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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
  LAVEDIAU Charles Gilbert Antoine

est né  le 25 mars 1906 au domicile de son grand-père François NIVET à Aigueperse (63). Son père Gilbert est tonnelier à Vichy (03) et sa mère Marie née NIVET est sans profession.

Il passe son enfance à Vichy, puis la famille vient s'installer à Saint-Pourçain-sur-Sioule (03).

Il fait ses études à l’Ecole Normale de Montbrison (42). Il est d'
abord nommé instituteur à Izieux (42) aujourd’hui Saint-Chamond, puis  il obtient  le Certificat d’Aptitude à l’Education Physique et est nommé au Collège Augustin Thierry de Blois (41) en 1933. 

La même année le 28 décembre, il épouse Marie Jeanne BUFFERNE à Saint-Etienne (42).

Source de la photo ci-contre : Archives de la famille.


Il est mobilisé dans l’Armée de l’Air en 1939.

Il est arrêté à son domicile par la Sûreté allemande le 4 décembre 1942 « pour des motifs inconnus. Une perquisition faite à son domicile lors de son arrestation n’aurait donné aucun résultat » selon une fiche de renseignements (AD41 1375 W 69).

Selon sa fiche tirée du fichier des personnes déportées réalisé par le Comité d'histoire de la Seconde Guerre Mondiale (cote : 55 J 6) il est arrêté le 4 décembre 1942 à Blois « pour avoir tenté des émissions radio vers Londres ».

Selon le témoignage d’un ancien élève, il aurait appartenu au réseau France-Liberté.

Il est interné à la prison d’Orléans où il reste 15 jours avant d’être transféré à  Compiègne où il reçoit le matricule N° 6985.

Le 24 janvier 1943 il est déporté de Compiègne à Sachsenhausen-Oranienburg où il arrive le 25 dans le convoi N° I.74. Ce convoi compte 1466 hommes arrêtés en majorité soit pour leur appartenance au Parti Communiste soit pour l'aide au franchissement de la Ligne de Démarcation ou de la frontière espagnole.

Il reçoit le matricule N° 58214 et, après la quarantaine, il est transféré au Kommando de Heinkel.


Heinkel: Kommando du KL Sachsenhausen. C'est le plus important camp-annexe de Sachsenhausen. C'est aussi un exemple type d'usine-camp. Les barbelés ceinturent le vaste espace boisé de Germendorf (un village à une dizaine de kilomètres au sud-ouest d'Oranienburg), où alternent les blocks des déportés et les halls de fabrication du constructeur d'avions Ernst Heinkel. Le camp compte jusqu'à 8000 détenus en 1944. C'est le 21 avril 1945 que les déportés sont évacués.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.


Selon l’état civil d’Aigueperse et de Blois  et le JO N° 2 du 4 janvier 1994, il décède le 31 juillet 1944 à Oranienbourg (Allemagne), ce qui est infirmé par le témoignage  de  2 déportés (Roger PREVOST N°58981 et René ROC N° 58694) qui  l’ont vu vivant au moment de l’évacuation en avril 1945.

Dans une lettre datée du 27 octobre 1947 et destinée à la sœur de Charles LAVEDIAU, René ROC, déporté dans le même convoi, matricule N° 58694 à Sachsenhausen, écrit : «  J’ai quitté les usines Heinkel en sa compagnie le jour du Mercredi Saint 1945 pour regagner le camp d’Oranienburg où nous logeâmes ensemble au Block 10. (…) Là nous fûmes employés à divers travaux, notamment la réfection des voies ferrées détruites par la RAF.
Par la suite je tombai malade et dus, bien à contre cœur, entrer à l’infirmerie   (c’était le 15 avril) où il vint me rendre visite clandestinement la veille de son départ qui eut lieu le vendredi 20 avril, jour où tous les hommes valides du camp furent évacués ».

Notes de l'AFMD de l'Allier:
1) le Mercredi Saint 1945 : le 28 mars.
2) Oranienbourg est évacué le 21 avril et est libéré le 22 avril par les Soviétiques.


Sa carrière est évoquée par l’Inspecteur d’Académie du Loir-et-Cher lors de la cérémonie du 1er juin 1947 à Blois à la mémoire des membres de l’enseignement de Loir-et-Cher "Morts pour la France"«  Lavediau Charles, né en 1906, était  professeur d’Education Physique et fut mobilisé dans l’aviation pendant la période 1939-40. Il participa ensuite aux premiers parachutages en Sologne, fut arrêté et mourut en déportation. Il était aussi agréable collègue que bon maître ».

"Mort pour la France"
selon le jugement rendu par le Tribunal Civil de Blois le 16 mars 1950.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 344099), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

Son nom figure au Monument aux Morts de Saint-Pourçain-sur-Sioule ainsi que sur la plaque apposée au Collège Augustin Thierry à Blois en mémoire des fonctionnaires de ce collège "Morts pour la France" 1939-1945.


 Photos 1 et 2: AFMD de l'Allier. Photo 3: Collège Augustin Thierry de Blois. Remerciements.

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Ministère des Anciens Combattants en date du 4 novembre 1993 paru au Journal Officiel N°2 du 4 janvier 1994.

Sources :

- Archives Départementales du Loir-et-Cher  55 J 6, 1375 W  69,

- Archives de la famille

- Etat civil d’Aigueperse (63), de Saint-Etienne (42) et de Blois (41)

- Livre d’Or de l’enseignement public de Loir-et-Cher 1939-1945 transmis par la famille

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- MemorialGenWeb site Internet

- Service Historique de la Défense (GR 16 P 344099)


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