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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
KESSLER Pierre Augustin


est né le 21 novembre 1921 au domicile de ses parents  7, Boulevard de la Victoire à Strasbourg (67). Son père Marcel est négociant et sa mère Nelly née BREFFORT est sans profession.

Il fait partie des étudiants à l'Université de  Strasbourg qui va se replier à Clermont-Ferrand (63) en novembre 1939. Parmi eux, des étudiants actifs et motivés vont s'engager dans les Groupes-Francs de "Combat".

Source du document ci-contre: Archives de la famille.

Pierre KESSLER, étudiant en droit domicilié 1, rue Georges Clémenceau à Clermont-Ferrand,  entre au Mouvement "Combat" en mars 1942, puis au réseau "Mithridate" à compter du 1er septembre 1942.

Réseau "Mithridate": ce réseau créé par Jean HERBINGER alias Colonel Bressac est  l'un des grands réseaux de renseignement militaire rattaché au B.C.R.A. ( Bureau Central de Renseignement et d'Action) à Londres. Ce réseau est mal connu en dépit de sa précocité et de son extension ( 1641 agents homologués et deux sous-réseaux "Alouette" dans la région de Bordeaux et "Simon" en France du Nord et Belgique).
Source: Dictionnaire Historique de la Résistance sous la direction de François Marcot Editions Robert Laffont 2006.


Il est arrêté - ainsi que d'autres membres des Groupes-Francs- le 15 septembre 1942 à Montluçon (03)  par la Police d'Etat de Vichy  pour sa participation au plasticage de l’Office de Placement allemand.



Le 23 septembre 1943 il est condamné par la Section Spéciale du Tribunal d’Etat de Lyon (69) à 6 ans de Travaux Forcés pour  

1) avoir « courant juin 1942 à Clermont-Ferrand volontairement tenté de détruire à l’aide de substance explosive des objets mobiliers ou immobiliers appartenant au Dr Grasset »

2) avoir « le 7 juin 1942 volontairement détruit tout ou partie des clôtures du magasin occupé rue Gonard ? par le siège des Volontaires Français conte le Bolchevisme »

3) s’être  « à Montluçon, Clermont-Ferrand ou autres lieux courant 1942 rendu sciemment complice par aide ou assistance de la détention illicite d’armes à feu, munitions ou explosifs ».

Source du document ci-contre: Archives Départementales de l'Allier Fonds Rougeron.


Selon Henri Noguères dans Histoire de la Résistance en France Tome 2 , " Les poursuites engagées devant le Tribunal d'Etat de Lyon contre ceux des G.F. qui tomberont entre les mains des policiers de Vichy montreront le nombre et l'importance des actions entreprises: en l'espace de trois mois, à  partir de juin 1942, les quatorze inculpés se verront (non sans raison...) reprocher d'avoir , sous la conduite de Renouvin et de Lévy, fait sauter à Clermont le domicile du Dr Grasset, le siège de la L.V.F; l "Librairie du Progrès, la droguerie Bornot, le journal Le Moniteur et, à Montluçon, l'office de placement allemand... Encore ne s'agit-il là que des "méfaits" retenus par l'acte d'accusation".

Le 15 octobre 1943 il est transféré à la Centrale d’Eysses où son nom figure sous le N° 534 du registre d’écrou.

Source du document ci-dessus: Archives Départementales du Lot-et-Garonne Centrale d'Eysses 940 W 118.

Du 19 au 23 février 1944 il participe à l'insurrection de la Centrale. Celle-ci échoue de peu. Devant la menace d'un bombardement par les troupes allemandes appelées en renfort les insurgés se rendent. 12 prisonniers sont fusillés.



Le 30 mai plus de 1100 détenus sont «remis aux autorités allemandes», en clair ils sont livrés aux nazis, en l'occurrence la Division Das Reich qui se rendra coupable de la pendaison de 99 otages à Tulle le 9 juin, puis du massacre de 642 personnes à Oradour-sur-Glane le 10 juin.

