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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
LACOMBE François Fabien

Nous sommes à la recherche d’une photo et de renseignements complémentaires.

est né le 3 février 1921 au domicile de ses parents au N° 56, rue de la Paix à La Flèche (72). Son père Marie est professeur au Prytanée Militaire  et sa mère Germaine née BLOCH est sans profession.

Licencié en droit et inscrit à la faculté de droit de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand (63), il est domicilié  "Villa Primevère" au N° 56, rue Givois à Vichy (03).  Il est envoyé au Chantier de Jeunesse N° 29 à Axat dans le département de l'Aude. Rédacteur à la délégation générale de l’Equipement National à Vichy, il entre au Mouvement « Franc-Tireur ». Il est  arrêté à Vichy le 11 décembre 1942 pour  « complicité de destruction d’édifice public » par explosif dans la nuit du 2 au 3 novembre 1942 à Vichy et pour avoir assuré la diffusion du journal "Franc-Tireur". 

Il est interné au Centre de Séjour Surveillé de Saint-Paul-d'Eyjeaux (87) à compter du 23 décembre 1942 jusqu'au 25 juin 1943,
date à laquelle il est transféré à la prison Saint-Paul à Lyon.

Ils sont 13 hommes pour la plupart domiciliés à Clermont-Ferrand à être jugés par le Tribunal d'Etat Section de Lyon le 23 juillet 1943.


Selon l’exposé sommaire des faits en date du 30 juillet 1943 par le  Commissaire du Gouvernement, «  Un certain nombre d’individus, la plupart étudiants, avait constitué un groupement affilié aux mouvements de résistance.
Le siège de cette organisation clandestine était à Clermont-Ferrand et le nommé GERSCHEL assumait la responsabilité de son activité.
Les principaux membres, affiliés ou sympathisants, se sont livrés à des actes de propagande antinationale et ont organisé la destruction de divers locaux abritant soit les sièges de la Légions soit les services de propagande du Maréchal soit enfin les services franco-allemands du Service Obligatoire du Travail existants à Clermont-Ferrand ou à Vichy.
C’est ainsi que les nommés GERSCHEL, CHEVALIER, HANAU, ENTINE, WOERTHER et BECQUET, ont détenu des explosifs en vue des attentats à perpétrer ; que ENTINE et WEIL ont tenté à Vichy la destruction d’un local de propagande, mais que cette tentative a échoué grâce à la découverte avant explosion de l’engin ; et que GERSCHEL, HANAU, WEIL et LACOMBE se sont rendus complices soit de cette tentative de destruction d’édifice soit de la destruction réalisée d’édifices à Vichy et Clermont-Ferrand par des individus non identifiés, à qui ils avaient prêté aide ou assistance ou donné les instructions pour commettre le crime ».

Il est interné à la prison Saint-Paul à Lyon et est condamné le 23 juillet 1943 par le Tribunal d’Etat Section de Lyon à 5 ans de prison ("peine substituée à celle de 5 ans de réclusion encourue, mais non prévue par l'art. 11 de la loi du 7-7bre 1941") et 1200 francs d’amende.  Il est transféré à la Centrale d’Eysses le 15 octobre 1943 où il est immatriculé sous le N° 2383.

Source du document ci-dessus: Archives Départementales du Lot-et-Garonne 940 W 114.


Le 30 mai plus de 1100 détenus sont «remis aux autorités allemandes», en clair ils sont livrés aux nazis, en l'occurrence la Division Das Reich qui se rendra coupable de la pendaison de 99 otages à Tulle le 9 juin, puis du massacre de 642 personnes à Oradour-sur-Glane le 10 juin.

Cette unique photo des emprisonnés d'Eysses en colonne par cinq, les mains sur la tête, au moment où ils quittaient la Centrale aux mains des S.S.le 30 mai 1944 pour la gare de Penne-d'Agenais (Lot-et-Garonne) où ils allaient être embarqués vers Compiègne, a été prise par un garde mobile d'une fenêtre dominant la cour d'honneur.

Source de la photo: L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Amicale des Anciens d'Eysses Editions Sociales 1974.


Le 18 juin 1944 il fait partie des 2143 hommes déportés de Compiègne à Dachau où il arrive le 20 dans le convoi N° I.229. Il reçoit le matricule N° 73611 et est affecté au Roentgen Laboratorum dans un premier temps au Kommando  de Kaufbeuren.

Kaufbeuren: Kommando du KL Dachau. Les détenus de ce Kommando travaillent, dans une ancienne usine de tissage, pour la firme BMW. Ils fabriquent des arbres d'hélices pour avions de guerre. Situé dans le Sud-Ouest de la Bavière.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Puis il est transféré au Kommando d’Allach.

Allach: Ce très important Kommando du KL Dachau fait travailler les détenus à différents projets et productions : d'abord pour une manufacture de porcelaine, ensuite pour la firme BMW, enfin pour différents chantiers de l'organisation Todt. Il compte jusqu'à 3850 détenus. Il est situé près de Dachau et est créé le 17 mai 1944.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il est libéré à Allach le 30 avril 1945 et est envoyé  en  convalescence sur l’Ile de Reichenau du 25 au 30 mai.  Il rentre le 29 mai de la même année.

Par arrêt du 2 mars 1945, la Chambre de Révision a annulé le jugement du 23 juillet 1943.

Le 30 juin 1947, il épouse Jeanne RÉMY-MORIN  à Paris (16ème).

Par décret en date du 3 novembre 1948, il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur avec la citation suivante :
«  Est entré dès septembre 1942 au Mouvement « Franc-Tireur ». A pris une part active à la campagne d’attentats organisée par le Mouvement en novembre 1942 à VICHY. Arrêté par la Police Française le 11 novembre 1942, interné en janvier 1943, s’évade en mars 1943, mais est immédiatement repris quelques jours après. Condamné par le Tribunal d’Etat de Lyon le 23  juillet 1943 à 5 ans de prison, transféré à la Maison Centrale d’Eysses le 16 octobre 1943, déporté en 1944 par COMPIÈGNE à destination de dachau. A fait preuve d’un courage élevé et de l’esprit patriotique au cours de son procès. Noble figure de la Résistance Française. »

Son premier mariage ayant été dissous, il épouse en secondes  Marie ESCHINAZI à Nicosie (Chypre) le 23 octobre 1956.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 327083),  il est homologué en tant que Résistant  des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

La carte de Déporté Résistant  N° 1 001 31610 lui est attribuée le 17 octobre 1958 par le Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.

Il décède à Drancy  le 11 décembre 1993.

Sources :

- Archives Départementales de l’Allier 1864 W 1,

- Archives Départementales du Rhône Jugement du Tribunal d'Etat  Section de Lyon Document non coté

- Archives Départementales de la Haute-Vienne 993 W 301

- Archives Départementales du Lot-et-Garonne Dossier d’écrou de la Centrale d’Eysses  940 W 114

- Archives Départementales du Tarn 493 W 129

- Archives du camp de Dachau sur Ancestry.com et JewishGen.org

- Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains

- Etat civil de La Flèche (72)

- Livre mémorial de la Fondation pour la mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial annuaire des Français de Dachau  Amicale des Anciens de Dachau  1987

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 327083)

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