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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
  FRENKEL Walter

Archives de la famille

est né le 24 février 1904 à Vienne (Autriche). Il est le fils de Max et de Clothilde née FRUCHTER.

Photo de Walter Frenkel en 1942. Source: Archives de la famille.

En décembre 1932 il quitte Vienne définitivement pour aller à Milan (Italie) diriger la succursale d'une usine qui fabrique des vêtements de pluie. Le 30 mai 1935 il y épouse une danseuse non juive, Maria Margherita SCHINDLER surnommée Grete. Ils ont un fils George surnommé Jojo.

Suite à la promulgation de lois antisémites dont un préavis de 6 mois aux Juifs étrangers pour quitter le territoire italien, il part de Milan avec son épouse et son fils et vient s'installer à Néris-les-Bains (03) le 17 décembre 1938. Etant asthmatique selon la famille, il est possible qu'il ait choisi Néris-les-Bains pour s'y soigner. Ils résident d'abord à la Villa Amélie, puis la Villa Jeanine située dans la rue Gergovia.

Photo de Walter en 1928. Source: Archives de la famille.

Archives de la famille

Il est arrêté le 29 juillet 1940 parce que de nationalité ex-autrichienne, donc allemande, et est interné au camp de Frémont à Vallon-en-Sully (03).

La raison ne lui en sera jamais communiquée, mais il apparaît que la France avait peur que parmi tous les réfugiés se soient glissés des agents allemands de la Cinquième Colonne. Le chef du camp est un militaire, le lieutenant de réserve NOBLET qui a sous ses ordres un détachement de troupe. Plus de 480 personnes y sont détenues.

Il en est libéré le 8 août 1940 après avoir signé une déclaration selon laquelle il n'a
"aucune réclamation à formuler".


Source du document ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier Mcc2.

Walter FRENKEL se fait recenser à Néris-les-Bains en tant que Juif étranger conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 promulguée par l'Etat Français.

Source du document ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1.

Le 20 mai 1942 paraît la circulaire ministérielle qui interdit "aux Juifs français ou étrangers de résider dans les départements de l'Allier et du Puy-de-Dôme".

Le 7 octobre 1942 il fait l'objet de l'arrêté d'éloignement N° 949 des services de la préfecture. Il lui est interdit de séjourner dans le département de l'Allier ainsi que dans celui du Puy-de-Dôme, trop proche de Vichy où se trouve le gouvernement de l'antisémite PÉTAIN.

Il envisage alors en octobre 1942 d'émigrer en Equateur par l'intermédiaire de la HICEM à Marseille.

Note: La HICEM est une organisation juive qui s'occupe d'émigration.

Le 24 novembre 1942 l'U.G.I.F. (Union Générale des Israélites de France) lui écrit qu' "il n'y a plus de possibilité pour le moment d'obtenir des visas de sortie".

Son nom ne figure pas dans le recensement réalisé en application des lois du 9 novembre 1942 (interdiction pour le Juif étranger de quitter la commune où il réside) et du 11 décembre 1942 (apposition du tampon "Juif" sur la carte d'identité). La raison en est sans doute qu'il déclare que son épouse, son fils et lui-même sont Protestants.

Walter FRENKEL a dû déposer une demande de sursis à l'arrêté d'éloignement N° 949. Car le 11 mars 1943 le commissaire central de police de Montluçon rédige une notice individuelle concernant Walter FRENKEL . En conclusion de son enquête le commissaire estime que « L'intéressé n'exerçant aucune profession et rien ne justifiant son maintien à Néris-les-Bains, (…) la mesure d'éloignement prise à son encontre doit être maintenue».

A-t-il obtenu un sursis? A-t-il quitté l'Allier pour se faire oublier et y est-il retourné quelque temps après? Le fait est qu'il est arrêté le 30 mai 1944 à Néris-les-Bains et est interné à Montluçon, puis à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03)

Le 15 juillet 1944 il est transféré de Moulins à Drancy avant de faire partie des 1300 personnes déportées le 31 juillet à Auschwitz dans le convoi N° 77.

Source du document  ci-dessus : Mémorial de la Shoah C77_18.

Source du document ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen   1.1.9.9 / 11191131.

Dans Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Serge Klarsfeld écrit à propos du convoi N° 77: " Le nombre des déportés était de 1300. Ce convoi 77 (...) entraîne vers les chambres à gaz d'Auschwitz plus de 300 enfants de moins de 18 ans. (...) 291 hommes furent sélectionnés avec les matricules B 3673 àB 3963; de même pour 283 femmes (A 16457 à A 16739). Il y avait en 1945 209 survivants dont 141 femmes".

