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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
BERTRAND Jean-Paul
 
Archives de la famille

est né le 4 janvier 1911 au domicile de ses parents au bourg de Sussat (03). Son père Jean et sa mère Hélène née BARREL sont agriculteurs.

Il est reconnu Pupille de la Nation par le jugement du Tribunal Civil de Gannat en date du 30 octobre 1920.
 
Photo: Archives de la famille.

Le 15 octobre 1931 il devance l'appel et s'engage pour un an à Moulins (03). Il est affecté au 54ème Régiment d'Artillerie à Hyères (83) et est démobilisé le 15 octobre 1932.

Il est nommé élève-garde à pied le 7 juillet 1939 et affecté à la 8ème Légion de la Garde Républicaine Mobile. Le 16 novembre 1940 il est affecté à la 9ème Légion de Gendarmerie.
 
Photo: Archives de la famille.
Archives de la famille
 

Il épouse Alice GROS et ils ont trois enfants. Il est nommé gendarme à Saint-Aignan (41) et ils sont domiciliés rue Maurice Berteaux dans cette ville.

Le 1er juillet 1943, il entre dans l'Organisation de Résistance «Libération Nord». Dans ses fonctions, il protège les personnes recherchées par la police allemande, en particulier les réfractaires au S.T.O. et les maquisards. Il réunit aussi de précieux renseignements qu'il transmet aux responsables du mouvement.

Le 27 juillet 1944, il est arrêté à Saint-Aignan, puis est transféré à Loches (Indre-et-Loire) où toute la Section de Gendarmerie est arrêtée: au total 36 gendarmes. Selon un témoignage familial l'officier allemand commandant le détachement qui fait irruption dans la caserne s'écrie:« Vous les avez assez protégés, vos maquisards! Que personne ne bouge ou vous êtes morts!».

Jean Paul Bertrand, comme tous les gendarmes arrêtés à Loches ce jour-là, est interné à la prison de Tours jusqu'au 10 août 1944, puis au Fort Hatry à Belfort.

Le 29 août 1944, il est déporté par le convoi N° I.267 à Neuengamme où il arrive le 1er septembre. Il reçoit le matricule N° 43634 et est affecté à la cuisine du camp.

Après la quarantaine le 3 septembre 1944, il est envoyé au Kommando de Wilhelmshaven.
 
Wilhelmshaven: Kommando du KL Neuengamme. La ville de Wilhelmshaven est située au nord-ouest de Brême sur la Mer du Nord. Ce Kommando, créé en septembre 1944, fait travailler ses 1000 détenus sur les chantiers navals de la ville pour la Kriegsmarine, la marine de guerre. Ils réalisent également des tâches de déblaiement.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
 

Début avril 1945, victime du travail pénible, de la sous-alimentation et de la schlague, il est évacué avec un convoi de grands malades à destination du camp de Neuengamme. Le convoi est bombardé à Lunebourg et il décède à cet endroit le 2 avril 1945 selon le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il décède le 2 avril 1945 à Neuengamme selon l'état civil de Sussat et le JO N° 185 du 12 août 1987.

«Mort pour la France».

Citation à l'ordre de la Division: «Gendarme qui a fait preuve durant l'Occupation allemande d'un patriotisme certain. A rendu de grands services au pays en facilitant le camouflage des réfractaires au S.T.O. Arrêté le 27/7/1944 à Loches (Indre-et-Loire) par la Milice et la Gestapo à la suite de coups de main du Maquis dans la région, a été déporté en Allemagne où il est décédé le 2 avril 1945».

Lui sont attribuées par décret du 14 janvier 1948

- la Médaille Militaire

- la Croix de Guerre avec Etoile d'Argent

- la Croix de Guerre avec Palme.

Le 23 juin 1948 , selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 55137), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française) avec le grade fictif d'adjudant.
 
 

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1 R 1931.1026.1089,

- Archives de la famille

- Etat civil de Sussat (03)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- MemorialGenWeb  site Internet

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 55137)
 
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