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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

BERGER Roger Jean Marie

 

Est né le 3 septembre 1920 à Saint-Yorre (03). Son père Louis est journalier et sa mère Marie née PILET est ménagère.

Il exerce le métier de décolleteur et réside à Peschadoires (63). Il est classé inapte pour l'infanterie, mais bon pour le service armé  avant d'entrer comme  gardien stagiaire à la prison de Cusset (03). Il est arrêté ainsi qu'un autre gardien le 17 mai 1943 pour «complicité d'évasion de détenus politiques». Ils sont alors eux-mêmes internés dans cette prison. Puis ils vont à leur tour s'évader le 24 juin en profitant «d'un moment d'inattention de leurs collègues gardiens».

Source de la photo: ONACVG du Puy-de-Dôme.

 


Il est arrêté à nouveau le 29 juillet 1943 dans des circonstances non connues et est interné  sans doute à la prison de Riom (63). Le 3 septembre 1943 il est condamné par la Section Spéciale de la Cour d'Appel de Riom à 15 ans de travaux forcés  et 20 ans d'interdiction de séjour pour " connivence de tentative d'évasion".

Il est transféré le 15 octobre 1943 à la Centrale d'Eysses où il reçoit le matricule N° 468. Voir ci-dessous le registre d'écrou.

Source du document ci-dessus: Archives Départementales du Lot-et-Garonne 940 W 118.

Le 19 février les prisonniers (entre 1100 et 1200) se révoltent, font prisonnier le directeur. Les GMR  (Groupes Mobiles de Réserve) sont appelés en renfort. A la suite de tractations le directeur est libéré, mais ne tiendra pas ses promesses et 12 prisonniers seront fusillés le 23 février 1944.

Le 30 mai plus de 1100 détenus sont «remis aux autorités allemandes», en clair ils sont livrés aux nazis, en l'occurrence la Division Das Reich qui se rendra coupable de la pendaison de 99 otages à Tulle le 9 juin, puis du massacre de 642 personnes à Oradour-sur-Glane le 10 juin.

Cette unique photo des emprisonnés d'Eysses en colonne par cinq, les mains sur la tête, au moment où ils quittaient la Centrale aux mains des S.S.le 30 mai 1944 pour la gare de Penne-d'Agenais (Lot-et-Garonne) où ils allaient être embarqués vers Compiègne, a été prise par un garde mobile d'une fenêtre dominant la cour d'honneur.

Source de la photo: L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Amicale des Anciens d'Eysses Editions Sociales 1974.


 


Le 18 juin 1944 il est déporté de Compiègne à Dachau où il arrive le 20 dans le convoi N° I.229. Il y reçoit le matricule N° 73081. Après la quarantaine il est transféré au Kommando d'Allach.

Source du document ci-dessus: Mémorial annuaire des Français de Dachau.

Après la quarantaine il est transféré au Kommando d'Allach.

Allach: Kommando du KL Dachau. Ce très important Kommando du KL Dachau fait travailler les détenus à différents projets et productions : d'abord pour une manufacture de porcelaine, ensuite pour la firme BMW, enfin pour différents chantiers de l'organisation Todt. Il compte jusqu'à 3850 détenus. Il est situé près de Dachau et est créé le 17 mai 1944.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.


Puis il est transféré à Augsburg.

Augsburg-Pfersee: Kommando du KL Dachau. Ce Kommando, appelé "Pfersee", travaille d'avril à novembre 1944 pour la firme Messerschmitt. Il semble avoir été transféré à Horgau, un autre Kommando de Dachau, après novembre 1944.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il est ensuite affecté au Kommando de Landsberg.

Landsberg: Kommando du KL Dachau. Le Kommando de Kaufering-Landsberg est situé sur le Lech en Bavière, à 50 kilomètres au sud-ouest de Munich. Le 18 juin 1944 arrivent à Kaufering 1000 détenus juifs, parmi lesquels se trouvent plusieurs Français. En dehors du complexe de Kaufering, existe à Landsberg un camp de travail sur la base aérienne de Penzing. 28838 détenus sont envoyés dans ce Kommando, l'un des plus grands sur le territoire du Reich, dont 14500 environ y sont morts.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire  de la Déportation.

Evacué vers le camp de concentration de Dachau, il y est libéré le 29 avril 1945 et est rapatrié le 16 mai.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 49820), il est homologué en tant que Résistant au titre  des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

Comme à tous les insurgés de la Centrale d'Eysses, lui est attribuée la carte de Déporté Résistant. La sienne a le N° 1.099.35841. Ayant été déporté, il est considéré comme ayant satisfait à ses obligations légales d'activité.

Le 21 mai 1955 il épouse Elyette LEVIT à Kouba (Algérie).

Il décède le 22 novembre 1971 à Villeneuve-les-Cerfs (63).

Suivant l'article 1er de l'arrêté du Ministère de la Défense en date du 20 avril 1990, le "Bataillon F.F.I. de la Centrale d'Eysses" est assimilé à une unité combattante pour la période du 9 décembre 1943 au 31 mai 1944.



Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 612 W 23,

- Archives Départementales du Lot-et-Garonne  940 W 118

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme R 4171,

- Archives du camp de Dachau sur Ancestry.com et JewishGen.org

- Archives de l'Office National des Anciens Combattants conservées aux Archives Départementales du Puy-de-Dôme. Cote : 2330 W 13

- Amicale des Anciens d'Eysses L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Editions Sociales 1974

- Bulletin Officiel des Armées Arrêté du 20 avril 1990

- Etat civil de Saint-Yorre (03) et de Villeneuve-les-Cerfs (63)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial annuaire des Français de Dachau  Amicale des Anciens de Dachau 1987

- Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre du Puy-de-Dôme

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 49820)

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