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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier

Robert POMARÈDE


Nous sommes à la recherche d'une copie de sa carte de Déporté. Nous contacter à afmddelallier@orange.fr


 

Robert Pierre POMARÈDE est né le 28 juin 1920 à Maubeuge (Nord) 50, rue de Mons. Son père Emile est employé des Postes, sa mère Elvire est sans profession.

Son père est nommé contrôleur-principal des Postes au bureau-gare de Moulins.

La famille arrive à Yzeure en 1937 et habite Rue du Champ Fromager selon l’attestation scolaire de Robert qui poursuit ses études au Lycée Banville à Moulins.

En 1939 il échoue au Baccalauréat et s’engage alors dans l’armée. 

 

Document ci-contre: Carte d'Identité Scolaire au Lycée Banville. Source: Archives de la famille.

Selon les conditions de l’Armistice signé le 22 juin 1940 à  Rethondes en forêt de Compiègne la France conserve une armée de 100000 hommes en zone libre dite Armée d’Armistice ou Armée Nouvelle dont Robert fait partie. Il est affecté au 24ème Régiment d’Infanterie à Toulouse. Cette armée sera dissoute le 29 novembre 1942 suite au débarquement allié en Afrique du Nord. Robert va être démobilisé en décembre.

 

Ci-contre : Robert de retour à la  caserne en 1942.

Source: Archives de la famille

       

La famille POMARÈDE n’éprouve aucune sympathie pour les occupants. Emile, son père, qui travaille aux PTT au bureau-gare de Moulins, est arrêté plusieurs fois et passe jusqu’à deux mois à la Mal-Coiffée pour « avoir laissé filtrer de la lumière sur les aiguillages, cibles des bombardements alliés » selon Simone, la sœur de Robert.


Jacques, l’époux de Simone,   est inspecteur de police et dispose d’un ausweis qui lui permet de passer la Ligne de Démarcation au Pont Régemortes. En effet comme un certain nombre de Moulinois en cette période de rationnement il cultive un jardin potager de l’autre côté de l’Allier. Il en profite pour passer du courrier, mais est arrêté par deux fois. Simone  se souvient « avoir accompagné sa mère à la prison pour porter de la nourriture aux deux détenus de la famille ».

Après avoir été démobilisé Robert entre d’abord aux P.T.T. comme « manipulant », puis dans la police. Devenu gardien de la paix il est nommé au Commissariat de Police du Creusot(Saône-et-Loire). Témoignage de Simone BOGARD, sœur de Robert :

« Robert supporte mal l’Occupation. Son allure volontiers provocante l’entraîne dans des escarmouches avec des officiers allemands. Gardien de la paix au Creusot il devient agent de liaison dans la Résistance. Le chef du maquis local est blessé au cours de son arrestation par la Gestapo, emmené à l’hôpital, puis à la prison du Creusot.

Robert et un de ses collègues organisent alors son évasion. Des camarades du maquis tabassent et ligotent les deux gardiens de la paix pour les couvrir. La libération maquillée en évasion semble réussie. Robert poursuit son engagement d’agent de liaison. Un mois plus tard il est arrêté et emprisonné à Chalon-sur-Saône. Une jeune fille amie de Robert et témoin de l’arrestation prévient aussitôt la famille. Les démarches seront vaines. Ce n’est que des mois plus tard qu’un codétenu donnera des nouvelles.

Sans jugement Robert est déporté. Pour ne pas avoir à travailler dans la carrière il se blesse volontairement au genou. Selon le témoignage d’un ami rescapé du camp il refuse de se soumettre. »

C’est au commissariat qu’il est arrêté par la Gestapo le 5 août 1944 ainsi que Louis SEMET, l’autre gardien de la paix. Ils sont accusés d’avoir« facilité l’évasion d’un maquisard arrêté par les Allemands » et sont internés  à la prison de  Chalon-sur-Saône, d’où ils en sont extraits le 26 août  pour être conduits en  camion militaire jusqu’à la gare de Dijon. Ils sont déportés à Natzweiler au  camp du Struthof en Alsace annexée. Ce petit convoi- référencé N° I.274 par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation- est composé uniquement de résistants, 129 au total qui sont extraits des prisons de Chalon-sur-Saône et de Dijon. A l’arrivée Robert est immatriculé  N° 24165.


