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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

RÉNIER Max Léon Gabriel



Est né le 19 février 1916 à l'Hôtel Bellevue à Salies-de-Béarn (64). Son père Léon et sa mère Suzanne née BERTROU sont sans profession. Ils sont domiciliés à Paris.

Le 7 juillet 1937 il épouse Gladys HARRISON à Paris (16ème) et ils ont trois enfants.

Source de la photo ci-contre: Archives de Paris 3595 W 142.





En 1939 il est affecté au 21ème Régiment d'Infanterie Coloniale. Le 15 juin 1940 il passe en Angleterre par Brest et est affecté dans la Royal Air Force à l'état-major de la 75ème Wing sous les ordres du Group captain Wann basé à l'aérodrome de Scampton dans le Lincolnshire. Il rentre clandestinement en France par le col de Somport (64) et rejoint Grenoble.

Il est le fils de Léon RÉNIER, président de l'Agence Havas, et le petit-fils de Charles HAVAS,  fondateur de l'Agence Havas.

L'Agence Havas, c'est une agence de presse et une agence publicitaire.

Sous le Gouvernement de Pétain l'agence de presse est nationalisée et devient l'O.F.I. (Office Français d'Information). Quant à l'agence publicitaire, à la suite de tractations, le capital va être réparti comme suit: 48 % pour le groupe allemand Mundus, 32 % pour les actionnaires privés et 20 % pour l'Etat Français. Le président Léon RÉNIER a choisi son camp!

Son fils Max est directeur de l'Avenir Publicité (filiale de l'Agence Havas) et est domicilié 10, quai de France à Grenoble (38).

Max RÉNIER est convoqué le 22 novembre 1943 à Vichy (03) par le consul d'Allemagne, Ferdinand HALLE, à l'Hôtel Lutétia et est arrêté le lendemain par Hugo GEISSLER, chef de la Gestapo de Vichy pour avoir tenté en février 1943 de faciliter le passage de Suisse en Espagne de Pierre ANDRÉ, Commandant de réserve travaillant pour le Service de Renseignements belge,  et ceci grâce à des véhicules de son agence. Son arrestation est due à la dénonciation d'une Suissesse femme de diplomate. 

Le 27 avril 1944 il est déporté de Compiègne à Auschwitz où il arrive le 20 dans le convoi N° I.206. Il reçoit le matricule N° 186311.

C'est l'un des trois convois de non-juifs à être dirigés en wagons à bestiaux sur Auschwitz. Il met quatre jours et trois nuits pour arriver à destination. Ce convoi est resté célèbre sous le nom de Convoi des Tatoués. Là 1665 hommes vont être immatriculés et tatoués.

Pourquoi Auschwitz? Les historiens se sont interrogés. Plusieurs hypothèses sont possibles: soit il s'agissait d'exterminer rapidement ces déportés soit de les transférer dans des kommandos de travail dépendant d'Auschwitz soit parce qu'il n'y avait plus de place à Buchenwald.

C'est, semble-t-il, la dernière hypothèse qui est retenue. En effet arrivés à Auschwitz le 30 avril 1561 de ces déportés vont en repartir à destination de Buchenwald le 12 mai. Ils y seront restés deux semaines.

Il est transféré à Buchenwald où il arrive le 14 mai et il reçoit un nouveau matricule, le N° 52661  avant de partir le 1er juin 1944 pour le camp de concentration de Flossenbürg. 


Flossenbürg: camp de concentration situé à 800 mètres d'altitude dans l'Oberpfalz près de la frontière tchèque et loin de toute grande ville. Il est ouvert début mai 1938.
Si près de 100000 détenus sont passés à Flossenbürg peu ont finalement séjourné au camp central en raison de la prolifération de Kommandos extérieurs, souvent très lointains: 95 Kommandos, dont 69 en Allemagne et 26 en Tchécoslovaquie.
Le travail imposé tourne toujours autour de deux grands axes: d'une part l'industrie de l'armement et en particulier de l'aéronautique avec les usines Messerschmitt et d'autre part les travaux du sol dans les carrières de granit, le forage de tunnels et d'usines souterraines.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
 

Un nouveau matricule lui est attribué, le N° 10169.

Il y est libéré le 27 avril 1945  et rentre le 17 mai.

La carte de Déporté Politique  N° 1.102.29542 lui est attribuée le 4 avril 1963 par le Ministère des Anciens Combattants et Victimes de la Guerre.

Source du document ci-dessus: Archives de Paris 3595 W 142 .

Il décède le 18 mai 1993 à Paris (8ème).


Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1580 W 9

- Archives de Paris 3595 W 142

- Clogenson Henry et Paul Le Goupil Mémorial des Français non-juifs déportés à Auschwitz Birkenau et Monowitz publié à compte d'auteur

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains

- Etat civil de Salies-de-Béarn (64) et de Paris (16ème)

- Lefébure Antoine Havas, les arcanes du pouvoir Editions Grasset et Fasquelle 1992

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

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