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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

ZWILLING Max Marcel

Nous sommes à la recherche d'une photo de meilleure qualité.


est né le 28 septembre 1921 à Maizières-les-Metz (57).

Son père Pinkus-David né à Lodz (Pologne) est électricien et sa mère Ida née DOCKTORCZYK née à Maizières-les-Metz est mère au foyer. Ils sont domiciliés 20, rue des Mesoyers à Metz (57). Son père et 3 enfants dont Max sont naturalisés français suite au décret paru au Journal Officiel de la République Française N° 11 du 13 janvier 1929 page 491.

Son épouse Ruchla-Dana dite Itta ou Ida est naturalisée Française par le même décret paru au même Journal Officiel page 492. Elle est née le 10 mai 1885 à Lask commune de Lutomiersk (Pologne) selon l'état-civil de Metz.
Note: Un cinquième enfant Régine va naître à Metz le 12 août 1928.

Source de la photo: Archives Départementales du Puy-de-Dôme 1 PER 573 Modergnat N° 6.

Source du document ci-dessus: Bibliothèque Nationale de France sur site Internet Gallica.
 

Son père décède en 1932.

Son frère Szlama/Salomon, commerçant ambulant né le 31 mai 1916 à Lodz, est fait prisonnier de guerre le 22 juin 1940 à Saint-Dié et interné au Stalag XI A à Altengrabow et/ou au Stalag XI D à Oerbke ü/ Welsroda selon les sources. Il est rapatrié le 7 mai 1945 et est démobilisé le 30 mai par le centre de Montluçon.

En 1940 Max Marcel ZWILLING  est expulsé de Metz ainsi que  sa mère et ses deux sœurs parce que Juifs. Ils se réfugient le 30 août 1940 à Montluçon (03) où ils sont domiciliés 12, rue Grande.

La famille se fait recenser à Montluçon en tant que Juifs français conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 promulguée par l'Etat Français.

 
Source: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1
 
 
En 1941 il va comme simple bûcheron au Chantier de Jeunesse de Maizières-en-Brenne (36) du 20 novembre 1941 au 15 janvier 1942, puis au Chantier de Jeunesse de Montmarault (03) où il  est libéré le 17 juin 1942.
 
Orthopédiste de formation, il  travaille ensuite à la SAGEM à Domérat (03) comme ajusteur à partir du 19 juin 1942. En 1943 il adhère aux Forces Unies de la Jeunesse Patriotique.

Le 1er mars 1943 il fait l'objet d'un rapport de police dans lequel "il est signalé comme un ardent propagandiste gaulliste  et antinational et qu'il exerce sa propagande au sein de la SAGEM". Sachant qu'il a été recensé comme Juif, l'Administration envisage de l' "éloigner des départements de l'Allier et du Puy-de-Dôme".

Selon l'attestation de Georges Gavelle, chef du Maquis Hoche de Saint-Pourçain-sur-Sioule, Marcel ZWILLING a appartenu au "Groupe armé de Montluçon Ville" dès novembre 1942, puis au Maquis de Saint-Pourçain et a participé aux actions armées suivantes ou sabotages:
-11 novembre 1942 prise d'un dépôt d'explosifs à Noyant d'Allier (Allier)
- 6 janvier 1943 en gare de Montluçon sabotage du départ d'un train de travailleurs destinés à l'Allemagne
- mars 1943 sabotage du pont de chemin de fer dit le Pont Blanc à Montluçon.



Il est fiché en 1943 par l'Etat Français en tant que Juif français (fiche orange).

Source du document ci-contre: Archives Départementales de l'Allier 996 W 778 W 112.

Le 7 juillet 1943 il est arrêté par la police française à Montluçon en compagnie de Robert BOULIGNAT. Il est interné dans un premier temps à Clermont-Ferrand (63), puis à la prison de Riom (63) vers le 20 août 1943. Le 11 septembre il est condamné par la Section Spéciale de la Cour d'Appel de Riom à 18 mois de prison et 200 francs d'amende pour «propagande communiste et affichage distribution tracts communistes».



Curieusement, alors que son copain en résistance Robert BOULIGNAT est arrêté pour les mêmes motifs plus un ("détention de tracts communistes") que Marcel ZWILLING, ce dernier est condamné à 6 mois de plus que Robert BOULIGNAT et au double de l'amende. On peut supposer que Marcel ZWILLING a le tort d'être Juif!!! La judéité est donc considérée comme une circonstance aggravante aux yeux des magistrats du tribunal d'exception que fut la Section Spéciale près de la Cour d'Appel de Riom.




Le 15 octobre 1943 il est transféré à la Centrale d'Eysses (Lot-et-Garonne) où son nom figure au registre d'écrou sous le N° 2447.

Source du document ci-dessus: Archives Départementales du Lot-et-Garonne 940 W 114.

Le 19 février les détenus de la Centrale d'Eysses (entre 1100 et 1200) se révoltent et font prisonnier le directeur. Les GMR (Groupes Mobiles de Réserve) sont appelés en renfort. A la suite de tractations le directeur est libéré, mais ne tiendra pas ses promesses et 12 prisonniers seront fusillés le 23 février 1944.

