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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

SIMON Eva Marie Denise

Nous sommes à la recherche d'une photo.

est née le 23 décembre 1916 au N° 22, rue d'Auringues à Aurillac (15). Son père Etienne est mobilisé dans les Landes et sa mère Juliette née DUVAUCHEL est couturière. Ils sont domiciliés au N° 96, rue Dutreuil à Saint-Etienne (42).

Le 11 avril 1936 elle épouse Joseph BASTIDE à Saint-Etienne (42).

Elle exerce la profession d'infirmière.

Eva SIMON et Gabriel GIROND font l'objet d'un avis de recherche sous forme de télégramme en date du 4 avril 1943 lancé par la Police de Sûreté de Vichy et de Lyon, car ils sont "susceptibles avoir participé attentats commis 15 mars 1943 à St-Etienne". Suit son signalement: "1m53, forte corpulence, cheveux blonds naturels coiffés en arrière, visage rond, nez large et cave, vêtue manteau beige clair avec caoutchouc serrant la taille, portant souvent un turban rose ou bleu, chaussures à talons plats".  Selon le même message, "ces deux individus qui sont les auteurs d'attentats de Saint-Etienne, sont également les auteurs présumés de l'assassinat de l'inspecteur de police commis le 27 mars". Cette dernière accusation ne sera pas reprise  par la Section Spéciale de la Cour d'Appel de Lyon pourtant peu encline à l'indulgence vis-à-vis des résistants.
 

Elle fait partie d'un groupe de résistants FTPF (Francs-Tireurs et Partisans Français) communistes en compagnie de 3 hommes, Pierre ABT, Gabriel GIROND et Joseph FONSALAS, tous domiciliés à Saint-Etienne (42).

Ils forment le projet d'une attaque contre une patrouille allemande stationnée à la Caserne Richemond à Montluçon. Pour ce faire, ils arrivent séparément et logent à l'Hôtel Celtic à Montluçon, puis ils vont habiter dans une maison du Quartier Villars à Domérat (03).

Le 13 avril 1943, intrigué par «des allées et venues étranges» de ces quatre personnes, un adjudant de gendarmerie domicilié au Quartier Villars alerte un collègue qui arrête 3 des 4 suspects, Joseph FONSALAS réussissant à s'enfuir. Eva SIMON est arrêtée  sous une fausse identité: COUDERC Henriette née le 25 février 1911 à Saint-Simon (15).

Sont découverts dans des valises: des tracts communistes, une mitraillette, 5 pistolets, des cartouches, 8 engins incendiaires, un nécessaire de pharmacie, 3 indicateurs de chemin de fer, du matériel pour fabrication de cachets (5 plaques de laiton, un burin à graver, etc.) et "un bloc-note sur lequel était dessiné au crayon un plan d'attaque à l'embuscade".

Arrêtée «en flagrant délit de menées communistes, terroristes et antinationales- Détention d'armes à feu, d'armes de guerre, de munitions et d'explosifs» elle est accusée d' «attentat contre la sûreté de l'Etat».

Le 28 mars 1944 Eva SIMON est condamnée par la Section Spéciale de la Cour d'Appel de Lyon à 6 ans de réclusion pour avoir

« en 1942 et 1943 (...) exercé une activité ayant directement ou indirectement pour objet de propager les mots d'ordre de la IIIème Internationale Communiste et détenu en vue de la distribution ou distribué des tracts d'inspiration communiste»

« détenu sans autorisation des armes et leurs munitions»

«frauduleusement soustrait des titres d'alimentation au préjudice de la mairie d'Huriel, et ce, la nuit en réunion avec effraction»

"sciemment recelé tout ou partie des titres d'alimentation frauduleusement soustraits par Fonsalas et Abt au préjudice de la mairie d'Huriel"

«sciemment fait usage d'une carte d'identité falsifiée ou contrefaite».


Le 13 mai 1944 elle fait partie des 567 femmes déportées de Paris gare de l'Est à Ravensbrück où elle arrive le 18 dans le convoi N° I.212. Elle y reçoit le matricule N° 39126 .


Document ci-dessus: Registre des entrées à Ravensbrück établi après-guerre.
Source: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.35.5 / 3934802.

Elle est ensuite transférée au camp de concentration de Flössenburg.



Source du document ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.8.4 / 11086960.
Un nouveau matricule lui est attribué: le N° 51578.

Source du document ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.8.1 / 10796212.

Elle est ensuite affectée au Kommando de Zwodau le 7 octobre 1944.


 Source des documents  ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen1.1.8.1 / 10799471 et 1.1.8.1 / 10799482.  

Zwodau: Kommando du KL Ravensbrück. Situé dans l'ancienne Tchécoslovaquie, à 30 kilomètres de Karlsbad, ce Kommando, essentiellement de femmes, est créé pour la firme Siemens.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Elle est libérée à Zwodau le 7 mai 1945.

Note: Le jugement de la Section Spéciale de la Cour d'Appel de Lyon du 28 mars 1944 est annulé le 6 juillet 1945 par arrêt de la Chambre de Révision près la Cour d'Appel de Lyon.

Elle décède à Paris (5ème) le 1er mars 1952.

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 778 W 7.4, Police Politique Opposition au Régime de Vichy Communisme Répression 1940-1944,

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 1296 W 1584 transmis par l'ODACVG 63 et 03

- Archives Départementales du Rhône 1035 W 31

- Etat civil d'Aurillac (15)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Service International de Recherche d'Arolsen1. 1.1.35.5 / 3934802, 1.8.1 / 10799471 et 1.1.8.1 / 10799482,   1.1.8.4 / 11086960, 1.1.8.1 / 10796212 ,

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