Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

La Rafle du 26 août 1942 dans l'Allier

Conférence de Wannsee

Le 20 janvier 1942 à Wannsee dans la banlieue de Berlin sont réunis sous la direction de Reinhard HEYDRICH quinze hauts fonctionnaires qui organisent la mise en application de la décision déjà prise d'appliquer la Solution Finale aux 11 millions de Juifs dans toute l'Europe. La Solution passe par «l'évacuation des Juifs vers l'Est» et, selon les termes de François et Renée BÉDARIDA, « la trilogie de la solution finale s'enclenche impitoyablement: concentration, déportation, extermination».

L' accord Oberg-Bousquet

Après un premier entretien le 16 juin 1942 entre le général SS OBERG commandant la police et le SD allemands et René BOUSQUET, secrétaire général à la Police du gouvernement LAVAL, l'accord est signé le 2 juillet 1942. Il est l'aboutissement de négociations, tractations, marchandages où les ambitions personnelles de part et d'autre ne sont pas absentes. Mais souligne Serge KLARSFELD, «L'important, (…) c'est que le 2 juillet 1942 Bousquet, soutenu aussitôt par Laval, a pris l'engagement de livrer non seulement les 10000 Juifs de zone libre qu'il a promis le 16 juin, mais aussi d'arrêter 20000 Juifs dans la région parisienne». En échange de la livraison de Juifs étrangers les Juifs français ne seraient pas inquiétés. On sait ce qu'il en advint. De plus c'est la police française qui procédera aux arrestations et rafles, ce qui permet au gouvernement français d'affirmer sa souveraineté dans les zones libre et occupée.

La circulaire du 5 août 1942.

Henri CADO, Conseiller d'Etat Secrétaire Général pour la Police et adjoint de BOUSQUET, envoie aux Préfets Régionaux de la Zone Libre une circulaire qui va servir de base pour l'organisation des déportations en 1942 à partir des 40 départements qui constituent la Zone Libre.

MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR ETAT FRANÇAIS

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DIRECTION GÉNÉRALE

DE LA

POLICE FRANÇAISE

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Direction de la Police du VICHY, le 5 août 1942

Territoire et des Etrangers.

 

LE CONSEILLER D'ETAT

SECRÉTAIRE GÉNÉRAL A LA POLICE

SECRET à Monsieur le Préfet Régional de

CLERMONT-FERRAND

Vous informe qu'Israélites allemands, autrichiens, tchécoslovaques, polonais, esthoniens, lithuaniens, lettons, dantzicois, sarrois, soviétiques et réfugiés russes entrés en France postérieurement au 1er janvier 1936 incorporés Groupe S.T.F. hébergés centres service social Etrangers, centres Comités privés ou centres U.G.I.F. placés Centres regroupement israélites en application circulaires 3 novembre 1941 et 2 janvier 1942 ainsi que ceux en résidence libre seront transportés en zone occupée avant 15 septembre à l'exception:

1°) vieillards plus 60 ans

2°) enfants moins 18 ans non accompagnés

3°) individus ayant servi dans armée française ou armée ex-alliée pendant 3 mois au moins ou ayant pris part à combats sans durée service. Leur conjoint ascendant et descendant bénéficient même mesure. Celle-ci ne s'applique pas aux ex-prestataires.

4°) ceux ayant conjoint ou enfant français

5°) ceux ayant conjoint n'appartenant pas à une des nationalités ci-dessus énumérées

6°) ceux intransportables

7°) femmes en état de grossesse

8°) père ou mère ayant enfant moins 5 ans

9°) ceux dont noms figurent sur liste annexée circulaire 20 janvier 1941 et sur listes annexes

10°) Ceux qui incorporés ou non dans groupes T.F. semblent ne pouvoir quitter emploi sans préjudice grave pour économie nationale.

11°) Ceux qui se sont signalés par leurs travaux artistiques, littéraires ou scientifiques et enfin ceux qui à un autre titre ont rendu des services signalés à notre pays.

