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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

BOUCHARDON André

est né le 4 juin 1904 au N° 86, rue de Paris à Pantin (93). Son père Marie Pierre est substitut du Procureur de la République à Cambrai (59) et sa mère Blanche née TOUVIER est sans profession. Ils sont domiciliés avenue Jules Ferry à Cambrai.

Il épouse Anne OGHINSKY le 4 février 1933 à Casablanca (Maroc).

Il passe lieutenant de gendarmerie le 25 juin 1936, puis capitaine le 25 janvier 1939.

Source du document ci-contre: Archives de Paris 3595 W 030.


Après être passé par différentes Légions de la Garde Républicaine Mobile, il arrive en janvier 1941 à la 4ème Légion à l'Etat-major à Vichy où il est domicilié au N° 4, avenue Thermale.

Il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 25 octobre 1941.

Selon Pierre Accoce dans «Les gendarmes dans la Résistance», le Chef d'Escadron Rémi ROBELIN, sous-directeur technique de la Garde et membre de l'ORA (Organisation de Résistance de l'Armée), est chargé, de «faire de la Garde un outil au service de la Résistance». Il «s'entoure d'un groupe de gradés de la Garde dont il connaît le passé, dont les opinions le rassurent».

Parmi ceux-ci figure André BOUCHARDON, "son condisciple durant les événements de 1934 au régiment de cavalerie de la garde républicaine de Paris".

Il est nommé Chef d'Escadron le 25 mars 1944.

C'est André BOUCHARDON qui «tisse ses liens avec le Front National» d'obédience communiste.

Peut-être à la suite d'une dénonciation il est convoqué le 15 juin à l'Hôtel Lardy par le chef des Renseignements Généraux et est interrogé par Pierre POINSOT qui allie «cautèle et menace à peine voilées, insinuant qu'il entretient des liens avec la dissidence».

Le Chef d'Escadron BOUCHARDON est démis de ses fonctions à l'Etat-major et est mis aux arrêts à son domicile gardé par la Milice.

Le 7 juillet il est arrêté par la Gestapo et est transféré à Clermont-Ferrand avec les autres officiers de Gendarmerie.

Il est emmené plusieurs fois à la Villa René à Chamalières (63) pour y être torturé.

Le 20 août 1944 il est déporté de Clermont-Ferrand au camp de concentration du Struthof-Natzweiler où il arrive le 30 dans le convoi N° I.275. Il y reçoit un premier matricule, le N° 26419.


Source du document ci-dessus: Service International de Recherches d'Arolsen. 

Il n'y reste que très peu de temps, car, face à l'avance des troupes alliées, le camp de concentration du Struthof est évacué.

André BOUCHARDON fait partie du convoi arrivé le 6 septembre à Dachau et reçoit le matricule N° 102069.

Source du document ci-dessus: Mémorial annuaire des Français de Dachau.

Le 22 octobre 1944 il est transféré au camp de concentration de Neuengamme où il reçoit un nouveau matricule, le N° 62490. Il est affecté au Kommando de Husum-Schwesing.

Husum-Schwesing: Kommando du KL Neuengamme. Ce Kommando du Schleswig-Holstein, situé près de la Mer du Nord, fonctionne de septembre à décembre 1944 pour creuser des tranchées anti-chars dans la zone côtière marécageuse. Plus de 1500 détenus y travaillent.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.


Puis il est transféré au Kommando de Ladelund.

Ladelund: Kommando du KL Neuengamme. Situé dans le Schleswig à 4 km du Danemark, ce Kommando est ouvert en novembre 1944 dans la zone côtière marécageuse pour creuser des tranchées anti-chars et construire des abris défensifs. Près de 2000 détenus y travaillent.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Selon Pierre Accoce il fait partie des déportés évacués vers la baie de Lübeck Neustadt et entassés sur trois bateaux.

La tragédie de la Baie de Lübeck
Les déportés évacués de différents camps et Kommandos sont embarqués le 1er mai 1945 à bord de trois bateaux, le Cap Arcona, l'Athen et le Thielbeck. Le 3 mai ces trois bateaux arborant le drapeau allemand sont bombardés par erreur par la Royal Air Force qui pensait que ces bateaux étaient occupés par des militaires. Environ 7500 déportés périrent dans cette tragédie.


André BOUCHARDON va survivre à cette tragédie et réintégrer la Gendarmerie.

Officier de la Légion d'Honneur le 21 juin 1946

Lieutenant-colonel le 1er avril 1952

Colonel le 1er janvier 1957

Commandeur de la Légion d'Honneur le 12 juillet 1957

Général de Brigade le 4 juin 1961

Grand Officier de la Légion d'Honneur le 7 juillet 1964.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 76618  ), il est homologué en tant que Résistant au  titre  des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes), des F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

La carte de Déporté Résistant N° 1.001.00289 lui est attribuée sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 15 mai 1950.


Source du document ci-dessus: Archives de Paris 3595 W 030.

Il décède le 11 octobre 1997 à Paris (4ème).



Sources:

- Accoce Pierre Les gendarmes dans la Résistance Presses de la Cité 2001

- Archives Départementales de l'Allier 1580 W 8

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 908 W 168

- Archives du camp de Dachau sur Ancestry.com et JewishGen.org

- Archives de Paris  3595 W 030

- Etat civil de Pantin (93)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial annuaire des Français de Dachau Amicale des Anciens de Dachau 1987

- Mémorial des Français Déportés à Neuengamme Amicale de Neuengamme

- Service Historique de la Défense Département Gendarmerie

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 76618  )

-  Service International de Recherches d'Arolsen

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