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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

COSTE Pierre Joseph Jean


est né le 3 juin 1897 au domicile de ses parents Route de Limoges à Moulins (03). Son père Bonoso est employé des Contributions Indirectes et sa mère Marie née BERNARDON est sans profession.

Engagé volontaire pour la guerre 1914-1918, il est blessé et reçoit une citation. Il se voit attribuer la Croix de Guerre.


Source de la photo ci-contre: Archives Départementales de la Mayenne  1516 W 228. Photo délivrée par la préfecture de la Mayenne le 7 octobre 1940.


 

Il est contrôleur des Contributions Directes  et domicilié au N° 58, route de Moulins à Montluçon (03) quand il épouse Suzanne PACORY à Laval (53)  le 2 décembre 1925.


Il est le chef du mouvement de résistance "Libération-Nord" dans la Mayenne. Il est arrêté le 3 mai 1944.

Le 4 juin 1944 il est déporté de Compiègne au camp de concentration de Neuengamme où il arrive le 7 juin dans le convoi N° I.223. Il reçoit le matricule N° 34461.

KL Neuengamme (1938-1945). Le KL Neuengamme se situe à environ 25 km au sud-est de Hambourg sur la rive droite de l'Elbe dans une région marécageuse et plate.
Au total on estime que 106 000 personnes, dont 13500 femmes, ont été déportées au Kl Neuengamme et dans ses kommandos extérieurs de travail.
Les troupes britanniques qui pénètrent dans le camp de Neuengamme le 5 mai 1945 trouvent un camp vide.
Sur les 106000 déportés au KL Neuengamme et dans ses Kommandos on estime le nombre de morts à 55000 dont plus de 7000 Français.
Sources: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et
Mémorial des Français Déportés à Neuengamme.

Il est  affecté au Kommando de Watenstedt.

Watenstedt-Salzgitter : Kommando du KL Neuengamme. Les 2500 détenus de ces deux Kommandos, un d'hommes (Watenstedt-Leinde) et un de femmes (Watenstedt), ouverts en 1944 travaillent pour les aciéries Stahlwerke Braunschweig à la fabrication de munitions.
Source : Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il est ensuite transféré au camp de concentration de Ravensbrück où il reçoit un nouveau matricule, le N° 17678 selon le Service International de Recherche d'Arolsen.


Il y est libéré le 30 avril 1945 par l'armée russe et est rapatrié le 26 juin 1945.


Dans sa demande de la carte de Combattant Volontaire de la Résistance il énumère une quantité impressionnante d'activités sous les pseudonymes de Goisbault, puis Madelin Jean:

1) Appartenance à Libération Nord depuis 1941, au N.A.P. (Noyautage des Administrations Publiques) depuis 1942, au réseau Sacristain

2) Chargé dès 1940 d'organiser la Résistance en Mayenne, nommé en 1941 Chef Départemental de la Mayenne et responsable sur les plans civil et militaire (contacts, liaisons, parachutages,renseignements).


Lui sont attribuées

- la Médaille de la Résistance (JO du 11 juillet 1946)

- la carte de Déporté Résistant N° 1.004.05560  sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 27 août 1951

- la carte de Combattant Volontaire de la Résistance N° 29598 le 2 février 1952

- la Légion d’Honneur (Chevalier)

- la Croix de Guerre 1939-1945


Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 144554), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes), des F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur ) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

 

Il décède le 24 avril 1952 à Laval (53).

Monsieur Albert GOUPIL, maire de Laval, rend hommage à Pierre COSTE lors de la séance du Conseil Municipal du 13 juin 1952.

«  Mes chers collègues,

Depuis notre dernière séance, le conseil municipal a été de nouveau éprouvé par une perte bien sensible.

Notre collègue et ami Pierre Coste a succombé à la longue maladie qui le minait depuis bien des mois et que rien n'a pu finalement maîtriser.

