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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

SOUTHGATE Maurice

est né le 20 juin 1913 au domicile de ses parents au N° 5, avenue Philippe Auguste à Paris (11ème). Son père George Lyn est tapissier et sa mère Hetty née DIAMOND est sans profession.

Il exerce le métier de décorateur quand le 14 octobre 1936 il épouse Josette née LÉCOLIER à La Celle-Saint-Cloud (78).

Source de la photo: Maquis d'Auvergne Jean-Pierre Bernier Editions Lavauzelle 1988.


Dans "Comment sont-ils devenus résistants? ", Robert Gildea écrit " Le britannique Maurice Southgate avait été élevé en France, avait épousé une Française et dirigeait une entreprise de tapisserie-décoration de luxe à Paris. Il s'était battu en France en 1940 et avait survécu au naufrage du Lancastria, coulé par les Allemands au large de Saint-Nazaire alors qu'il évacuait des soldats britanniques".

Il fait partie du S.O.E. ( Special Operations Executive) Direction des Opérations Spéciales qui recrute des agents bilingues anglais-français.

Le Special Operations Executive est l'un des neuf services secrets utilisés par les Britanniques pendant la guerre. Le SOE est structuré en deux branches principales: l'une fournit les moyens (instruction, armement, explosifs, codes secrets, postes émetteurs, habillement, etc.), l'autre dirige les opérations, généralement par sections travaillant sur un pays particulier.
Source: Dictionnaire Historique de la Résistance.

Le Squadron Leader Maurice SOUTHGATE fait partie de la section appelée« F» pour France ou plus souvent «Buckmaster» du nom de son chef.

Avec le pseudonyme d'Hector il est le chef du sous-réseau Stationer et est parachuté «blind» (à l'aveuglette) en Auvergne le 25 janvier 1943 avec son courrier, Jacqueline NEARNE.

Il est arrêté par la Gestapo le 1er mai 1944 au N° 16 de la rue de Rimard à Montluçon (03).

Témoignage d'Amédée MAINGARD, Major de l'Armée britannique parachuté en France le 10 avril 1943: «Ayant appartenu au réseau du Squadron Leader Maurice SOUTHGATE D.S.O. Chevalier de la Légion d'Honneur, jusqu'au 1er mai 1944, quand ce dernier fut arrêté et quand je pris charge de ce réseau entier, déclare que Madame LHOSPITALIER Odile, habitant 16 rue de Rimard, Montluçon, a travaillé pour notre réseau avec ardeur et dévouement. Du temps du S/Ldr SOUTHGATE, quand j'étais encore opérateur radio, j'ai personnellement été hébergé et ai émis de nombreux messages radio de chez Madame LHOSPITALIER et ceci fut continué par la suite et jusqu'au 1er mai par un autre radio auquel j'avais cédé la place.

Je ne sais au juste si c'est la radio ou une dénonciation qui indiqua à la Gestapo de Montluçon le N° 16 de la rue de Rimard, toutefois c'est dans cette maison que furent arrêtés, en même temps que notre radio pendant une émission, le 1er avril 1944, Madame Odile LHOSPITALIER, Mme DERIOT et le S/Ldr SOUTHGATE. Je puis en témoigner tout particulièrement, car j'étais moi-même à Montluçon le jour de cette arrestation à laquelle j'échappai de justesse, ayant déjeuné au 16 rue de Rimard et étant ensuite allé à Montluçon-Plage en compagnie de Monsieur et Madame Marc LHOSPITALIER (fils de Madame Odile LHOSPITALIER) et c'est à Montluçon-Plage que Monsieur BIDET, père de Madame Marc LHOSPITALIER, prévenu par un médecin qui avait visité Madame DERIOT, malade en ce moment critique, vint nous annoncer que la Gestapo était au 16, rue de Rimard».

Selon LÉVY et CORDET dans A nous, Auvergne! l'arrestation par la Gestapo a eu lieu suite à une lettre de dénonciation indiquant qu'un réfractaire au S.T.O. (Service du Travail Obligatoire) se cachait au N° 16, rue de Rimard.

Maurice SOUTHGATE est transféré au siège de la Gestapo avenue Foch à Paris.

Le 8 août 1944 il fait partie des 40 personnes (37 hommes et 3 femmes) déportées de Paris gare de l'Est au camp de Neue Bremm à Sarrebruck  dans le convoi N° I.260. Font partie de ce convoi un Montluçonnais Jean EVESQUE et Stéphane HESSEL.

Alors que les femmes poursuivent jusqu'à Ravensbrück, les hommes sont transférés à Buchenwald où ils arrivent le 17 août. Ils sont affectés au Block 17 et mis au secret. Ils ne travaillent pas et reçoivent des matricules de déportés décédés. Pour Maurice SOUTHGATE, ce sera le N° 8900.

Sur les 40 déportés de ce convoi 34 vont être exécutés y compris les femmes: ils sont soit pendus soit fusillés.

Les 6 autres sont sauvés sans doute grâce à la direction clandestine internationale.

Maurice SOUTHGATE est envoyé au Revier ou Infirmerie. Il est libéré à Buchenwald le 11 avril 1945.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 295707), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

La carte de Déporté Résistant N° 1.001.31356 lui est attribuée sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 30 juin 1958.


Source du document ci-dessus: Archives de Paris 3595 W 055.

Lui sont également attribuées

- la Médaille du Distinguished Service Order

- la Légion d'Honneur

- la Croix de Guerre avec Palme.

Il décède à Sarlat-la-Canéda (24) le 18 février 1990.

Sources:

- Archives de Paris 3595 W 055

- Bernier Jean-Pierre Maquis d'Auvergne Charles-Lavauzelle 1988

- Dictionnaire Historique de la Résistance sous la direction de François Marcot Robert Laffont 2006

- Etat civil de Paris (11ème) et de La Celle-Saint-Cloud (78)

- Gildea Robert Comment sont-ils devenus résistants?  Editions des Arènes 2017

- Lévy et Cordet A nous, Auvergne! Presses de la Cité 1981

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- Noguères Henri en collaboration avec Marcel Degliame-Fouché Histoire de la Résistance en France Tome 3  Robert Laffont 1972

- Office Départemental des Anciens Combattants de l'Allier

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 295707)


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