Il va être sélectionné pour le travail et recevoir le matricule N° B-3760 tatoué sur son avant-bras gauche. Il est ensuite transféré au camp de concentration de Stutthof.

Le KL Stutthof est situé en Prusse Orientale sur un terrain marécageux à 36 km à l'est de la ville de Dantzig et au niveau de la mer à 3 km de la baltique. On y retrouve de nombreuses nationalités.
Les déportés juifs arrivent en nombre ensuite, surtout en 1944, et à partir du mois de juillet ils représentent 70 % des détenus.
L'épidémie de typhus qui éclate durant l'hiver 1944-1945 ainsi que l'évacuation du camp devant l'approche de l'Armée Rouge le 25 janvier 1945 contribuent au développement d'une forte mortalité.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il est évacué du camp de  Stutthof et est transféré au Kommando d'Echterdingen dépendant du KL Natzweiler.

Echterdingen: Ce camp, baptisé « Echterdingen-Bernhausen », était situé en bordure du terrain d'aviation de Stuttgart, et ne dura que de novembre 1944 à janvier1945. Créé pour héberger des travailleurs devant remettre en état la piste d'atterrissage détruite par les bombardements, et placé sous l'administration de l'OrganisationTodt, il reçut en tout 600 détenus juifs, venant du camp de Stutthof, près de Danzig.
Les travaux de terrassement très durs (creusement de hangars souterrains pour avions, travail dans les carrières) coûtèrent la vie à 119 d'entre eux.
Source: Le Patriote résistant, mensuel de la FNDIRP N° 848 décembre 2010.

Il y reçoit un nouveau matricule, le N° 43021. Le 21 janvier 1945 il est transféré au Kommando d' Ohrdruf.

Ohrdruf: Kommando du KL Buchenwald. Créé administrativement par les SS le 6 novembre 1944, il est situé à 70 kilomètres au sud-ouest de Weimar en Thuringe. Le complexe d'Ohrdruf comprend cinq Kommandos installés sur un très vaste terrain militaire. A partir du mois d'août 1944 les détenus sont employés à des travaux de terrassement en vue de l'installation souterraine, entre autres, de l'Etat-Major de la Wehrmacht, de la réserve d'or de la Reichsbank, ainsi que d'une rampe de lancement d'armes secrètes. Au total, ils ont été près de 20000. Plus de 10000 sont évacués vers Buchenwald.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Selon les travaux de recherches effectués pour la famille par l'International Tracing Service à Bad Arolsen, il est ensuite transféré au camp de concentration de Dachau où il décède à l'infirmerie en mars 1945 du typhus.



Source du document ci-dessus : Service International de Recherches d’Arolsen  106595984.


Selon le JO N° 94 du 21 avril 2013 il est déclaré "Mort en déportation" le 5 août 1944 à Auschwitz (Pologne).

Son nom figure sur la plaque des "Morts en déportation" à Néris-les-Bains.

Cette plaque au Monument aux Morts de Néris-les-Bains a été réalisée suite aux recherches de l'AFMD de l'Allier. Elle a été dévoilée le 8 mai 2008 par Monsieur Jean-Claude DE PIN, maire de Néris-les-Bains, Madame Maud LORCH et Madame Colette BOURGOIGNON, vice-présidente de la section Montluçon-Commentry de la FNDIRP. Nous remercions la municipalité de Néris-les-Bains pour son engagement pour la mémoire de la Déportation.

Photo: AFMD de l'Allier

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W1, 756 W 1 , 996 W 15.3, 996 W 208.03, 740 W 3, 1289 W 11.2, 996 W 123.02, 996 W 194.01, Mcc2,

- Archives de la famille

- Centre de Documentation Juive Contemporaine C77_18

- Klarsfeld Serge Liste des transferts à Drancy du 15 juillet 1944

- Klarsfeld Serge  Mémorial de la Déportation des Juifs de France 1978

- Mémorial de le Shoah/CDJC. Coll. Communauté Israélite de Vichy CMLV 15.

-
MemorialGenWeb site Internet

- Service International de Recherche d'Arolsen   1.1.9.9 / 11191131,    106595984,

- Yadvashem.org Feuille de témoignage

Avec nos remerciements et notre gratitude à Thomas Fischer Weiss pour sa biographie de Walter Frenkel Le destin de Walter Frenkel


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