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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

LOPEZ RODRIGUEZ Félix

Félix LOPEZ RODRIGUEZ

Félix LOPEZ RODRIGUEZ est né le 4 mai 1912 à Mazarron (Murcie) en Espagne. Il est le fils de Francisco et de Carmen née RODRIGUEZ. Son père est mineur de fond.

Avant la guerre civile, il est célibataire, marbrier et responsable syndical C.N.T. (Confédération Générale du Travail).

Pendant la guerre civile, il est sergent dans les transmissions et, avec la défaite des Républicains, il suit une division d'anarchistes qui se replie vers la France au cours de la Retirada.

Source de la photo: Archives de la famille.


Il entre en France et est interné dans les camps  d'Argelès (66) et de Saint-Cyprien (66). Le 25 septembre 1939 il s'engage à Agde (34) à la 40ème Compagnie de T.E. (Travailleurs Etrangers) pour des travaux destinés à la Défense Nationale: d'abord, des fortifications dans les Alpes, puis il est envoyé derrière la Ligne Maginot. Soldat dans l'armée française, il est fait prisonnier à Saint-Dié (88) le 22 juillet 1940 par les troupes allemandes et conduit au Stalag de Strasbourg où il est resté jusqu'au 13 décembre 1940 en tant que prisonnier de guerre N° 2711.

Le 13 décembre 1940, il part de Strasbourg comme déporté politique et arrive le 15 décembre à Mauthausen où il reçoit le matricule N° 4953. Au début, il travaille à la carrière, à extraire et à casser des pierres. Puis, un jour les S.S. demandent des spécialistes; il est engagé comme marbrier, ce qu'il faisait en Espagne.

Il bricole «au noir» des objets qu'il vend ou troque contre de la nourriture ou des médicaments afin d'aider les plus faibles. Malheureusement il est dénoncé, battu, laissé pour mort et chargé sur la charrette.

Mais il est sauvé par ses collègues de la Résistance qui le nourrissent pendant 15 jours et le font affecter à la laverie, où il reste jusqu'à la fin.
 
Ci-contre:  
"Ficha de trabajo el ultimo ano en Mauthausen trabajando al lavadero "  Für Felix Lopez
"Fiche de travail la dernière année à Mauthausen à la laverie"

 Source du document: Archives de la famille.
Consignes pour laver le linge


Il existe à Mauthausen un Conseil Général de la Résistance Intérieure qui fonctionne avec un responsable de chaque nationalité: russe, français, espagnole et yougoslave.

Au sein de la Résistance Intérieure espagnole, Félix est responsable d'un groupe de cent hommes et participe à une première libération du camp en désarmant les soldats allemands. Quand, en arrivant à Mauthausen le 5 mai, les Américains voient que le camp est libéré, ils s'en vont. Les S.S. tentent alors de reprendre le camp, mais ils doivent faire face à la Résistance Intérieure qui livre bataille pendant trois jours jusqu'à ce que les Américains reviennent pour de bon.
En tant que responsable du Groupe N° 4  il va ensuite s'occuper de l'organisation et du ravitaillement du camp.

Archives de la famille                                        

Source du document: Archives de la famille. Traduction: Isabelle Martinez.
  
Libéré le 5 mai 1945  il reste en tant que délégué du groupe N° 4 au camp de Mauthausen pour surveiller l'évacuation de ses camarades et veiller à ce que cette évacuation se passe bien. Il est ensuite rapatrié en train jusqu'à la frontière française, puis en camion jusqu'à Paris où il passe à l'Hôtel Lutetia le 17 juin 1945. 

 
Source des documents ci-dessus: AFMD 75.

Carte de rapatrié. Archives de la famille
Source du document ci-dessus: Archives de la famille.

Attestation. Archives de la famille

Source: Archives de la famille.

Attestation signée par quatre organisations ou partis espagnols.

Traduction: Françoise Daniel

P.S.O.E. = Parti Socialiste Ouvrier Espagnol                                        P.C. = Parti Communiste

C.N.T. = Confédération Nationale du Travail                                       I.R.= Isquierza Republicana



Archives de la famille
 
 

De retour en France il cherche à rejoindre son frère Antonio qui est resté dans l'Allier plus exactement au G.T.E. (Groupe de Travailleurs Etrangers) de Saint-Pourçain-sur-Sioule (03). Felix LOPEZ est alors assigné à résidence à Saint-Pourçain-sur-Sioule et doit se présenter régulièrement au Bureau du Contrôle du Rapatriement à Moulins (03).

Source du document ci-contre: Archives de la famille.


Le 13 juin 1961 il épouse Otilia née SIRACH VALLESPI à Saint-Pourçain-sur-Sioule.


Il adhère à l'Association des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de l'Allier.

La carte de Déporté Politique N° 1.199.33369 lui est attribuée sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 28 janvier 1970.


Source du document de gauche: Archives de l'Association des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de l'Allier.

Source du document de droite: Archives de la famille.

Il décède le 8 janvier 1999 à Saint-Pourçain-sur-Sioule et est inhumé à Monteignet-sur-l'Andelot (03).

 Sources:

- Archives de la famille

- Archives de l'Association des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de l'Allier

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Etat-civil de Saint-Pourçain-sur-Sioule (03)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

 
 
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