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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
  LABOJKO Ludmila Alojza/LABAŸKA Lydia

est née le 19 mai 1924 à Morowska-Ostrawa (Tchécoslovaquie) de parents polonais. Son père  Michal est mineur et sa mère Marie née KOZANA est sans profession.

La famille vient s’installer à Saint-Eloy-les-Mines (63) peu de temps après la naissance de Ludmila.

Elle est scolarisée à Saint-Eloy-les-Mines, puis à partir de 11 ans elle commence à travailler peu à peu chez un marchand de tissus.

Source de la photo : Archives de la famille.


En 1943 elle entre comme serveuse dans un restaurant "Le Gambrinus" avenue du Colibri à Vichy (03) et se lie d’amitié avec  Marie-Louise DESCHAMPS née PASSAT sans être au courant que cette dernière fait de la résistance comme agent de liaison du réseau « Gallia ».
Le 3 avril 1944 Ludmila LABOJKO est arrêtée par la Gestapo dans la rue  alors qu’elle se rend à son travail. Elle est emmenée à l’hôtel où réside Marie-Louise PASSAT, puis, les yeux bandés, elles sont transférées dans un local étroit au sol en terre battue où elles passent une huitaine de jours.

Au bout de ce laps de temps elles sont internées à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03) avant d'être transférées au Fort de Romainville.

Document ci-contre: La prison de la Mal-Coiffée à Moulins. Source de la photo: Archives de Raphaël Lassandre.


Le Fort de Romainville

Ce fort militaire est situé sur la commune des Lilas en Seine-Saint-Denis au nord-est de Paris. Il accueille d'abord des prisonniers de guerre et des otages, dont certains seront fusillés au Mont-Valérien. Puis à partir de 1943 il devient l'antichambre de la déportation avant de servir de prison pour femmes en 1944.

Photographie, prise à la Libération, des casemates où étaient enfermés des détenus. Source: Les oubliés de Romainville un camp allemand en France (1940-1944) par Thomas Fontaine Editions Taillandier mai 2005


Le 13 mai 1944 elle fait partie des 567 femmes déportées de Paris gare de l’Est à Ravensbrück où elle arrive  dans la nuit du 17 au 18 mai dans le convoi N° I.212.

Source des documents ci-dessus: Service International de Recherches d'Arolsen 1.1.35.1 / 3765892.
Elle y reçoit le matricule N° 38903. Après la quarantaine elle est affectée au Kommando d'Hannover-Limmer qui dépend du camp de concentration de Neuengamme.
Source du document ci-dessus: Service International de Recherches d'Arolsen.

Hannover-Limmer: Kommando situé à l'ouest d'Hanovre ouvert le 25 juin 1944. Environ 1000 femmes dont 150 Françaises y travaillent à la fabrication de masques à gaz pour les Etablissements Continental Gummi-Werke. Il est évacué à pied le 7 avril 1945 vers le camp de Bergen Belsen.
Source: Mémorial des Français et des Françaises déportés à Neuengamme.

Le 7 avril 1945 elle fait partie de l'évacuation vers le camp mouroir de Bergen Belsen où elle est libérée le 15 avril 1945 par les troupes britanniques.

Elle est rapatriée le 5 juin 1945 et passe par l’Hôtel Lutétia à Paris avant d'être envoyée au Centre de Repos des Déportées Politiques à Bonne-sur-Menoge en Haute-Savoie du 11 juillet au 22 septembre 1945.


Note de l'AFMD de l'Allier: Pour une raison non connue, son nom figurant sur les documents officiels est souvent orthographié: LABAYKA. C'est le cas des documents présentés ci-dessous.

Document de gauche: Carte de Rapatrié. Document de droite: Attestation du Centre de Repos des Déportées Politiques.
Source: Archives de la famille.

Le 16 novembre 1946 elle épouse Jean Baptiste GAZUR  à Saint-Eloy-les-Mines (63).

La carte de Déporté Politique N° 2.111.32308 lui est attribuée  sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 23 mars 1967.


Source du document ci-dessus: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

Grâce au Service International de Recherches d'Arolsen, elle a pu récupérer les bijoux qu'elle avait dû abandonner aux nazis à son arrivée à Ravensbrück, deux boucles d'oreille et une bague avec une pierre.


Source des photos ci-dessus: Service International de Recherches d'Arolsen.

Elise KARLIN dans l''hebdomadaire L'Express du 13 novembre 2019 consacre un article intitulé " Archives nazies. Les mémoires ressuscitées d'Arolsen" à la restitution des objets à plusieurs personnes dont Madame GAZUR née LABOJKO. Grâce aux recherches de  Nathalie LETIERCE-LIEBIG et de ses collègues du Service International de Recherches d'Arolsen, des objets ont pu être restitués à des déporté(e)s ou leurs familles dont Madame Ludmila GAZUR née LABOJKO.



Source du document ci-dessus: Magazine hebdomadaire L'Express du 13 novembre 2019.

Notre association "Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier" a eu l'honneur et le plaisir de servir d'intermédiaire entre le Service International de Recherches d'Arolsen et la famille de Madame GAZUR pour faciliter la restitution de ces bijoux à leur propriétaire 75 ans plus tard.


Sources :

- Archives de la famille

- Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Etat civil de Saint-Eloy-les-Mines (63)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Magazine hebdomadaire L'Express du 13 novembre 2019

- Mémorial des Français et des Françaises déportés à Neuengamme et ses Kommandos Amicale de Neuengamme et ses Kommandos

- Service International de Recherches d'Arolsen

- Témoignage oral de Ludmila Gazur née Labojko

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