Err

Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
PETRUSCHKA Max Hermann

Nous  sommes à la recherche d’une copie de sa carte de Déporté. Contactez-nous : afmddelallier@orange.fr


est né le 5 décembre 1891 à Leipzig (Allemagne). Il est le fils de Moses et Betty née KATZ. Il épouse  Zlata Enta  RICHTER  et ils ont une fille, Marion.
 
Il tient un magasin de tissus en gros à Leipzig avant d'être expulsé et de quitter l'Allemagne le 5 juillet 1939 avec sa femme et sa fille.  Ils se réfugient à Paris, puis le 14 juin 1940 au Mayet-de-Montagne (03) où la famille trouve à se loger d'abord chez les MORANDI, puis chez les COMOLI au lieudit Buisson. Les COMOLI occupent le rez-de-chaussée et les PETRUSCHKA le premier étage.

La famille se fait recenser au Mayet-de-Montagne en tant que Juifs étrangers conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 promulguée par l'Etat Français.

Source de la photo: yadvashem.org.
 
Source du document ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1.

 
Photo ci-contre: Villa Comoli. Source: Famille Comoli. Remerciements.
 
Par décret du préfet de l'Allier en date du 14 février 1942 notifié le 24 février, la famille  est assignée à résidence au Mayet-de-Montagne avec obligation de se présenter au contrôle hebdomadaire à la brigade de gendarmerie du Mayet-de-Montagne.
 
Ci-dessous à gauche: Archives de la famille.
Ci-dessous à droite "liste des individus en résidence surveillée dans l'Allier". Source: Archives Départementales de l'Allier 1218 W 3.
 
Villa Comoli. Archives de la famille Comoli.
 

Etant alité et intransportable Hermann PETRUSCHKA -et sa femme-  échappe à la rafle du 26 août 1942. Selon le rapport du Commissaire Spécial des Renseignements Généraux de Vichy «En ce qui concerne la famille PETRUSCHKA, israélites polonais, de Mayet de Montagne, Herman, atteint de maladie de cœur, alité depuis quelques jours à la suite d'une crise grave, n'a pu être ramassé en raison de son état de santé. La mère a été laissée à son chevet pour le soigner. Sa fille, âgée de 17 ans, PETRUSCHKA Marion, née le 9 janvier 1925 à Leipzig, juive polonaise, a donc été seule ramassée de la famille». A Saint-Pourçain-sur-Sioule (03) au cours du transfert au Camp du Textile à Prémilhat (03) Marion va simuler une crise de nerfs et est envoyée à l'Hôpital de Montluçon du 25 août jusqu'au 29 septembre 1942, ce qui lui permettra d'échapper à la déportation.


Source des documents ci-dessus: Archives de l'Hôpital de Montluçon.

 
Hermann PETRUSCHKA est raflé le 25 février 1943 au Mayet-de-Montagne «en vertu du télégramme de M. le Préfet de l'Allier en date du 24 février 1943». Selon une note des Renseignements Généraux il semblerait que son épouse Zlata et sa fille Marion aient été arrêtées. Elles seront relâchées, car cette rafle ne concerne que les hommes.

Selon Serge KLARSFELD les convois 50 et 51 des 4 et 6 mars 1943 ont été constitués en représailles d'un attentat commis le 13 février 1943 à Paris contre deux officiers allemands de la Luftwaffe qui décèdent des suites de leurs blessures.

Le 15 février 1943 Ernst ACHENBACH., chef de la section politique de l'Ambassade allemande, envoie à Berlin un câble qui se termine ainsi: «Comme première mesure de représailles il est prévu d'arrêter 2000 Juifs et de les déporter vers l'Est.»

Hermann PETRUSCHKA fait partie des 13 hommes arrêtés dans l'Allier suite au télégramme classé SECRET émanant du Préfet de l'Allier. Ils sont regroupés au Camp Bignet à Montluçon (03) et transférés le 26 février 1943 au camp de Gurs (64).

Arrivé le 28 février 1943 au camp de Gurs (64), il est ensuite transféré le 3 mars 1943 à Drancy. 

Source du document ci-contre: Archives Départementales des Pyrénées-Atlantiques Fiche signalétique du Camp de Gurs non cotée.

Il est déporté le 6 mars 1943 de Drancy à Maïdanek par le convoi N° 51.

