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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

MAYER Curt Albert

Archives de la famille

Est né le 11 juillet 1915 au domicile de ses parents au N° 40, rue Oberlin à Strasbourg (67). Son père Jules est commerçant et sa mère Erna née LOEWENTHAL est sans profession.

Son prénom à la naissance, Curt, est transformé en  Albert en 1918 suite au rattachement de l'Alsace à la France.

Ses parents et les trois enfants mineurs sont naturalisés Française suite au décret paru au Journal Officiel N° 57 du 9 mars 1926 pages 3078 et 3079. 

Source de la photo: Archives de la famille.


 

Source du document ci-dessus: Bibliothèque Nationale de France sur site Internet Gallica.

Engagé volontaire par devancement d'appel le 15 octobre 1934 il est affecté au 124ème Escadron du Train. Après avoir fait le Peloton des Sous-Officiers de Réserve il est nommé maréchal-des-logis, puis est transféré au 20ème Escadron du Train. Il est rayé des contrôles le 12 octobre 1935.

Employé de bureau il est mobilisé en août 1939 comme sous-officier de réserve et affecté à la 240ème Compagnie du Train. Il est démobilisé le 25 juillet 1940 par le centre de Pierre Buffière (87) et rejoint ses parents et sa soeur Liliane réfugiés d'abord à Vichy au N° 1, rue du Pontillard.
 
Leurs noms figurent dans le recensement des Juifs français " ayant souscrit une déclaration dans le département de l'Allier" conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 de l'Etat Français.
 

Source: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1.

Puis, ils ont expulsés de Vichy parce que Juifs et  vont s'installer à Néris-les-Bains (03) où ils résident Villa Florentin rue Marceau.

Il échappe à la rafle du 12 mai 1944 dans laquelle ses parents sont pris à Néris-les-Bains, mais il est arrêté le 28 juin 1944 à  Vichy où il a conservé un pied-à-terre et est interné au Château des Brosses, siège de la Milice, à Bellerive-sur-Allier (03), puis à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03).

Témoignage écrit d'Albert MAYER: "J'ai été arrêté par la Milice Française dans la soirée du 28 juin 1944 à la gare de Vichy, à la suite d'une dénonciation anonyme que je n'ai jamais pu élucider. J'ai été emmené au Petit Casino, dépouillé de tout ce que j'avais sur moi et maltraité de la pire des façons. Je suis resté là pendant une quinzaine de jours et après une tentative infructueuse d'évasion, transféré à la prison de Moulins où je fus enfermé dans une cellule avec une vingtaine d'autres prisonniers dans des conditions de saleté repoussante et une nourriture infecte".

Le 25 août 1944 il fait partie des 66 derniers prisonniers extraits de la Mal-Coiffée pour être tranférés dans un premier temps à Belfort (90) dans un convoi militaire allemand. Arrivés à Belfort le 1er septembre ils sont internés à la Caserne Friedrich.
 
Le 5 septembre 1944 ils sont déportés de Belfort à Buchenwald où ils arrivent le 10 dans le convoi N° I.285.
 
 
Source du document ci-dessus: Extrait de la liste du convoi N°I.285 transmise par l'Association Française  Buchenwald-Dora et Kommandos.

Albert MAYER reçoit le matricule N° 85217 et, après la quarantaine passée au Block 63, il est transféré au Grand Camp au Block 23 où sont regroupés les Juifs ou supposés tels. Il est ensuite affecté au Kommando de Niederorschel.

Source du document ci-dessus: Extrait du Registre Matriculaire des 85000 transmis par l'Association Française  Buchenwald-Dora et Kommandos.


Niederorschel: Kommando du KL Buchenwald. C'est dans une usine de contreplaqué et une fabrique de tissage, réquisitionnées, qu'est installée une usine d'usinage et de montage d'avions Junkers. L'installation des détenus se fait dans l'usine même, située près du bourg de Niederorschel, à 35 km au sud-ouest de Nordhausen. Près de 700 détenus s'y trouvent en janvier 1945. Ils sont évacués sur Buchenwald où ils arrivent le 10 avril.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
 

Témoignage écrit d'Albert MAYER concernant son affectation et son évasion ultérieure: " J'ai réussi alors, vu que je parlais l'allemand, à me faire affecter dans une usine d'aviation où, en qualité de technicien, j'ai été admis au bureau des vérifications. A part la nourriture déficiente, les conditions de vie y ont été plus supportables."

Il s'évade le 1er avril 1945 lors de la dissolution du kommando de Niederorschel  et rentre le 22 mai 1945 à Strasbourg.
 
 

Suite et fin du témoignage écrit d'Albert: "Ceci jusqu'au 31 mars 1945 où, devant l'avance alliée, l'usine fut évacuée. Nous devions alors marcher pour retourner au camp, mais dès la première halte en bordure d'une forêt, je me suis évadé dans la forêt où j'ai erré toute la nuit pour me retrouver le lendemain dans le village où était l'usine. De là, on m'a conduit jusqu'à un endroit où j'ai été pris en charge par des prisonniers de guerre français et placé dans une ferme où j'ai retrouvé enfin un bon lit et une bonne table jusqu'à mon rapatriement le 20 mai 1945.
A cette époque nous espérions encore revoir nos pauvres parents. Malheureusement, ils ne sont jamais revenus".


Il épouse Annemarie BODUSZEK à Baden Baden (Allemagne).
 
Il décède le 22 octobre 2007 à Strasbourg (67).

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 756 W 1

- Archives Départementales du Bas-Rhin 831 D 51, 1 R 1935.1082,

- Archives du camp de Buchenwald

- Archives de la famille

- Bibliothèque Nationale de France sur site Internet Gallica

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Etat civil de Strasbourg (67)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- Témoignage écrit d'Albert MAYER transmis par sa sœur Liliane
 
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