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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

FRIEDEL François

Archives de la famille

Est né le 19 août 1914 au 15, rue Santerre à Paris (12ème). Son père Isaac est camionneur et sa mère Fanny née PINTEL est ménagère. Ils sont domiciliés 72, rue de Wattignies à Paris (12ème).

En 1923 la famille FRIEDEL quitte Paris et s'installe au N° 32, rue Pasteur à Vichy (03). Isaac se fait inscrire comme marchand de chevaux à compter du 14 décembre 1923 au Tribunal  de Commerce de Cusset. Puis ils s'installent au Domaine du Plaix à Charmeil (03) près de Vichy. François y travaille comme ouvrier agricole chez ses parents.


Photo: Archives de la famille.


Il se fait recenser en tant que Juif français à Charmeil conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 promulguée par l'Etat Français.

Source du document ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1.

La Gestapo de Vichy fait irruption dans la ferme le 1er avril 1944 et arrête toutes les personnes présentes. Prévenu de l'arrestation de sa famille, François se réfugie à Saint-Claude (Jura) chez Rachel SINHERS, la fille de Zlata. Là il commet l'erreur de se soumettre à un prétendu recensement des hommes, qui n'est en fait qu'une rafle déguisée pour l'envoi d'hommes au STO. Mais il ne partira pas au STO, car il est arrêté comme Juif. Voir document ci-contre transmis par la famille.

Selon Rosa BENOVICI, François a été arrêté sur intervention du collaborateur André BOULET. Ce dernier a fait croire à l'amie de François qu'il avait été fusillé et lui a réclamé ses papiers qu'il avait laissés en dépôt chez elle.



 

Archives de la famille

Il est arrêté à Saint-Claude, puis est interné à Lyon. Le 2 mai 1944 il est transféré à Drancy où il reçoit le matricule N°20887.

Le 15 mai 1944 il est déporté par le convoi N°73 à Kaunas (Lituanie) ou à Reval (Estonie) dans le convoi N° 73.

Document ci-dessus extrait de la liste du convoi N° 73. Source: Mémorial de la Shoah C 73_11.

En ce qui concerne le convoi N° 73 en date du 15 mai 1944 Serge KLARSFELD écrit dans le Mémorial de la Déportation des Juifs de France: « Parmi ces 878 hommes, seulement 12 âgés de 12 à 17 ans. Les autres sont dans la force de l'âge. L'année 1944 est avare de documents en ce qui concerne la section antijuive de la Gestapo; mais cette présence exclusive d'hommes laisse à penser qu'il s'agit peut-être d'un convoi de représailles, comme celui du 4 mars et celui du 6 mars 1943.

Selon Eve-Line BLUM-CHERCHEVSKY dans Pourquoi les Pays Baltes? ces hommes valides sont envoyés à Kaunas (Lituanie) ou à Reval (Estonie) pour effacer les traces des massacres précédents. Ils sont eux-mêmes exécutés à leur tour pour préserver le secret.

Il décède le 20 mai 1944 à Kaunas (Lituanie) ou Reval (Estonie) selon le JO N° 249 du 27 octobre 2009.

Note: Après la guerre, André BOULET, représentant de commerce, est « frappé de dégradation nationale à vie». Source: Archives Départementales de l'Allier  JAL 102/3 Jeudi 7 février 1946.

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Secrétariat d'Etat à la Défense en date du 16 octobre 2009 paru au Journal Officiel N°249 du 27 octobre 2009.

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, JAL 102/3 Jeudi 7 février 1946

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 908 W 573

- Archives de la famille

- Blum-Cherchevsky Eve-Line Pourquoi les Pays Baltes? Besançon 2012

- Centre de Documentation Juive Contemporaine

- Etat civil de Paris (12ème)

- Klarsfeld Serge Mémorial de la Déportation des Juifs de France 1978

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