Individus bénéficiant exemption pourront s'ils le désirent suivre membres familles non exemptées –stop- Parents ayant enfants moins 18 ans pourront s'ils le désirent les laisser zone libre –stop- me saisir en outre cas exceptionnels justifiant au moins sursis ou exemption-stop- M'adresser en double exemplaire avant 16 août liste alphabétique israélites désignés avec état civil nationalité domicile profession et situation famille – d'autre part les intéressés seront groupés par famille, les noms des membres d'une famille figurant après celui de leur soutien – un numéro d'ordre devra figurer devant chacun des noms. Mentionner sur liste annexe noms et adresse ceux de ces individus ayant parents israélites dans camps étrangers relevant mon département avec indication de ce centre – stop – Vous référant mon télégramme 18 juillet 1942 – vous confirme qu'il convient suspendre toute émigration étrangers susceptibles être remis même pour ceux déjà en possession visa sortie – stop – Suspendre également libération et mutation israélites incorporés groupes T.F. ainsi que transfèrements israélites des centres du S.S.F. et centres de tous organismes privés à l'exception de celles ordonnées à dater de ce jour par mon département – stop – ces instructions ont caractère rigoureusement confidentiel – stop –

signé: CADO

Source: Archives Départementales du Puy-de-Dôme 277 W 115


24 août 1942

Le Préfet de l'Allier adresse au Conseiller d'Etat et au Préfet Régional une lettre avec « la liste des israélites du département de l'Allier qui doivent être groupés aux termes de la dépêche ministérielle du 5 août 1942». Sur les 134 Israélites étrangers recensés 54 bénéficient d'exemption. Il est donc prévu d'en arrêter 80 domiciliés dans 18 communes de l'Allier.

Le nombre des «Sans profession» sur cette liste est au premier abord surprenant. Ainsi Mieczyslav BARUCH, ingénieur polonais réfugié à Commentry est employé comme magasinier, mais il est déclaré «sans profession». De même Sarah RICHTER, chimiste polonaise, a travaillé aux Forges de Commentry. Quant à Léo HIRSCH, titulaire d'un diplôme de chirurgien-dentiste obtenu en Allemagne, il exerce son métier à Bordeaux, à Montluçon et à Commentry 2, rue Jean-Jacques Rousseau de 1937 à 1942… avant qu'on ne décrète que son diplôme n'est pas reconnu.

Il est évident en fait que le nombre de «sans profession» est élevé chez les Juifs puisqu'un certain nombre de professions leur sont interdites.

Source: Archives Départementales de l'Allier 996 Q.J. Recensement (778 W 15.3).

Le 26 août 1942

Selon le Commissaire Principal Chef des RG de l'Allier «la préparation du ramassage avait été effectuée au domicile de chaque intéressé par les brigades de gendarmerie intéressées», c'est-à-dire que les gendarmes vérifient que les personnes visées sont bien présentes à leur domicile. La chasse à l'homme… à la femme et à l'enfant du 26 août 1942 pouvait donc commencer.

Elle est effectuée simultanément à 5 heures du matin par 7 équipes de policiers qui opèrent dans 18 communes et des Groupements de Travailleurs Etrangers.

A 14 heures 68 personnes se retrouvent au Camp des Textiles à Prémilhat. 21 n'ont pas été arrêtées pour diverses raisons: intransportables, absents, exemptés. Par contre 5 qui avaient franchi clandestinement la Ligne de Démarcation ont été rajoutées par le Commissaire des RG de Vichy.

Le Commissaire Principal des RG de l'Allier souligne l'apathie des personnes arrêtées à deux exceptions près et signale l'intervention du Grand Rabbin de Paris en faveur d'Alice MAIER, Israélite allemande.

Le Camp des Textiles à Prémilhat

Le Camp des Textiles se situe sur la commune de Prémilhat en limite des communes de Domérat et Montluçon. Cette ancienne usine désaffectée en 1936 fabriquait de la paille à chapeau et appartenait aux familles TOULEMONDE-PROUVOST. 

