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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
LEFORT Henri Joseph

Nous sommes à la recherche d’une photo.

est né le 22 juillet 1894 au domicile de ses parents à Rosoy-sur-Amance (52). Son père Félix est garde particulier et sa mère Marie  née CONVERTI est sans profession.

Mobilisé en 1914, il est  promu lieutenant, puis est  muté dans l'aviation.

Lui sont attribuées 
- la Légion d’Honneur (Chevalier)
- la Médaille Militaire
- La Croix de Guerre

Il est lieutenant à l’Ecole Militaire de l’Artillerie  quand il épouse Claire LEDIEU à Paris (9ème) le 12 juillet 1921.


En 1934  il part en mission en URSS à l’école de parachutisme.

En 1939  il est nommé chef de cabinet du Général VUILLEMIN.

Sous l’Occupation, en 1940 il  arrive à Vichy (03) où  il est domicilié au N° 30, rue Louis Blanc.

Il travaille au Deuxième Bureau en liaison avec le Général GIRAUD.

Il est promu  Général de Brigade Aérienne le 1er août 1943.



Il est Directeur des Services Liquidateurs de l’Armée de l’Air.

Selon son témoignage écrit, il est arrêté le 12 avril 1944 à Vichy «  sur l’ordre du secrétaire général au maintien de l’ordre  en vue d’être traduit devant une cour martiale, décision transformée quelques jours plus tard en arrêté d’internement ». Il est interné à la prison de la Milice au Château des Brosses à Bellerive-sur-Allier  puis est remis le 4 mai à la Gestapo par la Milice. Sont impliqués dans la même affaire le Colonel CORNILLON et le Général CARAYON.

Il est transféré au Frontstalag 122, c’est-à-dire Compiègne où il va être interné du 6 au 19 mai avec le matricule N° 34607.

Il fait partie des 10 hommes  déportés en tant que personnalités-otages le 19 mai 1944 de Compiègne.

Personnalités-otages : un certain nombre de personnes  occupant en général des postes à responsabilité civile, politique ou militaire voire religieuse sont arrêtées souvent de manière préventive à cause du danger qu’elles pouvaient représenter, puis déportées. Elles devaient servir le cas échéant de monnaie d’échange. Elles ont eu un sort enviable en comparaison des autres déportés. 

La destination est Bad-Godesberg en Rhénanie.
Bad Godesberg : Kommando du Kl Buchenwald. L'hôtel Dreesen, hôtel de prestige datant du XIXème siècle, situé au sud de Bonn à Bad Godesberg au bord du Rhin, est érigé en Kommando le 13 mai 1944. Il accueille notamment des officiers supérieurs français, déportés comme "Personnalités-otages" après le débarquement de Normandie. Il est évacué le 29 mars 1945.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la mémoire de la Déportation.


Il est transféré le 8 mars 1945 au Château d’Eisenberg en Bohême, transfert qui est motivé par l’évolution du conflit. En effet, les Alliés se rapprochent dangereusement pour les nazis.

Eisenberg: Le château d'Eisenberg est officiellement un Kommando du KL Flossenbürg créé en juin 1943. Il est situé dans l'ancienne Tchécoslovaquie et est chargé de recevoir des "Personnalités-otages".
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la mémoire de la Déportation.


Il est libéré le 8 mai 1945 à Eisenberg et rapatrié par avion américain le 11 mai .

Il est fait Commandeur de la Légion d’Honneur.
Lui sont attribuées
- la Médaille de la Résistance
- la Croix de Guerre 1939-1945 avec  5 citations 3 palmes 2 étoiles.

Le titre d’Interné Résistant N° 1 201 14333 lui est attribué par le Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre sur décision en date du 23 mai 1957.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 354162), il est homologué en tant que Résistant au titre   des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

Il décède le 1er mai 1966 à Meaux (77).

Annexe : Extrait du rapport du Général LEFORT sur l’activité de l’Etat Major de la Défense Aérienne en 1943-44.

(…)
II- Rôle joué par l’E.M.D.A.
L’E.M.D.A. s’était fixé comme tâche
- d’éviter, par sa présence même, la main mise des éléments collaborationnistes sur l’héritage de l’Armée de l’Air
- de préparer, en vue de la continuation de la guerre après la libération du territoire métropolitain, une réunion aussi complète et aussi rapide que possible (remobilisation) des éléments restés dans la métropole à ceux d’outre-mer
- d’assurer l’existence des personnels de l’Armée de l’Air et de leurs familles
              - militaires de carrière en service ou non
              - familles séparées de leurs chefs en service outre-mer (Afrique du Nord, colonies, pays alliés internés ou déportés, prisonniers, etc…)
- de contrecarrer les mesures prise ou envisagées au profit direct ou indirect de l’Allemagne.
Par ailleurs, l’E.M.D.A. se proposait de participer activement,  le moment venu avec tous les moyens dont il disposait, aux opérations de libération du territoire français (plan Delta établi par le Général CARAYON et le Colonel CORNILLON).
L’EM.D.A était en fait une organisation de résistance, mais malgré l’intérêt évident qu’il y aurait eu à le faire connaître sans ambiguïté  à tous les personnels intéressés, ce caractère avait dû être conservé secret par crainte des fuites qui n’auraient pas manqué de se produire et d’entraîner la disparition de l’organisation ».


Sources :

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 908 W 168

- Archives du Royaume de Belgique 1.1.47.1,  "Libres" N° 22

- Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains

- Etat civil de Rosoy-sur-Amance (52) et de Paris (9ème)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 354162)

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