Err

Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
MATARASSO Jacob dit Jacques
 
Nous sommes à la recherche d'une photo.

est né le 24 octobre 1896 à Salonique (Grèce). Son père Sabety est épicier et sa mère  Rachel née COHEN est sans profession.

Il arrive en France en 1912 pour faire ses études.

Selon un rapport de police " Engagé volontaire pour la durée de la guerre il a fait toute la campagne 14-18 et est en possession de la Carte du Combattant N° 434707". Il est titulaire de 4 citations.

Il est domicilié au N° 12, rue Linné à Paris (5ème) et exerce le métier d'électricien quand il  épouse Victoria née KAMHI le 24 mars 1924 à Paris (5ème). Ils n'ont pas d'enfant. Ils arrivent à Vichy (03) le 15 juin 1935 venant de Flers-sur-Orne (Orne) et sont  domiciliés 24, rue de Provence à Vichy. Ils ouvrent un magasin de  confection pour dames (lainages et nouveautés) au Palais du Commerce 13, Passage de l'Elysée à Vichy.

Ils sont inscrits sous le N° de gestion 10711 au Registre du Commerce et des Sociétés de Cusset (03) à compter du 6 mai 1935.

Ils se font recenser à Vichy en tant que Juifs étrangers conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 de l'Etat Français.



Source du document ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1.

Par arrêté du 10 janvier 1942 de Xavier Vallat paru au Journal Officiel de l'Etat Français N° 61 du 12 mars 1942 page 999, leur magasin est placé sous séquestre et confié à un administrateur provisoire.


Source du document ci-dessus: Bibliothèque Nationale de France sur site Internet Gallica.

Jean-Pierre AZÉMA et Olivier WIEVORKA expliquent l' "intérêt" pour l'Etat Français de  mettre les entreprises juives sous administration provisoire: « Pour rompre leur (1) influence économique supposée, Vichy, désireux d’aligner le Sud sur les mesures prises dès le 18 octobre 1940 par les Allemands, aryanise les entreprises (22 juillet 1941). Les propriétaires juifs sont dépossédés de leurs biens, confiés à des ¨¨administrateurs-gérants¨¨ qui réalisent souvent de fructueuses affaires. Pour un bien aryanisé, les services français reçoivent couramment de 10 à 15 demandes émanant de bons Français… Ces dispositions ont un but affiché : marginaliser. De fait on estime qu’à l’été 1941, plus de la moitié de la communauté se trouve privée de tout moyen d’existence ».
(1) l’influence des Juifs.
Source : Vichy, 1940-1944 Jean-Pierre Azéma Olivier Wievorka Editions Perrin 2004.

Jacob décide alors de changer de métier et fait un stage de dépanneur monteur radio chez M.Rosard Place de la Liberté à Vichy.

Son nom  figure  sur la Liste des Israélites Etrangers actuellement en résidence dans le département de l'Allier, recensement effectué par la Préfecture de l'Allier pour l'Etat Français à la date du 29 janvier 1943.


Source du document ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier Recensement 996 W 194.01.

Par contre, son nom n'apparaît plus sur la Liste des Israélites Etrangers actuellement en résidence dans le département de l'Allier, recensement effectué par la Préfecture de l'Allier pour l'Etat Français à la date du 20 mai 1943.

Source du document ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier Recensement 996 W 194.01.

La raison en est qu'il a été arrêté dans la rafle du 25 février 1943 sur son lieu de travail et est interné au camp Bignet à Montluçon (03) où sont regroupés les 13 hommes arrêtés dans le département de l'Allier. Ils sont transférés le 26 février 1943 au Camp de Gurs (Pyrénées-Atlantiques).
 
Note: Selon Serge Klarsfeld la rafle du 25 février 1943 est organisée en représailles d'un attentat commis à Paris le 13 février 1943 contre deux officiers allemands de la Luftwaffe qui décèdent des suites de leurs blessures.



Le 3 mars Victoria, l'épouse de Jacob, envoie un message et une lettre au préfet de l'Allier pour lui demander de revoir le dossier, car, écrit-elle, "D'après les renseignements qui m'ont été fournis, cette mesure ne devait pas frapper ni les sujets étrangers ayant des attaches françaises- ni les anciens combattants".

Suite au recensement du 20 mai 1943, Victoria est fichée en tant que Juive étrangère (Fiche verte).

Source du document ci-contre: Archives Départementales de l'Allier 996 W 778 W 112.


Le préfet de l'Allier transmet la demande de Victoria MATARASSO au préfet régional le ....5 avril 1943!! Lenteur administrative ou plutôt volonté délibérée de faire du chiffre ??

Arrivé le 27 février 1943 au camp de Gurs (64), il est ensuite transféré le 3 mars 1943 à Drancy. 

Source du document ci-contre: Archives Départementales des Pyrénées-Atlantiques Fiche signalétique  du Camp de Gurs non cotée.


Il est déporté le 6 mars 1943 de Drancy à Lublin-Majdaneck par le convoi N° 51.


Source du document ci-dessus: Mémorial de la Shoah C51_36.

Dans Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Serge Klarsfeld écrit à propos du convoi N° 51 du 6 mars 1943: " Il y a 959 hommes et 39 femmes. L'âge des hommes se situe entre 16 et 65 ans et la tranche d'âge la plus fournie est celle entre 37 et 49 ans. Il y a 2 enfants. (...) Le convoi a quitté la gare du Bourget/Drancy le 6 mars à 8h. 55 avec 1000 Juifs en direction de Cholm".

Lublin-Majdaneck : camp situé en Pologne au sud-est de Varsovie mis en service en octobre 1941. Comme Auschwitz, il s’agit d’un camp mixte : concentration et extermination. 247 000 détenus sont passé par ce camp. Des convois de déportés malades venant de Buchenwald, Dora, Ravensbrück, Sachsenhausen sont envoyés à Lublin début 1944 et subissent des « sélections » allant jusqu’à 100% d’extermination. Au printemps 1944, débute l’évacuation du camp sur Auschwitz, le 22 juillet les SS quittent le camp, le 24 Lublin est libéré par l’Armée Rouge.
Source : Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il décède à Lublin-Maïdanek
- le 6 mars 1943 selon l'état civil de Vichy
- le 11 mars 1943 selon le JO N° 90 du 17 avril 2009.

Selon l'article 3 de la loi  n° 85/528 du 15 mai 1985 sur les actes et jugements déclaratifs de décès des personnes mortes en déportation, c'est la date du 11 mars 1983 qui doit être retenue.

Article 3 - Lorsqu'il est établi qu'une personne a fait partie d'un convoi de déportation sans qu'aucune nouvelle ait été reçue d'elle postérieurement à la date du départ de ce convoi, son décès est présumé survenu le cinquième jour suivant cette date, au lieu de destination du convoi.

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Secrétariat d'Etat à la Défense en date du 27 février 2009 paru au Journal Officiel N°90 du 17 avril 2009.


Sources:
- Archives Départementales de l'Allier 756 W 1, 996 W 194.01, 1799 W 2631-15/107, 996 W 778 W 112,

- Archives Départementales des Pyrénées-Atlantiques Camp de Gurs 72 W, 77 W,

- Archives du Greffe du Tribunal de Commerce de Cusset N° 10711

- Bibliothèque Nationale de France sur site Internet Gallica

- Centre de Documentation Juive Contemporaine C51_36

- Etat civil de Paris (5ème) et de  Vichy (03)

- Klarsfeld Serge Mémorial de la Déportation des Juifs de France 1978

- Klarsfeld Serge Liste des transferts à Gurs

- MemorialGenWeb  site Internet
 
© AFMD de l'Allier