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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

BODAIN André Pierre

 

Archives de la famille

est né le 12 janvier 1917 au domicile de ses parents au bourg de Vallon-en-Sully (03). Son père Louis est facteur intérimaire et sa mère Augustine née RIOTE est sans profession.

Engagé volontaire pour 3 ans le 18 mars 1935 au titre de la Base Aérienne N° 102, il est rayé des contrôles le 18 mars 1938 avec le grade de caporal.

Source de la photo: Archives de la famille.


Le 16 juillet 1938 il épouse Gisèle DUFRAIGNE à Vallon-en-Sully.

Rappelé le 26 août 1939 il est affecté au Bataillon de l'Air N° 105. Il est démobilisé le 25 juin 1940 avec le grade de caporal-chef.

Le 6 juin 1944 il entre aux F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur) à la Compagnie Surcouf.

Il fait partie du groupe d'environ 150 membres des F.F.I.  attaqués le 19 juillet 1944 par la Brigade Jesser à Saint-Dizier-Leyrenne (23). Ils sont encerclés et 70 d'entre eux dont André BODAIN sont arrêtés et
«emmenés en voiture, menottés deux par deux, à Bourganeuf où ils sont d'abord enfermés dans une salle de la mairie et ensuite à la tour Zizim.»

Le 20 juillet ils sont transférés à Aubusson, puis le 23 à la prison du 92ème R.I. à Clermont-Ferrand (63), puis le lendemain à la caserne Krien à Dijon pendant une semaine.

 Le 1er août 1944 il est déporté avec ses camarades de la Compagnie Surcouf de Dijon à Cologne dans un train de travailleurs volontaires dans le convoi N° I.256.

Il passe quatre jours à Cologne à travailler sur un aérodrome avant de faire partie de la soixantaine d'entre eux qui sont envoyés au camp de travail de Stolberg à une dizaine de kilomètres à l'est de d'Aix-la-Chapelle. Ils sont affectés à l'usine d'armement «William Prym und Sohn». Selon le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, « Là, conservant leur esprit de résistance, ils refusent de travailler ou multiplient les actes de sabotage et de propagande antiallemande. Début septembre, 57 sont alors ramenés à Cologne en compagnie de requis du STO et de travailleurs volontaires arrêtés avec eux pour les mêmes motifs. Ils sont enfermés dans les sous-sols du pavillon ayant accueilli l'Exposition Universelle (Köln-IVA)».

Le 17 septembre 1944 André BODAIN est transféré avec 54 de ses camarades du maquis au camp de concentration de Buchenwald où il reçoit le matricule N° 81691. Il est affecté au Kommando de Bad  Salzungen.

Bad Salzungen: Kommando du KL Buchenwald.  Deux sites voient le jour à 30 km au sud d'Eisenach en janvier 1945, l'un dans les limites de la commune de Frauensee à Springen, l'autre à Leimbach. Dans le premier, les détenus doivent construire quatre halls d'usine souterraine dans lesquels  est prévue la production d'avions et de V2. Dans le second ils construisent une usine BMW de moteurs d'avion. Les deux sites sont évacué le 6 avril 1945 vers Buchenwald, 500 et 385 détenus. Au total, près de 1000 détenus se trouvent sur ces deux sites au 31 janvier 1945.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il est ensuite transféré au camp de concentration de Flossenbürg.

Flossenbürg: camp de concentration situé à 800 mètres d'altitude dans l'Oberpfalz près de la frontière tchèque et loin de toute grande ville. Il est ouvert début mai 1938.Si près de 100000 détenus sont passés à Flossenbürg peu ont finalement séjourné au camp central en raison de la prolifération de Kommandos extérieurs, souvent très lointains: 95 Kommandos, dont 69 en Allemagne et 26 en Tchécoslovaquie.Le travail imposé tourne toujours autour de deux grands axes: d'une part l'industrie de l'armement et en particulier de l'aéronautique avec les usines Messerschmitt et d'autre part les travaux du sol dans les carrières de granit, le forage de tunnels et d'usines souterraines.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Face à l'avance des troupes alliées, le camp de Flossenbürg est évacué le 20 avril 1945. André BODAIN est libéré au cours de cette évacuation le 26 avril 1945 dans un lieu non connu.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 66400), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance)

Lui sont attribuées

- la Croix du Combattant Volontaire 1939-1945 par décision ministérielle du 11 avril 1969

- la Médaille Militaire par décret du 15 novembre 1966: Guerre 1939-1945 déportés résistants Armée de l'Air: «A été déporté en Allemagne pour son action dans la résistance contre l'ennemi au cours de la période d'occupation. En est revenu grand invalide à la suite des privations et sévices subis. A bien servi la cause de la Libération». Croix de Guerre 1939-1945 avec palme.

- la Légion d'Honneur (Chevalier) par décret du 3 décembre 1974.

Il décède le 20 décembre 1998 à Saint-Amand-Montrond (18).

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1 R 1935.1065.575,

- Archives de la famille

- Etat civil de Vallon-en-Sully (03)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 66400)

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