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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
KERMET  Henri René Gabriel


Archives de la famille

est né le 2 juillet 1916 à Saint-Côme-de-Fresné (14).   Sa mère Yvonne KERMET est dactylographe domiciliée à Paris.  

Incorporé au centre de perfectionnement d'Oujda le 15 octobre 1937, il est affecté au 4ème Régiment de Tirailleurs Marocains le 9 décembre 1937. Caporal-chef il se rengage pour trois ans le 24 janvier 1939. Nommé sergent, il débarque avec son régiment à Marseille le 29 septembre 1939.

Le 13 janvier 1940 il épouse Hélène COQ.

Source de la photo ci-contre: Archives de la famille.


Il est fait prisonnier à Méry-sur-Seine le 15 juin 1940 et est interné aux camps de Mailly et de Doullens. Il s'évade du camp de Doullens le 23 septembre 1940 et rejoint le Maroc. Il est affecté au 5ème, puis au  Régiment de Tirailleurs Marocains.

Il est cité à l'ordre de la division N° 503/C du 7 mars 1941: " Jeune sous-officier particulièrement énergique et courageux. Le 14 juin 1940 à Reuves, au cours d'une violente attaque ennemie, a servi seul sa pièce de 60 et infligé à l'assaillant des pertes sérieuses. N'a exécuté l'ordre de repli qu'après avoir utilisé toutes les munitions et emporté son mortier". Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre 39-40 avec Etoile d'Argent.

Il se rengage pour un an à Taza où il est affecté à la 12ème Compagnie. Il rentre en France par Marseille le 15 octobre 1942 et  est démobilisé le 27 novembre 1942.

Inspecteur de police, il s'engage le 1er juin 1944 comme agent P2 du réseau « Action »  R6, c'est-à-dire  la Région 6, ce qui correspond à la région Auvergne.

Il est arrêté par la Gestapo le  26 juillet 1944 à La Croix-Tirée commune de Sauvagny (03) au cours d’une mission de liaison alors qu'il est porteur de plis relatifs à l'activité du réseau. Il est interné d'abord à Montluçon (03) jusqu'au 5 août, puis à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03). Selon l'attestation d'André BIET, liquidateur du réseau Action R6, malgré les violences subies Henri KERMET "ne parla pas et aucun membre du réseau ne fut inquiété".

Le 25 août 1944 il fait partie des 66 derniers prisonniers qui sont transférés de Moulins à Belfort (90). Ils sont internés à la Caserne Friedrich avant d’être déportés le 5 septembre 1944 de Belfort à Buchenwald où il arrive le 10 dans le convoi N°I.285.


Source: Extrait de la liste du convoi N°I.285 transmise par l'Association Française  Buchenwald-Dora et Kommandos.

Il  reçoit le matricule N°85272 et, après la quarantaine au Petit Camp au Block 63, il passe au Grand Camp au Block 14 avant d'être  transféré le 26 septembre au   Kommando B II, c'est-à-dire  Langenstein où il est affecté au Block 9.


Source: Extrait du Registre Matriculaire des 85000 transmis par l'Association Française  Buchenwald-Dora et Kommandos.

Langenstein ou "Malachit" ou "Zweiberge": Kommando du KL Buchenwald.

Ouvert en avril 1944 ce Kommando est installé près du village de Langenstein, à quelques kilomètres d'Halberstadt. Le chantier de Langenstein est le chantier B2 du Sonderstab Kammler. Les détenus creusent près de 10 km de galeries dans les collines du Thekenberg devant servir à enterrer les productions des usines Junkers. Au total, près de 7000 détenus y travaillent. 3000 détenus sont évacués le 9 avril 1945 et 1600 sont libérés le 13 avril 1945 par les Américains.

Source : Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Selon le témoignage écrit d'un camarade de déportation, Jean-Paul MATTERN, matricule N° 85248, ils évacuent le camp de Langenstein le 9 avril 1945 et Henri KERMET s'évade de la colonne le 13 avril 1945. Selon le témoignage écrit du Capitaine d'Infanterie KENNETH, il participe le 14 avril à la prise d'Aschersleben.

Il est rapatrié le 16 mai 1945.

Lui sont attribuées
- la Médaille des Evadés  (B.O. N° 11 du 14 mai 1960)
- la Légion d'Honneur au grade de Chevalier par décret en date du 13 juillet 1961 publié au Journal Officiel du 18 juillet 1961 avec la citation suivante:
"A été déporté en Allemagne pour son action résistante contre l'ennemi au cours de la période d'occupation.
En est revenu grand invalide à la suite des privations et sévices subis.
A bien servi la cause de la Libération."
Signé: Charles de GAULLE.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 318685), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).


Il décède le 1er juin 1983 à Fréjus (83).


Sources :

 

- Archives de la famille


- Archives du Kommando de Langenstein sur Ancestry.com et JewishGen.org

- Archives de Paris 1 R 1936.798

- Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains

- Etat civil de Saint-Côme-de-Fresné (14) et de Fréjus (83)


- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004


- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos


- Mémorial de Langenstein  Amicale de Langenstein


- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 318685)



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