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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

POIRIER Louis Georges Henri

Archives de la famille

est né le 3 décembre 1909 au domicile de ses parents à Vendoeuvres (36). Son père Henri est médecin et sa mère Rosalie née DURAND est institutrice.

Engagé le 12 décembre 1928 il est libéré le 8 février 1929. Rappelé le 2 septembre 1939 il est démobilisé le 18 juillet 1940.

Ouvrier chez Dunlop à Montluçon il décide de reprendre ses études.

Source des photos ci-contre et ci-dessous: Archives de la famille.


Le 27 décembre 1934 il épouse Adrienne GAUTIER à Chambon-sur-Voueize (23). Ils ont un fils Yves né le 14 août 1936 à Neuvy-sur-Barangeon (18).

 

Il devient directeur du Centre d'Orientation Professionnelle de Lapalisse au Centre de Jeunes à Lapalisse (03).

Photo ci-contre: Louis POIRIER avec son épouse Adrienne et leur fils Yves en 1943 au Centre d'Apprentissage de Lapalisse dont on voit des bâtiments en arrière-plan.

Archives de la famille
 
Il s'agit d'un centre d'apprentissage avec des ateliers mécanique et menuiserie qui est aussi surnommé «Le Camp». En effet des militaires y sont présents et il est placé sous la tutelle de De LATTRE de TASSIGNY. Un lever des couleurs a lieu chaque matin.
 
 
Archives de la famille Archives de la famille
Source des photos ci-dessus: Archives de la famille.

Il fait partie des 26 hommes arrêtés le 10 mars 1943 dans la rafle organisée par le chef de la Gestapo de Vichy Hugo GEISSLER à Lapalisse en représailles après le refus de ces hommes d'aller travailler sur le terrain d'aviation de Périgny (03). Ils étaient requis pour aller creuser des tranchées destinées à empêcher les avions alliés de se poser sur le dit terrain. Parmi les requis, se trouve le milicien Jean MENTEUR qui refuse de participer aux travaux. Les requis vont alors manifester devant  le domicile de MENTEUR et refuser à leur tour de travailler pour les Allemands.

Selon la famille, il est arrêté sur dénonciation pour son engagement dans la Résistance. Des armes auraient été cachées dans le vide sanitaire sous les baraquements que l'on voit sur les photos.

Interné à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03), il est transféré le 27 mai à Compiègne. Il est déporté le 25 juin 1943 de Compiègne à Buchenwald où il arrive le 27 juin dans le convoi N° I.110.


Source du document ci-dessus: Service International de Recherches d'Arolsen 6845030.

Il y reçoit le matricule N° 14531. Après la quarantaine il est envoyé au Kommando de Karlshagen/Peenemünde sur l'île de Usedom sur la Baltique. Ce Kommando est administré par le camp pour femmes de Ravensbrück.

Karlshagen / Peenemünde: Kommando du KL Buchenwald. En 1935, l'Allemagne décide d'installer une base spéciale pour son programme sur les fusées. Un site approprié est acheté en 1936 dans la partie nord de l'île d'Usedom, sur la Baltique. Dès septembre 1939, 3000 personnes travaillent à Peenemünde alors que la guerre impose très vite un développement important du montage des fusées A4. Avec celui de Peenemünde, les sites de Friedrichshafen depuis fin 1941, et Wiener Neustadt, en mars 1943, sont utilisés dans ce but. Tous ont recours à la main-d'œuvre concentrationnaire. La base de Peenemünde, à compter du 1er juin 1943 et pour préserver le secret de la production, prend le nom "d'Heimat-Artillerie Park 11" (HAP), que l'on situe à Karlshagen, un village au sud de l'île.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.


Cette usine où sont fabriquées les fusées A4 va être bombardée par les Anglais dans la nuit du 17 au 18 août 1943. Les nazis décident alors d'enterrer leurs usines. Il va être renvoyé à Buchenwald d'où il est transféré au Tunnel de Dora. Un nouveau matricule lui est attribué, le N° 22952.

Source du document ci-contre: Service International de Recherches d'Arolsen 2693747.
Dora: Ce camp dépend à l'origine du KL Buchenwald qui n'est situé qu'à environ 80 km. Il a été créé en septembre 1943 pour accueillir dans ses tunnels l'usine de Peenemünde bombardée par la RAF le 17 août 1943. Les déportés travaillent en deux équipes de douze heures. Ils creusent des galeries dans des conditions abominables. Ils restent six mois sans voir le jour et couchent à même le sol. La mortalité est très élevée. Dora devient autonome en octobre 1944.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Au début les conditions sont terribles: pas d'eau, pas de toilettes, pas d'endroit où coucher, peu d'air. 12 heures de travail de jour comme de nuit. De toute façon, il fait toujours nuit dans le tunnel.

Il décède - le 15 janvier 1944 à Dora selon l'état civil de Vendœuvres et le JO N° 22 du 27 janvier 1998
               - le 29 janvier 1944 selon le Service International de Recherches d'Arolsen.
 
 
Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 483565), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française).

Pourtant c'est la carte de Déporté Politique N° 1.163.0141 qui  lui est attribuée à titre posthume sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 26 juin 1953.

Source du document ci-dessus: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Secrétariat d'Etat aux Anciens Combattants en date du 3 novembre 1997 paru au Journal Officiel N° 22 du 27 janvier 1998.


 

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, 1289 W 91,

- Archives de la famille

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Etat civil de Vendœuvres (36)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- MemorialGenWeb  site Internet

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 483565)

- Témoignage d'Eugène Laurent déporté N° 14537 à Buchenwald

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