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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
  GUÉNAULT Marcel Robert Narcisse

est né le 12 janvier 1910 à Saint-Germain-du-Puy (18). Son père Alphonse est gardien de prison et sa mère Louise née GOURDON est couturière.

Engagé spécial par devancement d’appel le 23 octobre 1930, il est affecté au 158ème Régiment d’Infanterie à Strasbourg (67). Il est rayé des contrôles le 15 octobre 1931.

Il est peintre en bâtiment domicilié rue Emile Combes à Angers (49) quand   il épouse Marie LETHELIER  en cette même ville le 11 juillet 1933. Ils ont 3 enfants.

Source de la photo: Bulletin de la délégation AFMD 49. N° 34. Décembre 2010. 


Il est président du Syndicat des artisans peintres de 1936 à 1939.

Rappelé le 27 août 1939, il est affecté au 91ème Régiment Régional et est nommé sergent le 15 mai 1940. Il est fait prisonnier le 22 juin 1940 à Maulévrier (49) et est interné au Stalag XII A avec le matricule N° 30798.

Source du document ci-dessus: Bibliothèque Nationale de France Liste Officielle des Prisonniers de Guerre sur site Internet Gallica.

Il s’en évade le 15 avril 1942 et est démobilisé  par le centre de Marseille le 22 juin 1942.



Evadé il rejoint Vichy où Il est domicilié au N° 21, rue d’Auvergne. Il fait partie des principaux cadres du Commissariat aux Prisonniers de Guerre en Zone Libre dont le président est Maurice PINOT. Marcel GUÉNAULT s’occupe plus particulièrement des CEA (Centres d’EntreAide).

Le 14 janvier 1943 il démissionne ainsi que les membres du  Commissariat suite à la révocation de Maurice PINOT et le remplacement de ce dernier par André MASSON proche de Pierre Laval et  connu pour ses opinions pro-allemandes.


Photo D.R. dans Une jeunesse française François Mitterrand 1934-1957 Fayard 1994 de Pierre Péan.
Marcel Guénault est au 4ème et dernier rang.


Selon le témoignage de Pierre CHIGOT, il participe  à la première réunion le 2 février 1943 à Chez-Livet près de Bellegarde-en-Marche en Creuse  où est présent entre autres François MITTERRAND. «  Nous avons cherché ensemble comment continuer clandestinement l’action PG menée jusqu’alors au Commissariat avec Maurice Pinot ». Ce groupe devient le RNPG ( Rassemblement National des Prisonniers de Guerre).

Selon l'attestation en date du 6 décembre 1945  de François MITTERRAND, Président du Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés, "Monsieur Marcel GUÉNAULT était adhérent du Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés depuis 1942".

Selon le Certificat de Résistance en date du 10 novembre 1945  établi par le Père Pierre CHAILLET, directeur et fondateur de "Témoignage Chrétien", "M. Marcel GUÉNAULT, habitant 21, rue d'Auvergne à Vichy (Allier) a, sous l'Occupation allemande, travaillé activement au "Témoignage Chrétien" en diffusant d'août 1943 jusqu'à son arrestation début 1944, une moyenne de 200 cahiers et 1.000 courriers clandestins chaque mois (distribution et apposition d'affiches)".

Témoignage chrétien
"En novembre 1941, une brochure anonyme de 17 pages, France, prends garde de perdre ton âme, imprimée et diffusée sous le manteau à Lyon et dans la région sous le nom de Cahiers du Témoignage Chrétien, est le premier signe d'une résistance qui va se poursuivre jusqu'à la veille de la libération de Paris où le treizième numéro du Courrier français du Témoignage Chrétien: La libération est là , sera distribué dans les rues de la capitale. Au total 14 Cahiers (de 20 à 60 pages) et 12 journaux ont circulé en zone libre jusqu'en 1943, puis dans la France entière.
(...) Nombre (de militants) ont agi dans d'autres mouvements (Combat, Franc-Tireur, Défense de la France), l'Armée Secrète ou les maquis. Phénomène minoritaire et oeuvre d'une poignée de volontaires, Témoignage Chrétien a été le fer de lance de la résistance chrétienne".
Source: Renée Bédarida dans Dictionnaire historique de la Résistance sous la direction de François Marcot.


