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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
MATHIEU François
 
 

est né le 17 février 1898 au domicile de ses parents au Riz Moran à Rocles (03). Son père Jean-Louis et sa mère Gabrielle née MATHONAT sont agriculteurs.

Incorporé le 4 mai 1917 au 2ème Groupe d'Aviation il est envoyé «aux armées» du 24 septembre 1917 au 23 octobre 1919. Il est démobilisé le 15 juin 1920.

Source de la photo: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.


Le 14 février 1924 il épouse Jeanne NOËLLE à Moulins (03). Ils sont domiciliés 18 rue de l'Ouest à la Cité Dunlop à Montluçon (03) et ont trois enfants. Il est mouleur sur métaux aux Hauts Fourneaux de Montluçon.

Il adhère au Parti Communiste en 1932 jusqu'à sa dissolution et est chef de la cellule des Hauts Fourneaux. Il est syndiqué à la CGT -Métaux de 1934 à 1939.

En 1933 il se présente aux élections municipales de Montluçon sous le parrainage du Parti Communiste, mais n'est pas élu.

En septembre 1939 il est affecté spécial aux Hauts Fourneaux de Montluçon (03) et est démobilisé comme affecté spécial le 13 août 1940.

Il adhère au Front National de Lutte pour la Libération et l'Indépendance de la France d'obédience communiste en 1941, il entrepose et diffuse des journaux et tracts du Front national dans le secteur de Montluçon.
Il est arrêté dans la rafle massive du 8 janvier 1942.

«Le 8 janvier 1942 les services de Police Judiciaire de Vichy ont procédé à Montluçon à une vaste opération au cours de laquelle 122 personnes furent arrêtées ou interrogées.(...) Agissant en vertu d'une réquisition en date  du 7 janvier 1942 de Monsieur le Préfet du Département de l'Allier, requérant M. Le Commissaire Divisionnaire de Police Judiciaire et ses délégués d'effectuer toute perquisition utile en vue de découvrir tout complot portant atteinte à la Sûreté de l'Etat" selon une note de renseignements en date du 7 janvier 1955.

François MATHIEU est arrêté par la police française sur son lieu de travail sur dénonciation d'un agent infiltré et «accusé d'avoir distribué des tracts résistants contre le gouvernement de Vichy » selon le liquidateur du Front National.

Il est interné sur arrêté du préfet de l'Allier  le 14 janvier 1942 à Nexon (87). Il obtient une permission du 5 au 7 juillet 1942, puis il est transféré le 12 août 1942 à Saint-Paul-d'Eyjeaux (87).

Pour le 1er mai 1943, l'Union Locale des Syndicats Chrétiens intervient auprès du Préfet de l'Allier pour lui demander "d'examiner avec toute la bienveillance possible le cas de camarades ayant agi dans un moment d'égarement" et suggère de libérer certains camarades, dont Robert GIRAULT, François MATHIEU et Georges CHABRIDON, ce qui aurait "une répercussion heureuse dans la classe ouvrière montluçonnaise et aiderait grandement à faire naître un climat de collaboration et de confiance si nécessaire à l'heure actuelle".

Le Commissaire Principal Chef des Renseignements Généraux de l'Allier estime que François MATHIEU "ne doit pas encore faire l'objet d'une mesure de clémence", car il "n'a jamais caché ses idées communistes et, au cours de son interrogatoire, il a déclaré que ses sympathies vont au P.C., pour lequel il recommencera de militer dès que son existence sera redevenue légale".

François MATHIEU se sera pas libéré, mais transféré au camp de Saint-Sulpice-la Pointe (81).

Le 30 juillet 1944 les autorités françaises vident le camp de Saint-Sulpice-la-Pointe de ses occupants et les remettent aux Allemands. Les détenus sont déportés de Toulouse à Buchenwald dans le convoi N° I.252 qui met sept jours pour arriver à destination. Dans le contexte d'évacuation précipitée sont mélangés les déportés par mesure de répression (résistants, politiques, otages) et déportés par mesure de persécution (Juifs, hommes, femmes et enfants).

François MATHIEU reçoit le matricule N° 69890 et après la quarantaine il est transféré le 17 septembre  au Kommando de Witten-Annen.

Witten-Annen: Kommando du KL Buchenwald. Situé dans la Ruhr, à quelques kilomètres de Bochum, ce Kommando ouvert en septembre 1944 travaille pour la firme AGW à la fabrication de pièces d'armement (blindages). Près de 600 détenus s'y trouvent en janvier 1945.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Selon sa déclaration il est évacué le 1er avril 1945  vers Lippstadt et libéré par les troupes américaines.

Il est rapatrié le 25 avril 1945.

Le 26 octobre 1949 lui est attribué le Certificat d'Appartenance à la Résistance Intérieure Française avec le grade fictif de sergent.

Il adhère à l'Association des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de l'Allier.

La carte de Déporté Politique lui est attribuée le 13 novembre 1953.


 


Source du document de gauche: Archives de l'Association des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de l'Allier.

Source du document de droite: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

Il décède à Désertines (03) le 10 décembre 1993.
 

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, 1 R 1918.919.424, 1289 W 7, 778 W 7.4, Police Politique Opposition au Régime de Vichy Communisme Répression 1940-1944, 996 W 63.01,
 
- Archives Départementales de la Haute-Vienne 1621 W 2, 1621 W 14, 1621 W 60,
 
 - Archives Départementales du Tarn 493 W 141  et  493 W 48 (transmis par Jean-Philippe Lantes)

- Archives de l'Association des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de l'Allier

 - Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Etat civil de Rocles (03)

- Fallut Robert Naissance de la Résistance armée en Allier http://perso.orange.fr/Robert.Fallut

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos
 
- Office Départemental des Anciens Combattants de l'Allier
 
 
 
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