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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

ROBERT Jules Joseph Margueritte

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Archives de la famille

est né le 21 août 1909 au domicile de ses parents au bourg de Bert (03). Son père Pierre est instituteur et sa mère Marie née CANTAT est modiste.

Incorporé le 19 octobre 1936 il est affecté à la 8ème Section d'Infirmiers.

Source de la photo: Archives de la famille.


Le 30 novembre 1933 il épouse Andrée PRIGENT et ils ont 3 enfants et en attendent un quatrième.

Il est arrêté par la police allemande le 18 mai 1943 à 4 heures du matin à Charlieu (42) après une fouille complète de sa maison. Il est interné au Fort de Montluc à Lyon (69) avec comme motif "gaullisme" , puis il est transféré à la prison de Chalon-sur-Saône. C'est dans cette prison qu'il écrit un poème où il exprime sa foi en une liberté reconquise.


EN PRISON

A travers les barreaux de ma pauvre cellule

J'aperçois des oiseaux gazouillant sur un toit

Mais le papillon d'or, la frêle libellule,

Ne veulent pas venir dans l'ombre auprès de moi.

Avez-vous entendu le bruit sourd des serrures

Les hurlements sinistres et les pas alourdis

Avez-vous ramassé sur les marches si dures

L'aumône quotidienne aux pauvres corps raidis.

Oui vous avez souffert, mes amis, je le crois

Le cri du désespoir a jailli de vos bouches

Et vous avez offert au Seigneur sur la Croix

L'effroyable martyr de vos âmes farouches.

Mais le jour va renaître et votre désespoir

Cédera croyez-le au soleil triomphant

Vous serez libres enfin et pourrez revoir

Les doux visages aimés et vos terres et vos champs.

De tout ce mauvais rêve, en votre âme qui vibre

Ne restera plus rien… que l'orgueil d'être libre

Car le plus cher espoir est dans la Liberté

On le comprend vraiment quand elle vous a quitté.

Chalon-sur-Saône, mai-juin 1943

Le 14 décembre 1943 il est déporté de Compiègne à Buchenwald où il arrive le 16 dans le convoi N° I.161. Il reçoit le matricule N° 38635 et, après la quarantaine, il est affecté au Kommando de Weferlingen.

Weferlingen ou «Gazelle»: Kommando du KL Buchenwald. C'est en août 1944 que ce Kommando, situé à 50 km au nord-ouest de Magdeburg, est ouvert. Les détenus ont pour tâche de construire une usine souterraine dans des galeries de potasse. Ils sont 450 en janvier 1945.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

 Il est libéré le 28 avril 1945 par les troupes américaines et rentre à Charlieu le 10 mai.

 

« En ce jour de l'Ascension, la nouvelle se répandit rapidement: le docteur Robert arrivait à Charlieu. Dès 19 heures une foule énorme évaluée à plusieurs milliers de personnes se pressait place St Philibert. (…)
Les cloches sonnent à toute volée. Le docteur Robert apparaît au balcon des Halles. Une ovation interminable retentit. La «Marseillaise» est chantée».

Extrait d'une coupure de presse transmise par Marie-Hélène Robert.

Archives de la famille

Source de la photo ci-dessus: Archives de la famille.

Il occupe les fonctions de maire de Charlieu du 7 novembre 1947 à 1965.

Il décède à Charlieu (42) le 16 septembre 1979.


Le 2 décembre 1991 est attribué à titre posthume au Docteur ROBERT et à son épouse Andrée le titre de "JUSTES PARMI LES NATIONS".
« Le Docteur ROBERT était le médecin de famille des LION, propriétaire d'une usine de tissages mécaniques. L'occupation allemande de la zone sud en France coïncida avec la nomination, par les services de Vichy, d'un administrateur «aryen» des tissages Lion et fils, entreprise juive. Les propriétaires envisagèrent aussitôt de tenter de franchir clandestinement la frontière suisse. Leur fille Claude, quatorze ans, accompagnée de son oncle et d'un cousin, arriva saine et sauve en Suisse dès novembre 1942. Pour ses parents, le Docteur ROBERT et son épouse Andrée firent confectionner par le secrétariat de la mairie de Charlieu deux cartes d'identité à leur propre nom, mais portant les photos des époux LION. Bien que destinée à ne servir qu'une seule fois, cette aventureuse falsification aurait pu être fatale à ses auteurs. Mais elle exprimait leur farouche détermination à rester fidèles aux valeurs élémentaires de l'humanité. (…) Le 2 décembre 1991, le mémorial israélien de Jérusalem Yad Vashem a décerné à Jules et Andrée ROBERT le titre de Juste Parmi les Nations, plus haute distinction civile de l'état d'Israël".
Archives de la famille.

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1 R 1929.1013.2396,

- Archives Départementales du Rhône 3335 W 30/ 3335 W 3

- Archives de la famille

- Etat civil de Bert (03)

- Forissier Nathalie  La Déportation dans la Loire  1940-1944 Publications de l’Université de Saint-Etienne 2005

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos   Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

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