Err

Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

BOUBET Pierre Georges

Nous sommes à la recherche d'une photo

Est né le 23 juillet 1890 à Saint-Amand-Montrond (18). Son père Jean-Baptiste est agent d'assurances et sa mère Eulalie née PASQUET est sans profession. Ils sont domiciliés rue d'Austerlitz à Saint-Amand-Montrond.

Incorporé le 10 octobre 1911 il est affecté au 8ème Escadron du Train des Equipages à Dijon. Il est rayé des contrôles le 8 novembre 1913.

Mobilisé le 1er août 1914 au 8ème Escadron du Train il est affecté au 105ème Régiment d'Artillerie Lourde le 1er décembre 1915.

Il est cité à l'ordre de l'Artillerie Lourde le 23 novembre 1916: «Excellent téléphoniste, s'est dépensé sans compter pour l'installation et l'entretien du réseau téléphonique du sous groupement, a fait preuve en maintes circonstances de bravoure et de sang-froid opérant les réparations en dépit du feu ennemi».

Il est cité à l'ordre du régiment N° 81 le 4 mai 1917: «Téléphoniste remarquable par sa valeur et son activité, a rendu au cours des opérations actuelles d'inappréciables services dans des circonstances particulièrement délicates»

Il passe brigadier le 9 juillet 1917 et est démobilisé le 12 août 1919.

Lui est attribuée la Croix de Guerre avec 2 Etoiles de Bronze.

Il vient s'installer à Moulins (03) où il est domicilié au N° 4, avenue d'Orvilliers.

Le 24 octobre 1921 il épouse Marie-Louise CHAPIER à Moulins (03). 

En 1922 il s'installe à Cusset (03) comme mercier en gros et devient délégué départemental du Syndicat de la Mercerie Bonneterie Tissus et Chaussures en gros de la région lyonnaise.

Avant la guerre il est membre du P.S.F. (Parti Social Français) du Colonel de LA ROCQUE.

En 1943 membre de la Légion Française des Combattants, il est administrateur du Bureau de la Bienfaisance, administrateur des Hospices de Cusset et il est proposé comme juge suppléant au Tribunal de Commerce de Cusset. Comme le résume une note de renseignements de la police, il est une «Personne très en vue à Cusset jouissant de l'estime générale».

Il entre au réseau «Alliance» sous le pseudonyme de «Saint-Bernard» ou «V 10».

Réseau «Alliance»: cet important réseau de renseignement essentiellement militaire- mais aussi filière d'évasion- est créé en avril 1941 par le commandant Georges Loustaunau-Lacau.

D'abord pétainiste, puis giraudiste, il va finalement se rallier au général De Gaulle début 1944. Il est dirigé par Marie-Madeleine Fourcade et le commandant Faye.

Source: Dictionnaire Historique de la Résistance.


Il travaille également avec le grade de sous-lieutenant pour la D.G.E.R. (Direction Générale des Etudes et Recherches) selon le Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.

Il fait partie de la vingtaine d'agents du réseau «Alliance» arrêtés entre le 20 et le 22 avril 1943 dans l'agglomération vichyssoise sur trahison d'un agent infiltré.

Il est interné à la prison de Fresnes où sont rassemblés les membres du réseau «Alliance».

Le 4 octobre 1943 il fait partie d'un groupe de 25 hommes déportés N.N.de Paris gare de l'Est à Sarrebruck où ils arrivent le 5 octobre dans le convoi N° I.141.

Procédure «Nacht und Nebel»
instaurée par le décret Keitel de décembre 1941 pour «des actes délictueux» tels que espionnage, sabotage, détention illégale d'armes, etc. Ce décret prévoit le transfert en Allemagne en vue d'un jugement dans le secret absolu. Les déportés doivent disparaître dans «la nuit et le brouillard», c'est-à-dire sans laisser de trace.

La procédure NN ne lui est pas appliquée jusqu'au bout, car selon le Mémorial de l'Alliance il «n'a pu être déféré à la première session du Tribunal de Fribourg faute de preuves».

Note: Il s'agit de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne et non de Fribourg en Suisse.

Il n'est pas libéré, mais est transféré au camp de concentration de Buchenwald où il arrive le 5 octobre 1943.

Il reçoit le matricule N° 10267 et reste au camp central.

Selon le témoignage d' André ROUMEAU, Pierre BOUBET décède au Revier (Infirmerie).
«Je fis connaissance à côté de moi de M.Boubet de Cusset, lequel est mort un après-midi sans un geste, probablement d'une crise cardiaque».

Il décède le 15 mars 1944 à Buchenwald selon le JO N° 242 du 18 octobre 2009.


"Mort pour la France"

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 76266 ), il est homologué en tant que Résistant au  titre  des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

La carte de Déporté Résistant  N° 1.011.04179 lui est attribuée à titre posthume sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 29 mai 1951.

DIAC Clermont-Ferrand

Source: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

Autres hommages posthumes.



Document de gauche: Son nom figure au Monument aux Morts de Cusset. Document de droite: Une rue de Cusset porte son nom.

Photos: AFMD de l'Allier.

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Ministère de la Défense en date du 8 septembre 2009 paru au Journal Officiel du 18 octobre 2009.

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, 1289 W 91,

- Archives Départementales du Cher 1 R 1910.1333,

- Archives Municipales de Cusset (03)

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Etat civil de Saint-Amand-Montrond (18), de Moulins (03) et de Cusset (03)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial de l'Alliance Amicale de l'Alliance

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- MemorialGenWeb site Internet

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 76266)
©  AFMD de l'Allier