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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

FRIEDLÄNDER née GLASER Elli
 
Nous sommes à la recherche d'une photo.

est née le 23 avril 1905 à Rokytnice (Tchécoslovaquie) de Justin et Cécile née SCHUK. Elle épouse Jan FRIEDLÄNDER. Ils ont un fils Pavel né à Prague  le 11 octobre 1932.

Suite à l'annexion de la Tchécoslovaquie en avril 1939, la famille quitte Prague en train pour se réfugier à Paris le 2 avril avec l'intention d'aller s'établir en Palestine. Ils sont domiciliés 15, rue Montyon dans le 9ème arrondissement.

Le 10 juin 1940 elle quitte Paris pour Néris-les-Bains (03), ville d'eaux qui, grâce à ses hôtels, villas et pensions, peut accueillir non seulement les curistes, mais aussi les réfugiés.

La famille s'installe 1, route de Clermont à Néris-les-Bains.
 
La possibilité d'émigrer en Palestine s'estompant, ils reportent leurs espoirs sur le Canada. Selon leur fils « dans l'espoir d'obtenir un visa canadien, (Jan) partit pour Aurillac afin de s'initier à un métier très recherché au-delà de l'Atlantique: la fabrication des fromages». Pendant ce temps Elli fait un stage d'esthéticienne et Pavel est placé dans une maison de l'OSE à Montmorency dans la banlieue parisienne.

Pour survivre Elli donne des soins de beauté et fait des ménages. En juillet 1942 après la Rafle du Vel'd'Hiv, Pavel est placé par ses parents dans une maison de l'OSE à La Souterraine dans la Creuse.

Selon son fils Jan souffre d'un ulcère. Il doit être hospitalisé à Montluçon par deux fois: du 7 au 13 août 1942 et du 23 août au 25 septembre 1942. Considéré comme intransportable il échappe -ainsi que son épouse- à la rafle du 26 août 1942 qui est le pendant en Zone Libre de la Rafle du Vel'd'Hiv.

Le 28 septembre 1942   Elli et Jan FRIEDLÄNDER tentent de passer clandestinement en Suisse à Novel (74), mais ils sont refoulés par la police helvète qui les remet à la brigade de gendarmerie de Saint-Gingolph (74). Elli FRIEDLÄNDER est alors transférée au "Centre d'Hébergement" de Rivesaltes (66) où elle arrive le 2 octobre.

 

Fiche d'Elli FRIEDLÄNDER au Camp de Rivesaltes. Source: Archives Départementales des Pyrénées Orientales 1260 W 10.

Il faut remarquer que le camp de Rivesaltes est qualifié ici de «Centre d'Hébergement» ou parfois de «Camp de Regroupement Familial». Ces qualificatifs sont révélateurs de l'ignominie de l'administration du camp et du Gouvernement de Pétain, car les conditions de vie y étaient effroyables, la mortalité, en particulier infantile, y était supérieure aux autres camps. Quant au «Regroupement Familial» il s'agissait en réalité de faire en sorte que tous les membres de la même famille soient regroupés pour qu'aucun n'échappe à la déportation.

Rivesaltes a été un «camp de la honte» pour reprendre l'expression d'Anne GRYNBERG à un point tel qu'il fermera fin novembre 1942.

Elli FRIELÄNDER et son époux font partie du convoi du 5 octobre 1942 dirigé sur Drancy.

Le 3 novembre 1942 elle est déportée de Drancy à Auschwitz par le convoi N°40.

Document ci-dessus extrait de la liste du convoi N° 40. Source: Mémorial de la Shoah C 40_7.

Dans Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Serge Klarsfeld écrit à propos du convoi N° 40: " Le convoi compte 468 hommes, 514 femmes et 18 indéterminés; environ 200 enfants sont parmi les partants. (...) A leur arrivée à Auschwitz le 6 novembre, 269 hommes furent sélectionnés pour le travail et reçurent les matricules 73219 à 73482. (...) 92 femmes reçurent les matricules 23625 à 23716; aucune d'entre elles n'a survécu. Lereste du convoi, 639 personnes, fut immédiatement gazé".

Elle décède au cours de la Shoah selon Yad Vashem.

Son nom figure sur la plaque des "Morts en déportation" à Néris-les-Bains.

Cette plaque au Monument aux Morts de Néris-les-Bains a été réalisée suite aux recherches de l'AFMD de l'Allier. Elle a été dévoilée le 8 mai 2008 par Monsieur Jean-Claude DE PIN, maire de Néris-les-Bains, Madame Maud LORCH et Madame Colette BOURGOIGNON, vice-présidente de la section Montluçon-Commentry de la FNDIRP. Nous remercions la municipalité de Néris-les-Bains pour son engagement pour la mémoire de la Déportation.

Photo: AFMD de l'Allier.

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du 26 octobre 2016 de la Directrice Générale de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 26 octobre 2016 paru au Journal Officiel de la République Française N° 0289 du 13 décembre 2016.


 Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 756 W 1, 96 W 778 W 15.3, 15.04, 123.02,

- Archives Départementales des Pyrénées-Orientales 1260 W 10, 1260 W 101,

- Archives de l'Hôpital de Montluçon (03)

- Centre de Documentation Juive Contemporaine

- Friedländer Saul Quand vient le souvenir … Le Seuil septembre 1998

- Klarsfeld Serge  Mémorial de la Déportation des Juifs de France FFDJF 2008

-
yadvashem.org

 
 
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