Source du plan ci-contre: Mairie de Prémilhat.

Témoignage de Madame CUSSINET de Domérat sur le Camp des Textiles: «J'habite le quartier dit des Textiles depuis 1929. En 1940 j'avais 17ans et résidais face aux Textiles. Mon père était le représentant des propriétaires. Il en assurait la garde et la gérance des immeubles.


Début 1940 les bâtiments étaient réquisitionnés par l'Armée. S'y trouvaient cantonnés des soldats en attente d'incorporation – les classes les plus âgées- et ensuite des soldats arrivant du front en attente de démobilisation après les événements de 1940. En 1941 il n'y avait que des passages rapides.

En août 1942 les lieux toujours réquisitionnés furent occupés par des convois, hommes, femmes et enfants juifs, mais très peu de temps. Mon père qui essayait de leur passer à travers la haie des bouteilles d'eau potable et du lait pour les enfants y fut interdit d'accès. Mais fin 1942-1943-1944 nous allions nous réfugier dans les caves pendant les alertes avec les voisins. Donc tout était évacué et les lieux libérés.

Les Textiles ont été incendiés le 22 août 1944 en même temps que tout le quartier (je m'y trouvais). La raison? Les FFI-FTP avaient attaqué le dimanche la Caserne par l'Ouest. Ils tiraient du Camp Neuf (actuellement quartier de l'ENET). Le lundi soir en trop petit nombre ils durent se retirer. Les Allemands sortirent de la Caserne et incendièrent le mardi matin 22 août 1944 toutes les villas du quartier et les bâtiments des Textiles bien sûr inoccupés».

Témoignage recueilli par l'AFMD de l'Allier.

Les locaux se composent de deux bâtiments principaux. Le premier contient deux dortoirs avec 364 couchettes, le deuxième un dortoir au premier étage avec 192 couchettes, ce qui fait 556 couchettes au total.

Le rez-de-chaussée se compose d'une grande salle pour le personnel de surveillance pouvant servir de dortoir (150 couchettes) et réfectoire, un réfectoire de 220 places et 3 petites salles pour les bureaux et l'infirmerie.

Deux assistantes sociales et deux infirmières. Le médecin du Commissariat à la Lutte contre le Chômage est chargé de la surveillance sanitaire.

Quant au personnel de surveillance il se compose de 35 G.M.R. (Groupe Mobile de Réserve) et de 24 gendarmes.

27 août 1942

Le sous-préfet de Montluçon écrit au préfet de l'Allier une lettre pour lui demander 25 gardes supplémentaires pour la surveillance du camp des Textiles, car «le nombre de personnes devant être rassemblées dans ce camp atteindra le chiffre de 400» selon le Commissaire Principal des Renseignements Généraux.

27 août 1942

Le Préfet Régional de Clermont-Ferrand adresse au Préfet de l'Allier une lettre dans laquelle il n'arrive pas à cacher son mécontentement que «plus de 50 % d'entre eux (Israélites étrangers) avaient échappé à la mesure les concernant», 170 personnes ayant été arrêtées sur les 400 escomptées.

Il ordonne à tous les services de police et gendarmerie de rechercher ceux qui ont pu s'échapper par exemple en effectuant des rafles dans les lieux publics et de les appréhender et de les transférer au Camp des Textiles à Prémilhat. Il leur ordonne aussi de poursuivre tous ceux qui auraient pu leur venir en aide.

27 août 1942

Le Commissaire Spécial envoie au Directeur des Renseignements Généraux une lettre dans laquelle il fait le compte rendu de la rafle du 26 août dans l'arrondissement de Vichy où ont été "ramassés" 6 hommes, 8 femmes et jeunes filles et 3 enfants.

