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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

BOURGEON Albert Jules

est né le 24 mars 1907 au domicile de son grand-père Antoine SAPIENT au lieudit Equaloup à Verneix (03). Son père Jean et sa mère Mélanie née SAPIENT sont cultivateurs au lieudit Les Loges à Saint-Angel (03).

Incorporé le 10 mai 1927 il est affecté au 22ème Régiment d'Aviation. Il est rayé des contrôles le 10 novembre 1928.

Il exerce d'abord le métier de charron à Paris (6ème), puis il devient Gardien de la paix en octobre 1934.

Source du document ci-contre: Archives de Paris 3595 W 30.

Il passe inspecteur spécial en avril 1939.

Rappelé le 2 septembre 1939 il est affecté spécial à la police municipale et démobilisé le 25 juin 1940.

Le 1er octobre 1943 il s'engage comme agent P1, c'est-à-dire non rétribué,  pour la durée de la guerre  au réseau «Béarn».

 Le réseau "Béarn" est affilié au BCRA (Bureau Central de Renseignements et d'Action),  en clair le Service de Renseignements de la France Libre.

Selon le site "Mémoire et Espoir de la Résistance", Albert BOURGEON " déniche des informations sur les aérodromes de Villacoublay et d'Orly ainsi que sur l'activité des avions allemands. Il fournit les plans de la défense de Cherbourg et ses environs ainsi que celui des bases sous-marines de Saint-Nazaire.

Entre ses mains transitent aussi les plans de l'avion stratosphérique expérimenté par les Allemands. Le policier résistant trouve des informations cruciales sur la station radio chargée de guider les sous-marins
allemands et qui a été installée dans l'immeuble du cinéma Napoléon avenue de la Grande Armée.

Bourgeon identifie aussi un traître qui a infiltré son entourage : Cisa. Le gardien René Guillaume GOUDE est chargé de l'exécution avec une matraque en plomb qui lui est fournie. Le félon est attaqué un soir de mars 1944 vers 21 heures, à l'angle des rues Lecourbe-Convention : la matraque plie. Goude tire alors sur lui avec le 6,35 de Bourgeon, mais les balles ricochent sur la cotte de mailles portée par Cisa, qui s'en tire avec trois fêlures aux côtes et au crâne, secouru par un car de police-secours.

Bourgeon, soupçonné, quitte la Préfecture de Police le 29 janvier 1944 : il est révoqué le 15 du mois suivant."


Le 18 août 1944 il est déporté de Compiègne à Buchenwald où il arrive le 21 dans le convoi N° I.265. Il reçoit le matricule N° 78766 et après la quarantaine il reste au camp central.

KL BUCHENWALD: Le camp de Buchenwald , situé à une dizaine de kilomètres de la ville de Weimar, est créé en 1937. Avec le déclenchement de la guerre en 1939 et à mesure des avancées de la Wehrmacht, la population concentrationnaire s'internationalise.
De 1943 à la fin de 1944 voire au tout début de 1945, le camp devient un vivier de main d'œuvre corvéable à merci et renouvelable à volonté pour la production de guerre. Le développement des Kommandos s'amplifie. Des usines sont installées dans l'enceinte du camp.
En tout, Buchenwald comptera 136 Kommandos. Après huit années d'existence au cours desquelles périrent environ 56000 détenus et où 238980 ont pu être recensés, le camp de Buchenwald est libéré le 11 avril 1945.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il y est libéré le 11 avril 1945 et est rapatrié le 28 avril 1945.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 82247), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

Lui sont attribuées

- la Légion d'Honneur: Chevalier  par décret du 20 août 1946, Officier par décret du 31 juillet 1953, Commandeur par décret du 1er décembre 1958

- la Croix de Guerre avec Palme par décret du 20 août 1946

- la Médaille de la Résistance Française avec Rosette par décret du 11 mars 1947

- la Carte de Déporté Résistant N° 1.001.14655 le 7 janvier 1953. Voir le document ci-dessous.

- la Croix du Combattant Volontaire 1939-1945 Décision Ministérielle  N° 695 du 14 avril 1958.


Source du document ci-dessus: Archives de Paris 3595 W 30.

Il prend sa retraite en avril 1962.

Il décède le 14 octobre 1966 à Paris (14ème).



Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1 R 1927.993.87,

- Archives de Paris 3595 W 30

- Etat civil de Verneix (03) et de Paris (14ème)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémoire et Espoirs de la Résistance site Internet memoresist@m-e-r.org

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 82247)

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