Face à l'avance des troupes alliées, le camp du Struthof est évacué. Robert fait partie du premier convoi qui arrive à Dachau le 4 septembre. 


Source du document ci-dessus: Mémorial annuaire des Français de Dachau.

Il y reçoit un nouveau matricule, le N° 98972 et est affecté au kommando  de Haslach-Sportplatz.

Haslach: Kommando du KL Natzweiler situé au nord de Fribourg-en-Brisgau. Différents Kommandos y sont installés au ""Sportplatz"" et au ""Kinzigdamm"". Mais les premiers détenus, notamment ceux arrivés du KL Dachau le 16 septembre 1944, travaillent à la mine appelée "Vulkan", où ils préparent l'installation d'une usine souterraine. Beaucoup de déportés venus du camp de Schirmeck y arrivent également.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Un autre matricule lui est attribué, le N° 34463. Là il travaille à la mine où se prépare l’installation d’une usine souterraine. Les conditions de travail sont très dures et l’immense majorité de ceux qui y sont affectés soit y décèdent soit sont transférés au camp mouroir de Vaihingen.

Vaihingen: Kommando du KL Natzweiler. Au début de la guerre, Vaihingen/Enz est un camp de travail, et les détenus travaillent sur divers chantiers, mais à partir de fin 1944, le camp reçoit de plus en plus de détenus gravement malades, complètement épuisés et incapables de faire le moindre travail. Ils sont logés dans des baraques et généralement abandonnés à leur sort. Vaihingen devient ainsi un vrai camp de la mort, un mouroir terrible et impitoyable. Ce camp est situé entre Karlsruhe et Stuttgart.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

C’est là que Robert POMARÈDE  décède le 2 mars 1945 selon l’état civil de Maubeuge et le JO N° 299 du 27 décembre 2011.

Le corps de Robert fut retrouvé dans une fosse commune et identifié par la famille « grâce à une dent cassée et un phlegmon au genou » selon sa sœur. Il fut rapatrié et inhumé dans la sépulture familiale à Rivière-sur-Tarn (12).

Hommages posthumes

Son action au sein de la Résistance a fait l’objet d’une homologation le 9 septembre 1947 au titre de la Résistance Intérieure Française en tant qu’ « Isolé ». Ses services dans la Résistance Intérieure Française ont été pris en compte du 1er avril 1944 au 2 mars 1945.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 484628), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

 « Mort pour la France »

Son nom figure sur le Monument aux Morts d’Yzeure, sur la stèle au Commissariat du Creusot et sur une plaque au Lycée Banville à Moulins.

A gauche Monument aux Morts d'Yzeure. Photo: Madame Chaussard. 
A droite stèle au Commissariat du Creusot. Photo transmise par le Commissariat du Creusot.

Plaque au Lycée Banville à Moulins (03).
Photo: Marie-Elisabeth Tuncel.

Une rue près du Rond Point du Chant des Marais à Yzeure porte son nom suite à la délibération du Conseil Municipal d'Yzeure en date du 11 octobre 2007.


Photo: AFMD de l'Allier.

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Directeur Général de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 15 novembre 2011 paru au Journal Officiel N°299 du 27 décembre 2011.


Sources:

- Archives Départementales de Saône-et-Loire W 109456, 703 W 5,

- Archives des camps de Natzweiler et de Dachau sur Ancestry.com et JewishGen.org

- Commissariat du Creusot

- Déportés et fusillés du Lycée Banville AFMD de l'Allier et ODAC août 2006

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial du Lycée Banville 1939-1945 de Roger Bertrand

- Mémorial de la Résistance en Saône-et-Loire- Biographie des résistants André Jeannet

- Mémorial annuaire des Français de Dachau Amicale de Dachau 1987

- Ministère de la Défense (N° 006040 SGA/DSPRS/BTS)
 
- Office Départemental des Anciens Combattants de l'Allier

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 484628)

- Témoignage et documents transmis par sa sœur, Madame Simone BOGARD

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