Il souligne la grande inquiétude des Israélites «sur le sort qui leur est réservé». Prémonitoire aussi cette déclaration du Consistoire Israélite de Vichy citée dans le rapport selon lequel «ces opérations sont un crime contre l'humanité et on va livrer ces Israélites aux bourreaux»!

29 août 1942

Le Commissaire Principal Chef des Renseignements Généraux  de l'Allier adresse une lettre  à l'Intendant de Police à Clermont-Ferrand. Dans cette lettre, après recensement définitif des Israélites  regroupés au Camp des Textiles, il lui transmet 3 listes

1) une liste de 95 hommes

2) une liste de 60 femmes

3) une liste de 15 enfants

Soit un total de 170 personnes pour la région Auvergne dont 68 de l'Allier.

Il signale en outre que 4 personnes malades ont été hospitalisées à Montluçon «sous surveillance de gardiens de la Paix» .

2 septembre 1942:  opération criblage

Se réunissent ce jour-là au Camp des Textiles à Prémilhat trois responsables des Renseignements Généraux, le chef régional, le chef départemental et le chef du camp plus un inspecteur des Renseignements Généraux qui fait fonction de secrétaire. Le but de la réunion: «examiner la situation d'un certain nombre d'israélites étrangers qui avaient été concentrés en exécution de la circulaire du 5/8/42 afin de les transférer en zone occupée» . En clair il s'agit de faire le tri entre ceux qui sont "déportables" et ceux qui peuvent encore bénéficier d'une exemption.

Ils procèdent à l'examen des cas. Des notices ont été préparées par le Service Social des Etrangers qui dépend du Commissariat à la Lutte contre le Chômage.

Pour l'Allier

Jean ALETZKI «ramassé» à Bessay est libéré et incorporé dans un GTE, car son fils de 8 ans est français.

Max SIEGELWACHS «ramassé» à Saint-Germain-des-Fossés est libéré et incorporé dans un GTE, car entré en France avant 1936. Par contre Léo HIRSCH qui est entré en France en 1935 est «ramassé» à Commentry avec sa femme et son fils et il verra sa demande rejetée, car il est «considéré comme indésirable par le Commissaire Spécial de l'Allier».

Siegfried LUFT «ramassé» à Saint-Germain-des-Fossés engagé volontaire n'est pas libéré, car il n'a pas «servi sur le front français contre l'Allemagne». Autre engagé volontaire Edouard POSNER «ramassé» à Saint-Hilaire avec son épouse. Malgré l'intervention des Anciens Engagés Volontaires Etrangers il est maintenu.

De même que Joseph SLOUTCHANSKY «ramassé» à Serbannes qui a vécu en France de 1906 à 1936, est reparti en Belgique en 1936, puis est revenu en mai 1940.

Il semble donc que les motifs d'exemption aient été appliqués de manière restrictive. De plus dans l'immense majorité des cas pour les «ramassés» de la région Auvergne ceux qui sont «libérés» sont soit incorporés dans un G.T.E. soit assignés à résidence.



 

3 septembre 1942

Les 143 détenus du camp des Textiles sont transférés à la gare de Montluçon et mis dans le train à destination de  Drancy.

Le 4 septembre 1942

Le Chef des Renseignements Généraux de l'Allier rend compte, le 4 septembre, à l'Intendant de Police dans les termes suivants:

«En vous transmettant le Procès-verbal des examens de situation opérés le 2 septembre 1942, au camp des Textiles, j'ai l'honneur de porter à votre connaissance que (le départ de) 144 Israélites, dont 83 hommes, 48 femmes et 13 enfants, ne bénéficiant d'aucune des exceptions prévues par la Circulaire Ministérielle du 5 août et ses annexes, ont été mis en route le 3 courant, à la gare de la petite Vitesse, à Montluçon et ont quitté cette ville à destination de Chateauroux-Vierzon à 15 h 55.

