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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
SCHWARTZ Léopold
 
 
Archives de la familleArchives de la famille
 

Est né le 1er mars 1882 à Westhoffen (67). Son père Séligmann est boucher et sa mère Fanny née WELSH est sans profession. 

Le 28 octobre 1919 il épouse Reine née LÉVY à Odratzheim (67).

Source des photos ci-dessus: Archives de la famille.
 
Reine est née le 5 septembre 1898 à Odratzheim. Son père  Jacques est colporteur et sa mère Pauline née ISAAC est sans profession.

Ils ont deux filles, Raymonde née en 1920 et Odette née en 1927.

Gendarme en retraite il est domicilié 6, Boulevard de Nancy à Strasbourg (67).
 
Dans la photo ci-contre il reçoit la Médaille Militaire à Strasbourg. Léopold SCHWARTZ est en civil le premier en partant de la droite.

Source de la photo: Archives de la famille.

Archives de la famille
 
Expulsé d'Alsace, il se réfugie avec sa famille en juin 1940 à Lapalisse (03) rue du 11 novembre.

La famille se fait recenser à Lapalisse en tant que Juifs français conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 promulguée par l'Etat Français.
 
 
Source: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1.
 
 
La famille SCHWARTZ en avril 1944 à Lapalisse
Archives de la famille

Source de la photo ci-dessus: Archives de la famille.


La famille SCHWARTZ est fichée par l'Etat Français en 1943 en tant que Juifs français (fiches oranges).

Source des documents ci-contre: Archives Départementales de l'Allier 996 W 778 W 112.

Léopold et Reine sont arrêtés dans la rafle du 30 juin 1944 à Lapalisse et internés à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03), d'où ils sont transférés le 15 juillet1944 à Drancy. Léopold a le matricule N° 25164.

Ils sont déportés le 31 juillet 1944 de Drancy à Auschwitz par le convoi N° 77.

Document ci-dessus extrait de la liste du convoi N° 77. Source: Mémorial de la Shoah C 77_54.

Dans Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Serge Klarsfeld écrit à propos du convoi N° 77: " Le nombre des déportés était de 1300. Ce convoi 77 (...) entraîne vers les chambres à gaz d'Auschwitz plus de 300 enfants de moins de 18 ans. (...) 291 hommes furent sélectionnés avec les matricules B 3673 àB 3963; de même pour 283 femmes (A 16457 à A 16739). Il y avait en 1945 209 survivants dont 141 femmes".

Léopold et Reine SCHWARTZ décèdent le 5 août 1944 à Auschwitz (Pologne)  selon l'état civil de Lapalisse et le JO N° 1 du 2 janvier 2001.

«Mort pour la France»

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Secrétariat d'Etat à la Défense chargé des Anciens Combattants en date du 6 septembre 2000 paru au Journal Officiel n°1 du 2 janvier 2001.
 
 

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 756 W 1, 1864 W 1, 996 W 123.02, 996 W 778 W 112,

- Archives de la famille

- Archives Municipales de Lapalisse

- Centre de Documentation Juive Contemporaine

- Etat civil de Lapalisse (03), Odratzheim (67) et Westhoffen (67)
 
- Klarsfeld Serge Liste des transferts à Drancy

Klarsfeld Serge Mémorial de la Déportation des Juifs de France  1978

- MemorialGenWeb  site Internet

- Témoignage d'Odette Schwartz .Voir ci-dessous.

- yadvashem.org

 
 
Témoignage d'Odette SCHWARTZ

ARRESTATION PAR LES ALLEMANDS
 
de Léopold SCHWARTZ et de Reine SCHWARTZ née LÉVY

le 30 juin 1944 à Lapalisse (Allier)

Comment leurs filles Raymonde et Odette ont échappé à cette rafle

Le 30 juin 1944 Lapalisse a été investie par l'armée allemande, mon père qui était ce jour garde-pont a été contrôlé par les Allemands et arrêté ayant une carte d'identité portant la mention «Juif».

Vers 8 heures du matin notre propriétaire est montée jusqu'à notre logement pour nous dire qu'une rafle avait eu lieu.

Nous étions étonnées que mon père ne soit pas venu nous prévenir, je suis allée vers le pont de la Besbre, une de mes camarades de classe habitant une maison avec vue sur le pont m'appelle pour me dire que mon père avait été arrêté.

