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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
  BAVAY Louis Georges dit Tilou
DIAC Clermont-Ferrand

Est né le 25 janvier 1922 au domicile de ses parents au 31, rue Corbeau à Paris (10ème). Son père Louis Auguste est mécanicien et sa mère Célestine née BENOÎT est modiste.

Artisan mécanicien il est domicilié  au N° 6, Place des  Trois Ayards à Montluçon (03). Il participe à la réorganisation des Jeunesses Communistes et en sera le responsable pour cette ville. Très actif, il imprime et distribue des tracts et fait la liaison avec de nombreuses villes du département.

Source de la photo: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.


Arrêté pour "activité communiste" et gardé à vue par la gendarmerie au Camp de Villars à Montluçon,  il est "interné  administrativement au Centre de Séjour Surveillé de Nexon (Hte Vienne)" par arrêté du Préfet de l'Allier en date du 13 janvier 1942. Il va y rester un mois et demi, car, suite à l'avis favorable du chef de camp et au télégramme du 24 mars (voir document ci-dessous à gauche), il est libéré le 31 mars 1942 pour bonne conduite  en exécution du télégramme officiel du Ministère de l'Intérieur du 24 mars. Il signe à Nexon un Engagement d'Honneur ( voir le document ci-dessous à droite) le 31 mars et peut répondre à la convocation des  Chantiers de Jeunesse.




Source des documents ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier 996 W  Mesures Administratives privatives de liberté Dossiers individuels 2.

Il va au Chantier de Jeunesse Groupement N° 34 à Mézières-en-Brenne (36) du 10 avril 1942 au 10 octobre 1942 .

Il s'installe ensuite comme commerçant à Montluçon (03).

Il participe en janvier 1943 à l'organisation de la manifestation du 6 janvier 1943 en gare de Montluçon pour empêcher le départ en Allemagne d'environ 300 requis du travail. Le train est finalement parti, mais il n'emmène que 37 hommes.

Il entre en janvier 1943 au Maquis  FTPF (Francs-Tireurs et Partisans Français) de Saint-Pourçain-sur-Sioule sous le pseudonyme de «Robert» et est nommé lieutenant en juillet 1943, date à laquelle il organise le premier maquis de l'Allier au camp Hoche. Il participe notamment aux sabotages de la ligne à haute fréquence Rochebut à Montluçon, de la ligne de Saint-Pourçain-sur-Sioule à Montluçon et du dépôt de munitions de Saint-Pourçain-sur-Sioule auxquels s'ajoutent plusieurs autres sabotages: les transformateurs du Theil, de Meillard et de Besson et des lignes de chemin de fer Gannat-Montluçon et Commentry-Montluçon.
 
En août 1943 il est promu chef inter-régional des FTP (Francs-Tireurs et Partisans) à Saint-Etienne (42) et chef de maquis en Loire et Haute-Loire.

Il est arrêté le 26 septembre 1943 à Gannat (03) par la gendarmerie de Gannat pour «Transport de tracts de F.T.P.» . Il avait rendez-vous avec Jacques GUILLIEN qui lui est arrêté pour «Port d'armes prohibé».

Louis-Georges BAVAY est transféré le jour même  à la Police Régionale de Clermont-Ferrand et interné à la prison de Riom (03) en attendant le jugement de la Cour d'Appel de Riom.

Le 8 décembre 1943 il est condamné à 2 ans de prison et 1200 francs d'amende par la Section Spéciale de la Cour d'Appel de Riom pour «détention de tracts communistes, fabrication et usage de fausses carte d'identité».

Il est transféré à la Centrale d'Eysses à côté de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) où il arrive le 1er janvier 1944 et où il figure sur le registre d'écrou sous le N°  2845.

Source du document ci-dessus: Archives Départementales du Lot-et-Garonne 940 W 114.


Du 19 au 23 février 1944 il participe à l'insurrection de la Centrale. Celle-ci échoue de peu. Devant la menace d'un bombardement par les troupes allemandes appelées en renfort, les insurgés se rendent. 12 prisonniers sont fusillés.

Le 30 mai plus de 1100 détenus sont «remis aux autorités allemandes», en clair ils sont livrés aux nazis, en l'occurrence la Division Das Reich qui se rendra coupable de la pendaison de 99 otages à Tulle le 9 juin, puis du massacre de 642 personnes à Oradour-sur-Glane le 10 juin.

Cette unique photo des emprisonnés d'Eysses en colonne par cinq, les mains sur la tête, au moment où ils quittaient la Centrale aux mains des S.S.  le 30 mai 1944 pour la gare de Penne-d'Agenais (Lot-et-Garonne) où ils allaient être embarqués vers Compiègne, a été prise par un garde mobile d'une fenêtre dominant la cour d'honneur.

Source de la photo: L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Amicale des Anciens d'Eysses Editions Sociales 1974

Le 18 juin 1944 il est déporté de Compiègne à Dachau où il arrive le 20 dans le convoi N° I.229. Il y reçoit le matricule N° 73062.


Source du document ci-dessus: Mémorial annuaire des Français de Dachau.

Après la quarantaine il est affecté au Kommando d'Allach.


Allach: Kommando du KL Dachau. Ce très important Kommando de Dachau, créé le 17 mai 1944, fait travailler les détenus à divers projets et productions: d'abord pour une manufacture de porcelaine, ensuite pour la firme BMW, enfin pour divers chantiers de l'organisation Todt. Il compte jusqu'à 3850 détenus.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il est libéré à Dachau le 29 avril 1945 et rentre le 12 mai.

Il adhère à l'Association Départementale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier  GR 16 P 39940), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

La carte de C.V.R. (Combattant Volontaire de la Résistance) N° 053557 lui est attribuée  le 31 décembre 1952.

La carte de Déporté Résistant N° 1.011.22976  lui est attribuée sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du  9 août 1954.

Source du document de gauche: Archives de l'Association des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de l'Allier.

Source du document de droite: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.


Le 27 octobre 1945 il épouse Odette GUILLIEN à Montluçon (03).

Suivant l'article 1er de l'arrêté du Ministère de la Défense en date du 20 avril 1990, le "Bataillon F.F.I. de la Centrale d'Eysses" est assimilé à une unité combattante pour la période du 9 décembre 1943 au 31 mai 1944.

Il décède le 6 décembre 1993 à Neuvy-Pailloux (36).



Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, 1756 W 2  N° 3248, 996 W  Police Mesures Administratives privatives de liberté Dossiers individuels 2,

- Archives Départementales de la Haute-Vienne 185 W 3/75

- Archives Départementales du Lot-et-Garonne Registre d'écrou de la Centrale d'Eysses 940 W 114

- Archives de l'Association des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de l'Allier

- Bulletin Officiel des Armées Arrêté du 20 avril 1990

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants d Clermont-Ferrand

- Etat civil de Paris (10ème)

- Etat des Morts et des Disparus en France et des Déportés du groupe armé de Montluçon Ville devenu Maquis de Saint-Pourçain ou Hoche transmis par Georges Gavelle

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial annuaire des Français de Dachau  Amicale des Anciens de Dachau 1987

- Office Départemental des Anciens Combattants de l'Allier

- Rougeron Georges  Quand Vichy était capitale 1940-1944 Editions Horvath 1983

- Sérézat André Archives personnelles

- Service Historique de la Défense (Dossier  GR 16 P 39940)

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