Le départ a eu lieu sans incident sous escorte de 48 gardiens du G.M.R. en cinq wagons, dont un wagon voyageurs pour les femmes et enfants (accompagnées de deux infirmières de la Croix Rouge), trois wagons de marchandises pour les hommes et un fourgon à bagages.

L'escorte, de retour ce matin, a rendu compte que le voyage s'est effectué sans aléas et qu'après réunion avec un convoi plus important, venant de Toulouse, à la gare de Chateauroux, la remise des intéressés aux autorités occupantes a eu lieu à Vierzon à 2 heures du matin.

Au Centre des Textiles, restent à ce jour 10 hommes, 10 femmes et 1 enfant dont les cas sont examinés dans le procès-verbal ci-joint.»
 
Source: Archives Départementales de l'Allier 996 W 778 W 15.04.

Le convoi venant de Montluçon est rattaché, à Chateauroux , à un train venant de la région de Toulouse et transportant les personnes qui ont été arrêtées dans les départements du Tarn (camp de Saint-Sulpice-la-Pointe), du Tarn-et-Garonne (camp de Septfonds) et du Lot-et-Garonne (camp de Casseneuil). Ce train qui transporte 862 personnes,  arrive le 4 septembre au camp de Drancy.

Bilan de la rafle du 26 août 1942 dans l'Allier

Source: Archives Départementales de l'Allier 996 W 778 W 15.04.

On ne peut que constater la sobriété des observations !

Les 52 raflés de l'Allier

1- ABISCH Adèle 24-02-1937 Yasina (Tch) Villebret

2- ABISCH Chaim 17-08-1895 Yasina (Tch) Villebret

3- ABISCH Marie 08-05-1933 Anvers (Bel) Villebret

4- ABISCH Maurice 30-09-1931 Yasina (Tch) Villebret

5- ABISCH Regina 15-03-1898 Yasina (Tch) Villebret

6- ABISCH Smaja 03-05-1904 Yasina (Tch) Villebret

7- ABISCH Szillia 17-02-1900 Berlin (All) Villebret

8- BARUCH Mieczyslav 10-05-1883 Varsovie (Pol) Commentry

9- DIAMANT Abraham 28-09-1889 Cracovie (Pol) Saint-Germain-des-Fossés

10- DIAMANT Harry 31-08-1929 Varsovie (Pol) Saint-Germain-des-Fossés

11- DIAMANT Malka 15-05-1900 Kolaczyce (Pol) Saint-Germain-des-Fossés

12- DIAMANT Sarah 21-05-1925 Cracovie (Pol) Saint-Germain-des-Fossés

13- DINESOVA Betty 25-04-1910 Casimin (Pol) Villebret

14- GOLDSCHNEIDER Abraham 29-01-1899 Cracovie (Pol) Villebret

15- GRYNBERG Jacques 17-09-1921 Lublin (Pol) Bourbon-l'Archambault (GTE)