Je suis retournée chez nous pour le dire à ma mère, elle a préparé quelques effets pour que je puisse les apporter à mon père!

Ma camarade de classe Yvette Mazzia me voyant revenir me demande où j'allais. Quand je lui ai dit ce que j'allais faire elle m'a dit «Tu es folle. Je vais aller les porter». Elle fut la première à me sauver la vie.

Par un hasard de la vie, 59 ans après ces événements j'ai retrouvé cette camarade qui habitait aux Etats Unis Texas. Je suis allée la voir. Les retrouvailles furent très émouvantes. J'ai su alors qu'elle avait eu des problèmes avec les allemands qui voulaient connaître les liens de parenté avec mon père. C'est le maire d'alors qui est intervenu pour la faire partir rapidement.

Quand je suis rentrée chez nous j'ai déménagé dans l'entresol de la maison où nous habitions les choses qui me paraissaient importantes pendant que ma mère dans sa grande candeur faisait une démarche pour savoir ce dont il s'agissait.

Quand j'avais effectué ce transfert je suis allée chez nos voisins, la famille Charon, rue du 11 novembre.

Lorsque ma mère est revenue j'ai demandé à nos voisins de la faire venir me retrouver. Chez eux après quelques propos elle insistait pour remonter chez nous. J'ai essayé de la dissuader. Pour ma part je refusais de remonter dans notre logement.

A peine elle montait l'escalier qui menait à notre logement que les Allemands arrivaient avec mon père dans la voiture pour l'obliger à montrer où nous habitions.

La nasse allemande se refermait sur elle.

Comme nos voisins craignaient une fouille des maisons voisines pour me trouver, je suis partie sous le nez des Allemands pour aller dans leur maison de jardin qui se trouvait au fond de la petite impasse Place du Marché.

Une personne, je crois Madame Laurent, me voyant passer m'a fait entrer chez elle. Elle savait ce qui s'était passé pour mon père.

Dans l'après-midi notre propriétaire, Madame Rollet-Roche, a récupéré chez nous une fausse carte d'identité pour moi qui était cachée dans notre logement.

Le soir des amis réfugiés d'Alsace-Lorraine, les Daniel, sont venus me chercher; ils m'ont amenée, à travers champs et une ferme, jusqu'à leur maison sans que leurs enfants qui étaient petits ne sachent que j'étais là.

J'y suis restée deux jours, après lesquels les Daniel m'ont amené en bicyclette chez le Maire de Saint-Martin-d'Estreaux.

J'ai passé un jour et une nuit dans cette famille.

Le lendemain de très bonne heure le Maire m'a amené à la gare pour monter dans le train dans lequel était Marie Daniel et qui allait de Lapalisse à l'Arbresle où ma sœur était sous une fausse identité depuis deux ans aide-soignante et secrétaire de la Sœur Supérieure Marie-Alice qui dirigeait l'hôpital.

C'était un moment terrible pour elle que d'apprendre que nos parents étaient pris par les Allemands. Cela a eu beaucoup de répercussion sur sa santé pendant un bon moment.

Ma sœur Raymonde m'a pris sous son aile. Avec Sœur Marie-Alice elles ont trouvé pour moi un pensionnat à Savigny à 5 km de l'Arbresle où des religieuses courageuses et conscientes de ce qui se passait m'ont reçue dans leur pensionnat où je suis restée jusqu'en septembre 1944 après le débarquement des Alliés sur les plages de la Méditerranée.

J'ai vu les premiers soldats libérateurs le 25 août 1944, une immense joie dans notre tristesse.

Nous avions encore l'espoir de revoir nos parents. Qui pouvait imaginer une telle fin en trois mois?

Quinze jours après la libération de Paris nous retournions à Lapalisse, faisions les paquets des choses que nous comptions emporter et partions par le premier camion sans bâche qui allait jusqu'à Paris où nous rejoignions nos oncles et nos tantes qui nous ont accueillies à bras ouverts.

Une chaîne d'au moins 10 personnes m'a permis d'échapper aux Allemands et aux camps d'extermination.

Odette SCHWARTZ   Gif-sur-Yvette, le 28 mars 2009
 
 
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