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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

SOLANAS ESCARTIN Pablo

Archives de la famille

est né le 22 février 1920 à Leciñena, province d'Aragon, en Espagne. Il est le fils de Pablo SOLANAS MUNIOS et de Petra ESCARTIN BOLEA. Ses parents qui tiennent un commerce et une ferme sont Républicains.

Selon un témoignage familial, le jeune Pablo, âgé de 16 ans, s’engage avec son frère ainé dans l’armée Républicaine en 1936.

En février 1939, la famille fuit l'Espagne en ordre dispersé. Sa mère et sa sœur sont dans un camp. Son père et lui passent par les camps de Barcarès et d'Argelès avant de rejoindre son frère, Antonio, à Septfonds en mai.

Photo: Archives de la famille.



Ce camp considéré comme un centre d'hébergement est vite transformé en bourbier à cause des pluies incessantes et de la surpopulation. Les 81 tombes au Cimetière des Espagnols sont là pour témoigner des conditions d'hygiène. Parmi ces victimes, son père, Pablo SOLANAS-MUNIO, qui y décède de maladie sur son épaule et est enterré dans la tombe 57 au Cimetière Espagnol.

Affectés à la 33ème Compagnie de Travailleurs Etrangers, Antonio et Pablo sont envoyés sur la Ligne Maginot en camion. Ils sont stationnés dans un moulin dans le village de Hetin (Sarre) où ils construisent des blockhaus et creusent des tranchées antichars.

Ils sont faits prisonniers vers Saint-Dié dans les Vosges le 22 juin 1940 en tant que combattants des CTE et envoyés au Stalag V-D à Strasbourg. Là un premier tri est fait: les Français logent dans les bâtiments, les Espagnols dans les hangars.

Ils quittent le Stalag V-D le 11 décembre pour arriver à Mauthausen (Autriche) le 13 décembre 1940. Pablo reçoit le matricule N°5295 et Antonio le numéro 5297. Mais les deux frères sont séparés, car à Mauthausen ils ne gardent que les plus costauds. Blessé à une jambe et ne pouvant marcher, Pablo est envoyé le 22 juin1941 à Gusen distant de 4 Km où se trouvent des carrières de granit.



Gusen: Kommando du KL Mauthausen. A Gusen, les Nazis exploitent les carrières de granit, grâce notamment à l'envoi dès 1940 de milliers de Républicains espagnols. A partir de 1943, les détenus y sont massivement utilisés dans les usines installées par les firmes Steyr, Daimler, Puch et Messerschmitt pour la fabrication des pièces de fusils et des moteurs d'avions. En 1944, pour parer aux attaques aériennes, des galeries souterraines abritent progressivement des chaînes de montage. Gusen II voit ainsi le jour pour recevoir les milliers de prisonniers nécessaires à ces travaux de creusement.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004.

Il y reçoit un nouveau matricule, le N° 47221.

A Gusen,  il conduit une locomotive, puis travaille au marteau piqueur. Peu de temps après il est affecté pendant un an au Straflager, la compagnie disciplinaire, pour avoir mangé des pissenlits. Il doit porter des pierres sur l'épaule toute la journée tous les jours sauf le dimanche. Il répare aussi des vélos, ce qui lui permet de gagner un bout de pain.

Il apprend le décès de son frère Antonio, brutalisé par les Nazis le 1er octobre 1941. Lui-même est battu à six reprises de 25 coups.

Gusen est libéré le 7 mai 1945 par les Américains. Pablo part à pied avec un copain pour Vienne, puis il suit des Tchèques à Prague où il reste 3 mois comme réfugié.

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Source: Archives de la famille.


Enfin il rentre à Paris... dans un wagon à bestiaux!!

Archives de la famille Archives de la famille

Source: Archives de la famille.

A son retour, il doit tout de suite travailler, car sa famille est dans le plus grand dénuement. Il va d’abord à la mine de Saint-Eloy, puis travaille à l’abattage des arbres dans la forêt près de Saint- Pardoux (63). Il y épouse Lydia en 1947.  Puis ils s'installent à Valignat comme métayers. Ils ont trois enfants. En 1957 il quitte la ferme de  Valignat (03) pour s'établir à Charmes (03) au domaine de Malmouche où il est employé en tant qu'ouvrier agricole.

La carte de Déporté Politique N° 1.111.13127 lui est attribuée sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 15 octobre 1954.

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Source: Archives de la famille.



Sources:

- Archives de la famille

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Entretien de l'AFMD avec Monsieur Pablo Solanas Escartin

- Livre-mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

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