, sur décision du préfet, être éloignés par l'autorité militaire des lieux où ils résident et, en cas de nécessité, être astreints à résider dans un centre désigné par décision du ministre de la Défense nationale et de la Guerre et du ministre de l'Intérieur ».

Il est libéré du camp de Nexon  le 22 septembre 1941.

Le 30 octobre 1941 il épouse Marguerite TALON à Saint-Etienne (42) et ils ont un enfant.

Il devient agent général d'assurances et habite Rue Nationale à Lapalisse.

Il est arrêté le 29 janvier 1944.

Le 27 avril 1944 il est déporté de Compiègne à Auschwitz où il arrive le 30 dans le convoi N° I.206 dit «Convoi des Tatoués». Il reçoit le matricule N° 185775.


Source du document ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen 2.3.3.4 / 78295640.

C'est l'un des trois convois de non-juifs à être dirigés en wagons à bestiaux sur Auschwitz. Il met quatre jours et trois nuits pour arriver à destination. Ce convoi est resté célèbre sous le nom de Convoi des Tatoués. Là 1665 hommes vont être immatriculés et tatoués.

Pourquoi Auschwitz? Les historiens se sont interrogés. Plusieurs hypothèses sont possibles: soit il s'agissait d'exterminer rapidement ces déportés soit de les transférer dans des kommandos de travail dépendant d'Auschwitz soit parce qu'il n'y avait plus de place à Buchenwald.

C'est, semble-t-il, la dernière hypothèse qui est retenue. En effet arrivés à Auschwitz le 30 avril 1561 de ces déportés vont en repartir à destination de Buchenwald le 12 mai. Ils y seront restés deux semaines. A Buchenwald Gilbert JAMES reçoit un nouveau matricule, le N° 53484.


Source du document ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.5.3 / 6166163. 

Le 24 mai ils sont mille à être transférés à Flossenbürg.

Source du document ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen   1.1.5.3 / 6166164. 

Il reçoit un nouveau matricule le N° 9836, puis est affecté au Kommando de Flöha.


 
Source des 2 documents ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen   1.1.8.1 / 10802429 , 1.1.8.1 / 10802430.

Flöha: Kommando du KL Flossenbürg et ville de Saxe située à 13 km au nord-est de Chemnitz. Les détenus sont affectés à une usine de tissage récemment transformée en atelier de construction de fuselages d'avions Messerschmitt 109.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation
 
 
Il rentre le 7 juillet et décède le 22 juillet 1945 à Lapalisse.
 
"Mort pour la France"
 
 
Sur décision unanime du Conseil Municipal de Lapalisse lors de sa réunion du 18 janvier 1948, un nom de rue est attribué à Gilbert JAMES.

Photo: AFMD de l'Allier.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 305614), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française)  et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).


La carte de Déporté Résistant N° 1.011.28436  lui est attribuée à titre posthume sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 12 décembre 1955.

 Source du document ci-dessus: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

Son nom figure à la Préfecture à Moulins sur la plaque «A la mémoire des fonctionnaires de la Préfecture et des Sous-Préfectures de l'Allier Morts pour la France».

 

 
Photo: AFMD de l'Allier

Photos: AFMD de l'Allier.

 
Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, 1289 W 32.2, 1 R 1927.993.80, 996 W Police Politique Opposition au Régime de Vichy,

- Archives Départementales de la Haute-Vienne 1621 W 1, 1621 W 9, 1621 W 13, 1621 W 60

- Archives du camp de Flossenbürg sur Ancestry.com  et JewishGen.org

- Archives Municipales de Lapalisse

- Clogenson Henri et Le Goupil Paul Mémorial des Français Non-Juifs Déportés à Auschwitz, Birkenau et Monowitz publié à compte d'auteur

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Etat civil de Lapalisse (03)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 305614)

- Service International de Recherche d'Arolsen  1.1.8.1 / 10802429 , 1.1.8.1 / 10802430,  1.1.5.3 / 6166163, 1.1.5.3 / 6166164, 1.1.8.3 / 10894874,                             
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