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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
SCHAEFFER Georges Roger
 
Nous sommes à la recherche d'une photo.

est né le 11 juin 1923 au domicile de ses parents 27, boulevard des Alliés à Mulhouse (68). Son père Jean est employé de bureau  et sa mère Joséphine née HESS est sans profession.

Il est étudiant de l'Université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand (63) où il est domicilié au 64, rue Bansac.
 

Il entre dans la résistance au mouvement «Combat» en septembre 1941 et au réseau «Mithridate» comme agent P2, c'est-à-dire à plein temps et rétribué le 1er septembre 1942.

Réseau Mithridate: l'un des grands réseaux militaires. Il est créé par Jean Herbinger alias Colonel Bressac. A la fin de 1942 il couvre toute la France. En juin 1943 il est rattaché au BCRA (Bureau Central de Renseignement et d'Action).
Source:
Dictionnaire Historique de la Résistance.

Il est arrêté le 4 septembre 1942 à Montluçon par la police française.

En septembre 1942 il est envoyé en mission à Montluçon avec Alphonse KIENTZLER  pour plastiquer l'Office de Placement allemand, ce qu'ils réussissent à faire. Mais, «trahis par le bavardage d'une comparse» selon le témoignage d'Alphonse KIENTZLER, ils sont arrêtés et internés à Montluçon jusqu'au 12 octobre avant d'être transférés à Clermont-Ferrand. 

En mai 1943 il est dirigé sur la prison Saint-Paul à Lyon où il est jugé le 25 septembre 1943 par la Section Spéciale du Tribunal d'Etat de Lyon. Il est déclaré coupable d' «activité communiste», «propagande antinationale, détention d'armes et d'explosifs, destruction d'objets mobiliers par explosifs, bris de clôture». Il est en particulier accusé d'avoir, en compagnie de Pierre KESSLER,  "volontairement détruit tout ou partie des clôtures du magasin occupé (...) par le siège des Volontaires Français contre le Bolchevisme" Il est condamné à 7 ans de travaux forcés.

Source du document ci-contre: Archives Départementales de l'Allier Fonds Rougeron.


Il est transféré le 15 octobre 1943 à la Centrale d'Eysses (Lot-et-Garonne) où il figure sous le N° 590 sur le registre d'écrou.

 


Source du document ci-dessus: Archives Départementales du Lot-et-Garonne 940 W 118.

Du 19 au 23 février 1944 il participe à l'insurrection de la Centrale. Celle-ci échoue de peu. Devant la menace d'un bombardement par les troupes allemandes appelées en renfort les insurgés se rendent. 12 prisonniers sont fusillés.


Le 30 mai plus de 1100 détenus sont «remis aux autorités allemandes», en clair ils sont livrés aux nazis.

 

Le 30 mai plus de 1100 détenus sont «remis aux autorités allemandes», en clair ils sont livrés aux nazis, en l'occurrence la Division Das Reich qui se rendra coupable de la pendaison de 99 otages à Tulle le 9 juin, puis du massacre de 642 personnes à Oradour-sur-Glane le 10 juin.

Cette unique photo des emprisonnés d'Eysses en colonne par cinq, les mains sur la tête, au moment où ils quittaient la Centrale aux mains des S.S.le 30 mai 1944 pour la gare de Penne-d'Agenais (Lot-et-Garonne) où ils allaient être embarqués vers Compiègne, a été prise par un garde mobile d'une fenêtre dominant la cour d'honneur.

Source de la photo: L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Amicale des Anciens d'Eysses Editions Sociales 1974

« Le 30 mai 1944 l'ordre de départ arrive et ce sont des soldats allemands SS qui prennent la direction des opérations d'évacuation de la centrale. Avec des hurlements accompagnés de coups de crosses nous sommes tous mis en rang devant la centrale. Nous sommes alignés en files interminables, les mains sur la tête, sans aucun paquetage ni objet personnel; certains d'entre nous sont violemment assommés et piétinés. C'est la sauvagerie totale». Source: Alphonse Kienzler Souviens-toi, docteur Weil Ed. Prospective 21 décembre 1992
 


Ils partent en wagons à bestiaux de la gare de Penne d'Agenais pour Compiègne où ils arrivent  le 3 juin.

Le 18 juin 1944 il est déporté de Compiègne à Dachau où il arrive le 20 dans le convoi N° I.229. 

Le KL Dachau est situé en Bavière à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Munich. C'est le premier camp de concentration créé par le IIIème Reich le 20 mars 1933, soit seulement sept semaines après l'accession d'Adolf Hitler au pouvoir. Il constitue ainsi le modèle de référence sur lequel d'autres camps ont été construits et ont fonctionné jusqu'à la fin de la guerre. 
De 1933 à 1939, 35575 détenus, des Allemands, puis des Autrichiens, des Tchèques et des Polonais, sont ainsi immatriculés au KL Dachau. A partir de 1939 des détenus provenant de tous les pays en guerre contre l'Allemagne arrivent à Dachau. A la libération trente nations sont représentées. Au total plus de 200000 déportés sont passés par Dachau et ses Kommandos. Parmi eux on trouve 12500 Français environ.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il reçoit le matricule N° 74017 et reste au camp central de Dachau où il est libéré le 29 avril 1945.

Par arrêt de la Chambre de Révision de la Cour d'Appel de Lyon en date du 20 décembre 1944 sa condamnation à 7 ans de Travaux Forcés avait été annulée et retirée du casier judiciaire. L'amende et les frais de justice lui avaient été restitués.

Il reprend ses études et obtient son diplôme de docteur en médecine.

Le 3 février 1950 il épouse Paule Andrée TUBACH à Baldenheim (67).

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 538777), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

La carte  de Déporté Résistant N° 1.017. 22007 lui est attribuée  sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 21 avril 1954.

Suivant l'article 1er de l'arrêté du Ministère de la Défense en date du 20 avril 1990, le "Bataillon F.F.I. de la Centrale d'Eysses" est assimilé à une unité combattante pour la période du 9 décembre 1943 au 31 mai 1944.

Il décède le 7 novembre 1992 à Sélestat (67).
 
 
Sources:

- Archives Départementales du Lot-et Garonne 940 W 118

- Archives Départementales du Rhône 1035 W 2

- Archives du camp de Dachau sur
Ancestry.com et JewishGen.org

- Archives Municipales de Mulhouse

- Bulletin Officiel des Armées Arrêté du 20 avril 1990

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen

- Etat civil de Mulhouse (68) et de Baldenheim (67)
 
- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004
 
- Martres Eugène L'Auvergne dans la tourmente 1939-1945 De Borée 1998

- Mémorial annuaire des Français de Dachau  Amicale des Anciens de Dachau 1987

- Noguères Henri Histoire de la Résistance en France Tome 2  Robert Laffont 1969

- Service Historique de la Défense GR 16 P 538777


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