Document ci-dessus extrait de la liste du convoi N° 51. Source: Mémorial de la Shoah C 51_41.

Dans Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Serge Klarsfeld écrit à propos du convoi N° 51 du 6 mars 1943: " Il y a 959 hommes et 39 femmes. L'âge des hommes se situe entre 16 et 65 ans et la tranche d'âge la plus fournie est celle entre 37 et 49 ans. Il y a 2 enfants. (...) Le convoi a quitté la gare du Bourget/Drancy le 6 mars à 8h. 55 avec 1000 Juifs en direction de Cholm".

Lublin-Majdaneck : camp situé en Pologne au sud-est de Varsovie mis en service en octobre 1941. Comme Auschwitz, il s’agit d’un camp mixte : concentration et extermination. 247 000 détenus sont passé par ce camp. Des convois de déportés malades venant de Buchenwald, Dora, Ravensbrück, Sachsenhausen sont envoyés à Lublin début 1944 et subissent des « sélections » allant jusqu’à 100% d’extermination. Au printemps 1944, débute l’évacuation du camp sur Auschwitz, le 22 juillet les SS quittent le camp, le 24 Lublin est libéré par l’Armée Rouge.
Source : Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Selon l'état civil du Mayet-de-Montagne et le JO N° 290 du 14 décembre 1997 il décède le 11 mai 1943 en Allemagne , ce qui est erroné quant au pays, Majdaneck se situant en Pologne!

Son nom figure sur la liste des déportés du Mayet-de-Montagne.

Source: Archives Départementales de l'Allier 996 W 123.02.

 
Zlata et Marion vont quitter le Mayet-de-Montagne pour se réfugier en  Zone Italienne où les Juifs n'étaient pas inquiétés.... du moins jusqu'en septembre 1943, date à laquelle les Allemands vont envahir la dite zone. Selon le document ci-dessus ( Archives Départementales de l'Allier 1218 W 3) elles vont partir en Isère. Grâce à la filière d'évasion à laquelle appartient l'un des deux gendarmes, chargés de sa surveillance à l'hôpital,  Marion et sa mère sont exfiltrées de Montluçon et arrivent à Cannes saines et sauves. Selon la famille elles vont  être cachées   sous un nom d'emprunt dans le  couvent de l'Institution Sainte-Marie avenue Windsor à Cannes jusqu'à la Libération. C'est à la Résistance et  à Mère Irène de Jésus, mère supérieure et directrice de ce couvent des Ursulines, que Zlata et Marion doivent leur survie.

 
 
Zlata. Archives de la famille.

Ci-contre: Zlata Enta PETRUSCHKA (Archives de la famille) et sa fille Marion à 14 ans ( Archives de la famille ).

Zlata et Marion quittent le couvent à l'automne 1944 après que Marion a passé son baccalauréat. Elles vont aller chercher du travail à Nice (06). Selon la famille "elles y ont été interprètes pendant l'année 1945 pour les Américains dans le cadre du Riviera Recreational Area". Elles vont ensuite résider à Paris.

Le 5 février 2012, le Conseiller aux Affaires culturelles de l'Ambassade d'Israël en France remet la médaille et le diplôme de "Juste parmi les Nations"  à titre posthume à la nièce aînée de Mère Irène, qui les offre à la Congrégation des Ursulines. Dans son intervention orale, la petite-fille d'Hermann PETRUSCHKA, Madame Renée ROUSSO,  rappelle ce que lui a dit sa mère à propos de Mère Irène: " De toute ma vie, je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi bon, d'aussi dévoué, humble et désintéressé".

 
Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 756 W 1, 1580 W 2, 1580 W 9, 1218 W 3, 996 W (778 W 15.3), 996 W 123.02, 996 W 122.01,

- Archives Départementales des Pyrénées-Atlantiques 72 W, 77 W,
 
- Archives Municipales du Mayet de Montagne 4 H 10,  2 I 10,

- Archives de la famille

- Archives de l'Hôpital de Montluçon (03)

- Centre de Documentation Juive Contemporaine

- Etat civil du Mayet-de-Montagne (03)

Klarsfeld Serge Mémorial de la Déportation des Juifs de France  1978

- Rousso Renée Une vie d'enfant cachée de l'Allemagne nazie à la France Occupée Editions Jourdan octobre 2019
 

© AFMD de l'Allier