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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

METZGER Michel Georges


est né le 7 décembre 1882 au domicile de ses parents au N° 11, Place Maubert à Paris (5è). Son père Samuel est cordonnier et sa mère Rosine née STUMPFF est marchande des quatre saisons.

Incorporé le 15 novembre 1903 il est affecté au 47ème Régiment d'Infanterie. Il est rayé des contrôles le 18 septembre 1906.

Source de la photo ci-contre: Archives de la famille.

Il épouse Jeanne QUÉHEN le 25 avril 1914 à Paris (12ème).

Rappelé le 12 août 1914 il est affecté au 146ème Régiment d'Infanterie. Il est blessé le 10 décembre 1914 au cours des combats à Bois-le-Prêtre (54) près de Pont-à-Mousson. Il est de nouveau blessé le 30 novembre 1916 à Sailly-Sallisel (80) au cours de la Bataille de la Somme. Le 2 novembre 1917 il est détaché sur différents chantiers dans la région parisienne et est démobilisé le 12 mars 1919.

Il réside depuis 1928 à Vichy où il est domicilié 33, rue de Venise.

Veuf de Jeanne QUÉHEN il épouse Maria HANTSON le 21 mars 1931 à Paris (2ème).

Il est employé aux Transports Rapides 10, rue du Portugal à Vichy.

Son nom figure sur la liste des Juifs français  "ayant souscrit une déclaration" à Vichy conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 de l'Etat Français.

Source: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1.

Il est fiché par l'Etat Français en 1943 en tant que Juif français.

Source du document ci-contre: Archives Départementales de l'Allier 996 W 778 W 112.

Il est arrêté par la Milice le 22 juillet 1944 à Vichy et interné au Château des Brosses où se trouve la prison de la Milice à Bellerive-sur-Allier (03).

Dans son livre Dans les prisons de la Milice Marc-André Fabre apporte son témoignage sur « M.Metzger, le déménageur de la rue du Portugal».

«Quant à moi, déclare Metzger, qui a une bonne grosse figure et rit «intérieurement» à tout propos, j'aurais bien pu faire la sourde oreille lorsqu'on a prescrit aux israélites de donner leur nom au Secrétariat d'Etat aux Questions Juives. Ma femme est aryenne et catholique comme mes enfants et j'ai été baptisé. Si je me suis fait inscrire, c'est uniquement parce que mon arrière-grand-père était juif. Ils sont venus me cueillir chez moi et m'ont embarqué dans mon auto pour aller en arrêter d'autres. Mais ils n'ont trouvé personne. Je les ai entendus, dans leur rage, enfoncer les portes. Ils revenaient avec une lampe, un réveil, un poste de T.S.F. et des cigarettes plein les poches».

Le lendemain 22 juillet il est convoqué par les inspecteurs des Renseignements Généraux et signe un papier. 
«Ils m'ont présenté un papier dactylographié d'après lequel je reconnaissais avoir utilisé mon auto «pour des fins antinationales». Vous parlez d'une rigolade…Ils m'ont menacé, puis ont déclaré que c'était une simple formalité… je l'ai signé… J'ai eu tort sans doute».

Source du document ci-contre: Archives Municipales de Vichy H 101 Boîte N°5.


Il est transféré le 25 juillet 1944 à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03).

Document ci-contre: Adhésion de la famille METZGER à l'Association
«Ceux de la Mal-Coiffée» présidée par Maître Maurice TINLAND, un authentique résistant moulinois.

Source: Archives Municipales de Moulins 5 H 81.

En août 1944 depuis plusieurs semaines déjà et un peu partout en France  les troupes allemandes se replient et vident les prisons qui se trouvent sur leur passage, ce qui présente un double avantage: cela évite que les personnes libérées ne rejoignent les rangs de la Résistance et cela permet d'alimenter les camps de concentration en main-d'oeuvre.


Michel METZGER fait partie des 66 derniers prisonniers extraits de la Mal-Coiffée le 25 août 1944 et transférés à Belfort où ils sont internés à la Caserne Friedrich.

Le 5 septembre 1944 il est déporté de Belfort à Buchenwald où il arrive le 10 dans le convoi N° I.285.


Source du document ci-dessus: Extrait de la liste du convoi N°I.285 transmise par l'Association Française  Buchenwald-Dora et Kommandos.


Source du document ci-dessus: Extrait du Registre Matriculaire des 85000 transmis par l'Association Française  Buchenwald-Dora et Kommandos.

Il reçoit le matricule N°85219 et passe la quarantaine au Petit Camp au Block 63. Puis il est envoyé au Block 23 où sont regroupés les Juifs ou supposés tels.  Ensuite, il est classé R et reste au camp central de Buchenwald comme un certain nombre de personnes considérées comme âgées. Michel METZGER a alors 62 ans.

Il décède le 4 mars 1945 à Buchenwald selon l'état civil de Paris (5ème) et le JO N°191 du 18 août 1995.

«Mort pour la France»

"Mort en déportation" 
suivant l'arrêté du Ministère des Anciens Combattants en date du 3 juillet 1995 paru au JORF n°191 du 18 août 1995.



Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 756 W 1, 996 W 194.01, 996 W 778 W 112,

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme  908 W 168

- Archives de la famille

- Archives de Paris 1 R 1902.3775,

- Archives Municipales de Moulins 5 H 81

- Archives Municipales de Vichy (03) H 101 Boîte N° 5

- Etat civil de Paris (5ème) et de Paris (2ème)

- Fabre Marc-André Dans les prisons de la Milice Imprimerie Wallon Vichy octobre 1944

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- MemorialGenWeb  site Internet

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