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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

BENOIT Frédéric Claude Prosper

Nous sommes à la recherche d'une photo.

est né le 1er octobre 1910 au domicile de ses parents à Régny (42). Son père Jean est teinturier et sa mère Blaisine née BOLAGE est cuisinière.

Incorporé le 20 octobre 1931 il est affecté au 31ème Bataillon de Chasseurs à pied. Il est rayé des contrôles le 15 octobre 1932.

Célibataire il exerce le métier de plâtrier-peintre et est domicilié au N° 46, Cité Gillet à Roanne (42).

Rappelé le 6 septembre 1939 il est affecté au Dépôt d'Infanterie N° 141, puis au N° 131. Il est démobilisé le 28 juillet 1940 par le centre de Clermont-Ferrand (63).

Il est interné au Château de Mons à Arlanc (63) le 16 octobre 1940. Le 31 décembre 1940 il est transféré du camp de Mons  au camp de Nexon (87). Il s'en évade le 20 février 1941 et se réfugie chez Adolphe DUPONT aux Sources d'Argentières à Vaux (03).

Responsable de la propagande pour le département de l'Allier, il est arrêté chez Adolphe DUPONT le 23 juillet 1941 par la police de Montluçon
«pour infraction à la loi du 26 septembre 1939 sur la dissolution du P.C.».

Il est condamné le 13 octobre 1941 par le Tribunal Militaire de la 13ème Division à «cinq ans de travaux forcés et 10 ans d'interdiction de séjour» pour «menées de nature communiste».

Il est transféré à la Centrale d'Eysses (47) où il arrive le 15 octobre 1943. Son nom figure sous le numéro 461 sur le registre d'écrou.

Source du document ci-dessus: Archives Départementales du Lot-et-Garonne 940 W 118.

Le 19 février 1944  les prisonniers -entre 1100 et 1200- se  révoltent et  tentent une évasion collective qui échoue de peu. Les GMR (Groupes Mobiles de Réserve) sont appelés en renfort. A la suite de tractations le directeur qu'ils avaient fait prisonnier est libéré, mais ne tiendra pas ses promesses et 12 détenus seront fusillés le 23 février 1944.

Cette unique photo des emprisonnés d'Eysses en colonne par cinq, les mains sur la tête, au moment où ils quittaient la Centrale aux mains des S.S., le 30 mai 1944 pour la gare de Penne-d'Agenais (Lot-et-Garonne) où ils allaient être embarqués vers Compiègne, a été prise par un garde mobile d'une fenêtre dominant la cour d'honneur.

Le 30 mai plus de 1100 détenus sont «remis aux autorités allemandes», en clair ils sont livrés aux nazis, en l'occurrence la Division Das Reich qui se rendra coupable de la pendaison de 99 otages à Tulle le 9 juin, puis du massacre de 642 personnes à Oradour-sur-Glane le 10 juin.

Source de la photo et du texte: L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Amicale des Anciens d'Eysses Editions Sociales 1974

Sur le même registre d'écrou il est indiqué dans la colonne «Causes et dates de la sortie»: «Remis aux Autorités Allemandes le 30.5.44». En clair, Frédéric BENOIT -ainsi que ses camarades- est livré aux nazis.

Le 18 juin 1944 il est déporté de Compiègne à Dachau où il arrive le 20 dans le convoi N° I.229. Il reçoit le matricule N° 73076 et, après la quarantaine, il est transféré au Kommando d'Allach.

Allach: Ce très important Kommando du KL Dachau fait travailler les détenus à différents projets et productions : d'abord pour une manufacture de porcelaine, ensuite pour la firme BMW, enfin pour différents chantiers de l'organisation Todt. Il compte jusqu'à 3850 détenus. Il est situé près de Dachau et est créé le 17 mai 1944.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il est libéré à Allach le 30 avril 1945.

Le 19 octobre 1946 il épouse Suzanne PEYRARD à Saint-Etienne (42).

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 47874), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

Suivant l'article 1er de l'arrêté du Ministère de la Défense en date du 20 avril 1990, le "Bataillon F.F.I. de la Centrale d'Eysses" est assimilé à une unité combattante pour la période du 9 décembre 1943 au 31 mai 1944.

Il décède à La Tronche (38) le 12 octobre 2006.

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, Police Politique Opposition au Régime de Vichy Communisme Répression 1940-1944

- Archives Départementales de la Haute-Vienne 1621 W 9, 1621 W 13,

- Archives Départementales de la Loire 1 R 1930.2588

- Archives Départementales du Lot-et-Garonne 940 W 118

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 1296 W 1549

- Bulletin Officiel des Armées Arrêté du 20 avril 1990

- Etat civil de Régny (42)

- Forissier Nathalie  La Déportation dans la Loire 1940-1944  Publications de l’Université de Saint-Etienne 2005

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

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