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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

BEROUD née BOSCH Joséphine

Nous sommes à la recherche d'une photo et de renseignements complémentaires.

est née le 12 janvier 1905 au domicile de ses parents au 32, rue Anna Bibert à Tarare (69). Son père Esteban Pedro et sa mère Francisca Ana née FRAU sont marchands de comestibles.

Le 3 juin 1926 elle épouse Claudius Antoine BEROUD à Tarare.

Commerçante domiciliée 36, avenue Gambetta à Roanne (42) et résistante elle est agent de liaison P2 du réseau "Brutus" de septembre 1942 à avril 1945 avec le pseudonyme  de PEPE en qualité de chargé de mission de 3ème classe  et le grade correspondant de sous-lieutenant à titre fictif.

Selon les renseignements qu'elle fournit concernant sa résistance, elle est arrêtée par la Gestapo en service commandé le 26 février 1944 à Châtel-Montagne (03) pour transport d'armes.
 
 

Elle est internée à Roanne, puis le 27 février à Saint-Etienne jusqu'à fin mars. Elle est alors transférée au Fort de Romainville.

Document ci-contre: Fiche de Joséphine BEROUD à Romainville. Source: Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains.

Le Fort de Romainville

Ce fort militaire est situé sur la commune des Lilas en Seine-Saint-Denis au nord-est de Paris. Il accueille d'abord des prisonniers de guerre et des otages, dont certains seront fusillés au Mont-Valérien. Puis à partir de 1943 il devient l'antichambre de la déportation avant de servir de prison pour femmes en 1944.

Photographie, prise à la Libération, des casemates où étaient enfermés des détenus. Source: Les oubliés de Romainville un camp allemand en France (1940-1944) par Thomas Fontaine.

Le 6 avril 1944 elle est déportée "NN" ou "Nacht und Nebel" de la gare du Nord dans un wagon de voyageurs par le convoi N° I.200.

Procédure «Nacht und Nebel»
instaurée par le décret Keitel de décembre 1941 pour «des actes délictueux» tels que espionnage, sabotage, détention illégale d'armes, etc. Ce décret prévoit le transfert en Allemagne en vue d'un jugement dans le secret absolu. Les déportés doivent disparaître dans «la nuit et le brouillard», c'est-à-dire sans laisser de trace.

Elle arrive à Aix-la-Chapelle (Aachen) le lendemain et est transportée en voiture cellulaire à la prison.Le 11 avril un bombardement détruit une partie de la prison provoquant la panique chez les déportées. Un mois plus tard elle est transférée à Ravensbrück où elle reçoit le matricule N° 37862. Elle passe la quarantaine au Block 23.

En tant que déportée NN elle est affectée à un Block spécifique, le N° 32 et n'effectue pas de travaux à l'extérieur du camp, mais dans le camp. Les déportées NN font entre autres du terrassement, elles construisent les routes du camp.

«Armées d'une pelle, nous remplissons des wagons de sable, de mâchefer, et nous les poussons jusqu'à la route à empierrer. Là, après avoir étendu sable et mâchefer, nous arrosons abondamment, même s'il pleut, et traînons ensuite le lourd rouleau compresseur; vingt à trente femmes y sont attelées, tirant sur des cordes dans un effort surhumain qui rappelle trop hélas! l'esclavage antique».

Témoignage de Suzanne Busson et dessin de Camille Delétang dans Dans les griffes nazies.

Elle va y rester jusqu'au 2 mars 1945, date à laquelle elle est transférée ainsi que les autres déportées NN au camp de concentration de Mauthausen (Autriche). Elle reçoit le matricule N° 37819 et elle y est libérée le 22 avril 1945 par la Croix-Rouge Internationale. Elle et ses camarades de misère sont emmenées en camion et passent la frontière pour arriver à Saint-Gall en Suisse le 24 avril.


Source du document ci-dessus: Archives du Comité International de la Croix-Rouge à Genève.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 52705), elle est homologuée en tant que Résistante au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes, des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance) et des F.F.L. (Forces Françaises Libres).

La carte de Déporté Résistant N° 2.001.29535 lui est attribuée sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 24 juillet 1956.

Elle décède le 5 juin 1972 à Issy-les-Moulineaux (92).

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1,

- Archives Départementales de la Loire 112 W 84, 112 W 85,

- Archives du Comité International de la Croix Rouge à Genève

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains

- Busson Suzanne Dans les griffes nazies Editions P.Belon 1946

- Etat civil de Tarare (69)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 52705)

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