Suivant la tradition, le conseil a assisté en corps à ses obsèques. Le défunt avait formellement manifesté sa volonté qu'aucun discours ne fut prononcé sur sa tombe : il a voulu partir dans le silence du grand apaisement. Je n'ai donc pas pu rendre publiquement hommage à sa mémoire au jour de sa séparation.

Ce soir, je tiens à dire, en votre nom, un dernier adieu à celui qui pendant cinq ans travailla avec nous dans toute la mesure où ses forces déclinantes le lui permettaient, avec un dévouement discret et un désir de bien faire que nous n'oublierons pas.

Pierre Coste était né à Montluçon en 1897. Il était tout jeune encore et venait de terminer ses études quand éclata la grande guerre. Il voulut servir et partit comme engagé volontaire, dans l'artillerie. Blessé en 1917, et, cité, il revint avec la croix de guerre et entra alors dans l'administration des contributions directes. Les hasards de la carrière le conduisirent dans la Mayenne où son mariage avec Melle Pacory, fille de l'un de nos anciens collègues, le fixa. Il occupa différents postes dans notre département, notamment à Château-Gontier, Mayenne et Laval, et il était à la veille d'y prendre sa retraite comme Inspecteur principal quand la mort est venue à lui.

Nous savons la particulière estime dont il jouissait dans son administration en raison de sa compétence confirmée et de sa haute conscience professionnelle. Il est juste de rappeler aussi le tact et l'équité qu'il apporta dans l'exercice de ses fonctions délicates. Strict serviteur de la loi, il savait pourtant accueillir avec beaucoup de compréhension et de patience sa clientèle de contribuables souvent désorientée ; il savait écouter sans brusquerie, renseigner et conseiller utilement. La foule qui se pressait à sa sépulture et où étaient représentées toutes les classes de la Société témoignait éloquemment de la reconnaissance de ceux qu'il avait obligés.

Dans la vie courante, Coste s'était également créé de chaudes amitiés. Il fut un vrai sportif, créateur et directeur de la section de boxe du Stade Lavallois, aimant les jeunes à qui il réservait le meilleur de ses loisirs. Bien qu'il se montrât parfois un peu vif et ombrageux, il s'était concilié les sympathies par son complet dévouement.

Mobilisé pendant quelques semaines en 1939 au début de la dernière guerre, il fut très vite réclamé par son administration et rentra à Laval. Après l'invasion, dont il souffrit en vrai patriote, il fut des premiers chez nous à entrer dans la Résistance.

 

Nul de vous n'ignore le rôle qu'il y joua, au premier plan, et comment après avoir été arrêté une première fois par la Gestapo et relâché, il fut à nouveau emprisonné et dirigé sur les camps d'internement en Allemagne.

Après l'écrasement du nazisme, Coste, libéré, nous revint. Il avait terriblement souffert des privations endurées, des sévices subis et des angoisses morales auxquelles son caractère un peu inquiet le rendait particulièrement sensible.

On avait pu espérer que l'air du pays, le repos et les tendres soins qui l'entouraient lui permettraient de se reprendre. Mais il était touché dans ses œuvres vives, et il est mort, victime disons-le de ses intentions généreuses qui l'avaient conduit à tenter une grande aventure pour laquelle il n'était peut-être pas taillé, mais qu'il aborda avec toute la flamme d'un bon Français, d'un ancien combattant, et ses convictions d'ardent républicain.

Pierre Coste était titulaire de la médaille de la Résistance et chevalier de la Légion d'Honneur.

A sa veuve, à sa belle-mère Mme Pacory, j'offre au nom du conseil municipal l'assurance de nos condoléances bien émues du souvenir fidèle que nous garderons de leur cher défunt."


Source du texte ci-dessus: Archives Municipales de Laval.

Sources :


- Archives Départementales de la Mayenne 1903 W 32

 

- Archives Municipales de Laval


- Etat civil de Moulins (03) et de Laval (53)


- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004


- Mémorial des Français déportés à Neuengamme  Amicale de Neuengamme


- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 144554)


- Service International de Recherche d'Arolsen

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