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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

TERRIER Pierre Louis Sosthène

Nous sommes à la recherche d'une copie de sa carte de Déporté Résistant.




est né le 5 août 1896 au domicile de ses parents au N° 10, rue Lagrange à Paris (5ème). Son père Louis est secrétaire général au Journal des Débats et sa mère Louise née DAVID est sans profession.

Il est capitaine d'Infanterie, Chevalier de la Légion d'Honneur, quand le 16 février 1928 il épouse Geneviève Yvonne Hélène  LOTTE à Paris (5ème). Elle  est la fille de  Germain LOTTE, chef d'escadron d'Artillerie et de Thérèse COPPENS.

Source de la photo ci-contre: Archives de la famille.




Lieutenant-colonel il est chargé de la Section Musulmane au bureau de documentation Villa d'Amiens à Vichy. Il fait en fait partie des services de renseignements de l'armée particulièrement actifs depuis le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 suivi de l'invasion de la Zone Libre par les Allemands le 11 novembre 1942.

Selon le commissaire divisionnaire de Vichy, une quinzaine d'hommes en majorité des militaires dont le lieutenant-colonel TERRIER sont arrêtés le 8 janvier 1943 par la Gestapo de Vichy dirigée par le capitaine GEISSLER  et transférés à Clermont-Ferrand (63).

Puis il est interné à la prison de Fresnes.

Considéré comme personnalité-otage il ne sera pas envoyé dans un camp de concentration.

Personnalités-otages: un certain nombre de personnes occupant en général des postes à responsabilité civile, politique ou militaire voire religieuse sont arrêtées souvent de manière préventive à cause du danger qu'elles pouvaient représenter, puis déportées. Elles devaient servir le cas échéant de monnaie d'échange. Elles ont eu un sort enviable en comparaison des autres déportés.


Le 31 août 1943 il fait partie des 48 hommes –dont 26 militaires- déportés de Paris gare de l'Est au Château d'Eisenberg dans le convoi N° I.128.

Eisenberg: Le château d'Eisenberg est officiellement un Kommando du KL Flossenbürg créé en juin 1943. Il est situé dans l'ancienne Tchécoslovaquie et est chargé de recevoir des "Personnalités-otages".
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il y est libéré le 8 mai 1945.

Selon un témoignage de source familiale, "Lors de sa déportation, il s'est évadé et a été rattrapé. Bien qu'étant très silencieux sur le sujet, il a confié à sa famille avoir subi des ""expériences"" en captivité". 
         
Selon la même source, "Il a été chef des armées françaises, lors du protectorat  français au Liban. Il a habité à la résidence des Pins, actuelle ambassade de France au Liban".

Le 6 juillet 1946 il épouse Charlotte de GUASCONS de GARRIDECH, comtesse d'ALLERY de BOURBON.

Il décède de crise cardiaque le 14 avril 1948 à Ismaïlia (Egypte).

Source de la photo ci-contre: Archives de la famille.


Extraits de l'hommage du Révérend Père de RÜDDER à la mémoire du Colonel TERRIER à l'église Saint-Louis des Invalides. Source: Le Télégramme de Brest du 8 avril 1950 dont le titre figure ci-dessous. Article transmis par la famille.


"Dans sa jeunesse il évolua dans un milieu qui le prépara à cette carrière coloniale qui fut sienne.  Les contacts qu'il put avoir chez son oncle Auguste Terrier, avec des administrateurs coloniaux ou des chefs militaires tels que Lyautey ou Gouraud, lui firent entrevoir la somme de capacités qu'il fallait pour aboutir à des résultats quand on veut être le chamion d'une civilisation. Toute sa formation fut imprégnée de cet ardent désir d'être un jour utile.(...)
 En 1927 nous le retrouvons parmi les collaborateurs immédiats du haut-commissaire, où il rend de très grands services grâce à sa connaissance parfaite des questions musulmanes . Au sein des conseils il est tout à la fois l'élément dynamique et modérateur.(...)
Au début des hostilités en février 1940 en terre de France, il commande un bataillon de chasseurs alpins. En juin il réussit à arrêter l'avance de l'ennemi et à lui faire subir des pertes sensibles. L'Armistice le force à abandonner la lutte ouverte, mais son coeur de patriote ne peut se résigner à la défaite.(...)
Dans les charges qu'il occupe il sent très bien qu'il ne fait pas tout ce qu'il peut pour son pays. Il se sent entravé, il ronge son frein, il est impatient de reprendre le combat. A la veille de son départ pour rejoindre les Forces Françaises Libres, il est arrêté par la Gestapo, incarcéré au secret, puis déporté en Allemagne dans un camp de représailles".

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 565483), il est homologué en tant que Résistant  au titre des D.I.R.  (Déportés et Internés Résistants).

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 778 W 12

- Archives de la famille

- Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains

- Etat civil de Paris (5ème)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 565483)

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