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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

BLATTES Alphonse Jean

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est né le 12 janvier 1893 au domicile de ses parents au N° 11, rue Saint-Louis à Castres (81). Son père François est boulanger et sa mère Polonie née BÉZARD est sans profession.

Il exerce la profession de comptable quand il s'engage le 27 mars 1913 pour quatre ans   à la mairie de Castres pour le 9ème Régiment d'Artillerie.

Il est cité à l'ordre du service aéronautique du 30 octobre  1915: " Le Maréchal des Logis Blattes Alphonse Jean, observateur à la 20ème Compagnie d'aérostiers de camp, au cours de nombreuses ascensions dans des conditions atmosphériques très dures, a fait preuve de beaucoup d'énergie et de sang-froid en particulier le 12 septembre au moment où le ballon était pris sous un tir fusant bien réglé, a réussi à repérer la position de la batterie allemande dont les projectiles éclataient au-dessous de lui" (Croix de Guerre Etoile de bronze).

Source du document ci-contre: Service International de Recherches d'Arolsen 5552987.


Nommé sous-lieutenant le 6 février 1917, il est affecté au 9ème Régiment d'Artillerie de Campagne  le 13 août 1917.

Le 17 octobre 1921 il épouse Marthe Marie Louise BENNE à Castres.

Nommé Lieutenant par décret du 21 juin 1928, puis Capitaine par décret du 21 mars 1933, il est rayé des contrôles le 10 mai 1938.

Il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 8 juillet 1932,puis Officier de la Légion d'Honneur à une date non connue.

Il est affecté à l'Etat-Major de la 4ème armée le 26 août 1939, puis à l'Etat-Major de la 16ème Légion le 27 août 1940.


Suite au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 les Allemands envahissent la Zone Libre le 11 novembre et la Gestapo s'installe à Vichy (03).

Sur enquête de la Gestapo de Vichy dirigée par le capitaine Hugo GEISSLER, plusieurs officiers et civils ayant des activités en relation avec l'Afrique du Nord sont arrêtés le 8 janvier 1943 et transférés à Clermont-Ferrand (63).

Jean BLATTES appartient comme agent P.2. au réseau S.S.M.F.T.R. (Service de Sécurité Militaire Français-Travaux Ruraux). Il est arrêté par la Gestapo le  8 janvier 1943 à son "bureau clandestin (7, Place du Marché aux Fleurs à Montpellier) par 2 sous-officiers de la Gestapo (en uniforme)". Il est ensuite interné à la prison militaire de Montpellier.

Puis il est transféré à Vichy (03). Son épouse est informée  officiellement le 3 février  par le Service Social de l'Armée  qu'elle pouvait correspondre avec son mari en adressant ses lettres chaque mercredi au
Service Social de l'Armée
Hôtel Rougier
Vichy,

puis le 10 février au
Capitaine CHAVOURNIN
Etat Major de l'Amiral Platon
Hôtel du Parc
Vichy


Ses lettres restant sans réponse, elle écrit au Maréchal Pétain.


Le 27 janvier 1944 il est déporté de Compiègne à Buchenwald où il arrive le 29 dans le convoi N° I.173.


Source du document ci-dessus: Service International de Recherches d'Arolsen 5552987.

Il y reçoit le matricule N° 43789. Après la quarantaine il est transféré le 13 mars au camp de concentration de Flossenbürg pour être interné au Château d'Eisenberg en tant que personnalité-otage.

Personnalités-otages: un certain nombre de personnes occupant en général des postes à responsabilité civile, politique ou militaire voire religieuse sont arrêtées souvent de manière préventive à cause du danger qu'elles pouvaient représenter, puis déportées. Elles devaient servir le cas échéant de monnaie d'échange. Elles ont eu un sort enviable en comparaison des autres déportés.

Il est libéré à Eisenberg le 8 mai 1945 et est rapatrié le 19 mai.


Il est promu au grade d'Officier de la Légion d'Honneur le 25 janvier 1946 avec cette citation:" Appartenant à un service de contre-Espionnage au moment de l'occupation de la Zone Sud, et quoique étant l"objet d'actives recherches des Services Allemands, est resté volontairement à son poste. A assuré personnellement des liaisons difficiles et périlleuses avec différentes autorités militaires et civiles et a organisé le passage en Espagne de nombreux officiers. Malgré les risques courus, a procédé lui-même au camouflage des archives de son poste, faisant preuve d'un sang-froid remarquable. Arrêté le 8 janvier 1943, et malgré les interrogatoires très durs auxquels il fut soumis, conserva un mutisme complet et ne communiqua aucun renseignement. Déporté en Allemagne a été libéré par l'avance alliée le 7 mai 1945".

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 64271), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

Il est promu au grade de Colonel de Réserve par décret du 30 décembre 1948.

Il décède à Montpellier (34) le 3 avril 1951.

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 778 W 12

- Archives Départementales du Tarn 1 R 1913.423

- Archives Générales du Royaume de Belgique  séries 1.1.5.1., 1.1.47.1.,

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains 21 P 710 883

- Etat civil de Castres (81)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 64271)

- Service International de Recherches d'Arolsen 5552987,

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