Cette unique photo des emprisonnés d'Eysses en colonne par cinq, les mains sur la tête, au moment où ils quittaient la Centrale aux mains des S.S.le 30 mai 1944 pour la gare de Penne-d'Agenais (Lot-et-Garonne) où ils allaient être embarqués vers Compiègne, a été prise par un garde mobile d'une fenêtre dominant la cour d'honneur.

Source de la photo: L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Amicale des Anciens d'Eysses Editions Sociales 1974.



Le 18 juin 1944 il fait partie des 2139 hommes déportés de Compiègne à Dachau (Allemagne) dans le convoi N° I.229.
Il y reçoit le matricule N° 73598.

Source du document ci-dessus: Mémorial annuaire des Français de Dachau.

Le KL Dachau est situé en Bavière à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Munich. C'est le premier camp de concentration créé par le IIIème Reich le 20 mars 1933, soit seulement sept semaines après l'accession d'Adolf Hitler au pouvoir. Il constitue ainsi le modèle de référence sur lequel d'autres camps ont été construits et ont fonctionné jusqu'à la fin de la guerre. 
De 1933 à 1939, 35575 détenus, des Allemands, puis des Autrichiens, des Tchèques et des Polonais, sont ainsi immatriculés au KL Dachau. A partir de 1939 des détenus provenant de tous les pays en guerre contre l'Allemagne arrivent à Dachau. A la libération trente nations sont représentées. Au total plus de 200000 déportés sont passés par Dachau et ses Kommandos. Parmi eux on trouve 12500 Français environ.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.


Source du document ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.6.2/10129265.
Dans le document ci-dessus: Verhaftet am: 15.9.42  wo: Montluçon (Allier) = Arrêté le 15.9.42  où: Montluçon (Allier).

Après la quarantaine, il reste au camp central de Dachau.

Il y est libéré le 29 avril 1945 par l'Armée Américaine et est rapatrié le 18 mai 1945.

Note: Sa condamnation à 6 années de Travaux Forcés prononcée par le Tribunal d'Etat de Lyon le 23 septembre 1943 pour "Propagande subversive, détention d'explosifs et complicité , publication d'information subversive" avait été  annulée par l'arrêt de la Chambre de Révision de la Cour d'Appel de Lyon en date du 20 décembre 1944 avec retrait du Casier Judiciaire et restitution de l'amende et des frais de justice.

Le 8 avril 1947 il épouse Jeannine COPIN à Paris (3ème).

La carte de Déporté Résistant N° 1.017.33472 lui est attribuée suivant la décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 15 mai 1962 pour ses services accomplis comme agent P 2 comptant du 12 septembre 1942 au 18 mai 1945 en qualité de chargé de mission de 3ème classe avec le grade fictif de sous-lieutenant.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 319192), il est homologué comme Résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes), de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française), des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance )  et des F.F.L. ( Forces Françaises Libres).

Suivant l'article 1er de l'arrêté du Ministère de la Défense en date du 20 avril 1990, le "Bataillon F.F.I. de la Centrale d'Eysses" est assimilé à une unité combattante pour la période du 9 décembre 1943 au 31 mai 1944.

Il décède le 2 octobre 1997 à Oulchy-le-Château (02).



Sources :

- Archives du camp de Dachau sur Ancestry.com et JewishGen.org

- Archives Départementales du Lot-et-Garonne 940 W 118

- Archives Départementales du Rhône 1035 W 2

- Archives de la famille

- Bulletin Officiel des Armées Arrêté du 20 avril 1990

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen

- Etat-civil de Strasbourg (67) et de Paris (3ème)

- Noguères Pierre Histoire de la Résistance en France Tome 2  Robert Laffont 1969

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial annuaire des Français de Dachau  Amicale des Anciens de Dachau  1987

- Service Historique de la Défense GR 16 P 319192

- Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.6.2/10129265, 1.1.6.7/106765503,


 
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