16- GUTMANN Marya 06-06-1892 Solemo (Pol) Montluçon

17- HERSZKOWITZ Heynett 08-06-1916 Zuklin (Pol) Montluçon

18- HERSZLIKOWICZ Jerzon 13-10-1897 Lodz (Pol) Saint-Germain-des-Fossés

19- HEUMANN Flore 30-01-1891 Laupheim (All) Gannat

20- HIRSCH Jean 20-04-1931 Szczecinek (Pol) Commentry

21- HIRSCH Léon 23-11-1903 Rogaten (All) (Sar) Commentry

22- HIRSCH Marthe 14-06-1903 Rogozno (Pol) Commentry

23- KAMINER Markus 19-05-1905 Yasina (Tch) Montluçon

24- KANCZUGER Emilia 12-09-1910 Grzymalow (Pol) Néris-les-Bains

25- KOBER Walter 28-08-1905 Benthen (All) Naves

26- LIEBLING Léopold 14-03-1888 Vienne (Aut) Montluçon

27- LIWSCHITZ Kurt Tsvi 10-01-1928 Vienne (Aut)  Montluçon

28- LUFT Siegfried 24-12-1910 Vienne (Aut) Saint-Germain-des-Fossés

29- MAJOREK Benjamin 10-03-1904 Kalisz (Pol) Theneuille

30- MAJOREK Isaac 29-10-1936 Liège (Bel) Theneuille

31- MAJOREK Malka 13-09-1905 Snochowice (Pol) Theneuille

32- MARKOVIC Martin 25-12-1890 Olesnik (Tch) Villebret

33- NEHMER Erwin 15-10-1910 Cracovie (Pol) Theneuille

34- OCHS Henri 06-04-1922 Gmunden (All) Montilly

35- OCHS Louis 06-04-1922 Gmunden (All) Montilly

36- PERL Georg 27-07-1910 Vienne (Aut) Villebret

37- PLAT Ajsyk 14-04-1893 Tomaszow (Pol) Villebret

38- POSNER Edouard 01-12-1908 Berlin (All) Saint-Hilaire

39- POSNER Mathilde 08-01-1916 Sofia (Bul) Saint-Hilaire

40- REICHENFELD Alphonse 04-07-1896 Vienne (Aut) Châtel-de-Neuvre

41- RICHTER Sara 15-01-1914 Stanislawow (Pol) Commentry

42- SCHENKEL Dina 01-08-1929 Berlin (All) Villebret

43- SCHENKEL Hélène 09-05-1939 Kolaszyce (Pol) Villebret

44- SCHENKEL Markus 30-01-1900 Kolaszyce (Pol) Villebret

45- SCHENKEL Rosa 27-04-1904 Sedziszow (Pol) Villebret

46- SCHENKEL Sigi 16-08-1931 Berlin (All) Villebret

47- SLOUTCHANSKY Joseph 19-03-1896 Rostow (Rus) Serbannes

48- SZYLDWALD Frymet 17-03-1907 Lodz (Pol) Saint-Germain-des-Fossés

49- THUMIN Cécilia 04-11-1907 Cracovie (Pol) Montluçon

50- THUMIN Joséphine 26-08-1887 Guralomira (Rou) Montluçon

51- WAJS Rozel 03-03-1912 Piotrkow (Pol) Saint-Germain-des-Fossés

52- WEISSGLASS Henny 22-06-1895 Souchaweny (Pol) Montluçon

23 hommes, 18 femmes et 11 enfants. Total: 52 personnes.

Une commune est plus particulièrement frappée: Villebret.

Sur les 143 personnes parties de Montluçon 140 d'entre elles sont déportées le 14 septembre 1942 à Auschwitz dans le convoi N° 32.

Selon Serge KLARSFELD dans le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, ce convoi est composé de 1000 Juifs. «A leur arrivée à Auschwitz, le 16 septembre, furent sélectionnés 58 hommes qui reçurent les matricules 93898 à 63953 et 49 femmes qui reçurent les matricules 19772 à 19820. Le reste du convoi fut immédiatement gazé, à l'exception des hommes (plus d'une centaine) qui furent sélectionnés avant l'arrivée à Auschwitz, à Kosel».

A notre connaissance sur les 52 personnes arrêtées dans l'Allier et déportées à Auschwitz dans le convoi N° 32, il y eut 3 survivants, Smaja ABISCH, Jacques GRYNBERG et Georg PERL.


Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 996 W Question Juive Déportation (778 W 15.3, 15.4)

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 277 W 115

- Centre de Documentation Juive Contemporaine

- Gobitz Gérard Les déportations de réfugiés de Zone Libre en 1942 L'Harmattan 1996

- Klarsfeld Serge Mémorial de la Déportation des Juifs de France 1978

- Klarsfeld Serge Mémorial des Enfants Juifs Déportés de France octobre 1994

- Klarsfeld Serge Liste des transferts de Montluçon à Drancy du 3 septembre 1944

- Mairie de Prémilhat

- Office des Etrangers de Belgique

-Témoignage de Madame Cussinet

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