Document ci-dessus: Cahier du Témoignage Chrétien de juillet 1944. Source: Archives de Paul Champeau.

Selon les renseignements fournis par Marcel GUÉNAULT dans sa demande d'attribution du titre de Déporté Résistant, il est arrêté  à Vichy par la Milice le 17 mars 1944  "à 6 h du matin alors que je faisais une distribution de journaux et tracts clandestins dans les boîtes aux lettres".

Il est ensuite transféré au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (81) 
le 24 mars 1944 en exécution d’un arrêté du 21 mars 1944.

Le 30 juillet 1944 les autorités françaises vident le camp de Saint-Sulpice-la-Pointe de ses occupants et les remettent aux Allemands. En clair, les prisonniers sont livrés aux nazis. Les détenus sont déportés de Toulouse à Buchenwald dans le convoi N° I.252 qui met sept jours pour arriver à destination. Dans le contexte d'évacuation précipitée sont mélangés les déportés par mesure de répression (résistants, politiques, otages) et déportés par mesure de persécution (Juifs, hommes, femmes et enfants).

A Buchenwald Marcel GUÉNAULT reçoit le matricule N° 69698 et est affecté après la quarantaine au Kommando de Rottleberode.

Rottleberode : Kommando des KL Buchenwald-Dora. Ouvert le 13 mars 1944 à 15 km à l'est de Nordhausen, aménagé dans une grotte, ce Kommando travaille à la fois pour le compte des usines Junkers Flugzeug und Motorenwerke (trains d'atterrissage) et pour le projet des armes secrètes. On y installe une partie du personnel de l'usine de Schönebeck. Par commodité, le Kommando est rattaché à Dora à partir d'octobre 1944. Environ 400 détenus y sont enregistrés.
Source : Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Marcel GUÉNAULT est rapatrié le 22 mai 1945 et prendra à pied le chemin de Lourdes le 5 juin pour réaliser le vœu fait à Buchenwald s’il s’en sortait vivant.

Lui sont attribuées

- la Médaille des Evadés  suivant le décret du 30 novembre 1949 paru au JO N° 287 du 5 décembre 1949 avec cette citation « A fait preuve des plus belles qualités de courage et d’énergie en s’évadant au péril de sa vie pour venir combattre dans les rangs des Forces Françaises de la Libération ».

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 274156), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

- la carte de Déporté Résistant N° 1 005 22981 sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 9 août 1954

- la Croix du Combattant Volontaire de la Guerre 1939-1945 suivant la décision ministérielle N° 2991 du 9 octobre 1969.


Il décède le 2 juin 1975 à Angers (49).

Suite aux délibérations du Conseil Municipal d’Angers le 29 mai 1995, une rue d’Angers  porte le nom de Marcel Guénault.


Photo transmise par la Mairie d’Angers. Remerciements.

Sources :

- Archives Départementales du Maine-et-Loire  1 R 1930.779,

- Archives Départementales du Tarn 413 W 81

- Archives Municipales d’Angers (49)

- Bibliothèque Nationale de France Liste Officielle des Prisonniers de Guerre sur site Internet Gallica.

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen

- Cabrillac Hélène Marcel Guénault, un homme de cœur et d'honneur  dans le Bulletin de la délégation AFMD 49, no 34,‎ décembre 2010 

- Dictionnaire historique de la Résistance sous la direction de François Marcot Editions Robert Laffont 2006

- Etat civil de Saint-Germain-du-Puy (18)  et d’Angers (49)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation  Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française de Buchenwald Dora et Kommandos

- Péan Pierre Une jeunesse française François Mitterrand 1934-1947  Librairie Arthème Fayard 1994

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 274156)

- Védrine Pierre Dossier Les prisonniers de guerre, Vichy et la Résistance 1940-1945 Librairie Arthème Fayard 2013

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