 
Selon l'Amicale d'Eysses, "Le directeur -Schivo- (condamné à mort et exécuté après la Libération), l'inspecteur des prisons de la région de Toulouse et leurs gardes du corps miliciens fortement armés sont, par surprise, fait prisonniers au cours de leurs visites dans les lieux de détention. Malheureusement, le passage inopiné d'un gardien donne l'alarme, les armes vont devoir parler. Pendant plus de dix heures, la bataille fait rage: les mitraillettes et les grenades, sorties de leurs cachettes par les détenus organisés, s'opposent aux fusils-mitrailleurs de la garde; un patriote résistant est tué pendant l'attaque d'un mirador. Les Allemands, venus à la rescousse, menacent dans la nuit de canonner la prison.
Une négociation a lieu pour échanger les prisonniers devenant des ""otages"" contre la promesse qu'il n'y aurait pas de sanctions. Les combats cessent, mais deux jours plus tard, malgré le parole donnée , une cour martiale est constituée sur les ordres de Darnand. Après un simulacre de procès elle condamnera 24 patriotes à être passés par les armes. Des Français des ""Groupes Mobiles de Réserve"" (G.M.R.) fusilleront douze d'entre eux qui mourront la Marseillaise aux lèvres".

Le 30 mai les 1100 prisonniers sont évacués manu militari par la Division Das Reich. Sur le registre il est indiqué: «remis aux autorités allemandes S.T. Toulouse le 30/5/44» ou autre formulation tout aussi hypocrite :"pris en charge le 30 mai dernier par les Autorités allemandes" selon le préfet du Lot-et-Garonne. En clair ils sont livrés aux nazis.

Cette unique photo des emprisonnés d'Eysses en colonne par cinq, les mains sur la tête, au moment où ils quittaient la Centrale aux mains des S.S., le 30 mai 1944 pour la gare de Penne-d'Agenais (Lot-et-Garonne) où ils allaient être embarqués vers Compiègne, a été prise par un garde mobile d'une fenêtre dominant la cour d'honneur.

Source de la photo: L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Amicale des Anciens d'Eysses Editions Sociales 1974.


 

Le 18 juin 1944 il est déporté de Compiègne à Dachau où il arrive le 20 dans le convoi N° I.229. Il reçoit le matricule N°74110.

Source du document ci-dessus: Mémorial annuaire des Français de Dachau.

Source du document de gauche: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.5.3 / 7504307. Source du document de droite: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.5.3 / 7504308.

Selon les archives du camp de Dachau sur Ancestry.com, il est transféré le 12 décembre 1944  à Buchenwald. Il y arrive le 13 et reçoit un nouveau matricule, le N° 44840 selon le Mémorial Buchenwald Dora Kommandos et le Service International de Recherche d'Arolsen.

Il est affecté au Kommando SIII, c'est-à-dire Ohrdruf.

Ohrdruf: Kommando du KL Buchenwald. Créé administrativement par les SS le 6 novembre 1944, il est situé à 70 kilomètres au sud-ouest de Weimar en Thuringe.. Le complexe d'Ohrdruf comprend cinq Kommandos installés sur un très vaste terrain militaire. A partir du mois d'août 1944 les détenus sont employés à des travaux de terrassement en vue de l'installation souterraine, entre autres, de l'Etat-Major Général de la Wehrmacht, de la réserve d'or de la Reichsbank, ainsi que d'une rampe de lancement d'armes secrètes. Au total, ils ont été près de 20000, se répartissant en trois camps principaux: «Nordlager», «Südlager» et «Crawinkel». Près de 10000 sont évacués sur Buchenwald.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Son nom figure sur la liste des 1000 détenus transférés le 18 mars 1945 d' Ohrdruf au camp mouroir de Bergen Belsen.

Source du document ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.5.1 / 5287675.

Il  décède le 18 décembre 1944
- en Allemagne selon l'état civil de Maizières-les-Metz
- à Ohrdruf (Allemagne) selon le JO N° 51 du 29 février 1992.

Son nom figure sur la plaque à la SAGEM usine de Montluçon "Membres du Personnel Victimes de la Guerre 1939-1945 colonne Déportés de la Résistance".

Plaque à la SAGEM. Photo: M.E.Tuncel-Rat
Source: Office Départemental des Anciens Combattants de l'Allier. Photo: Marie-Elisabeth Rat.

Il est homologué par le Service Historique de la Défense en tant que Résistant au titre des F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance) sous la cote GR 16P 608226.

La carte de Déporté Résistant N° 1.018.25699 lui est attribuée à titre posthume sur décision du Ministère des Anciens Combattants en date du 13 juin 1955.

Suivant l'article 1er de l'arrêté du Ministère de la Défense en date du 20 avril 1990, le "Bataillon F.F.I. de la Centrale d'Eysses" est assimilé à une unité combattante pour la période du 9 décembre 1943 au 31 mai 1944.

"Mort pour la France"

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du 15 janvier 1992 paru au Journal Officiel N° 51 du 29 février 1992.


Sources:

- Amicale des Anciens d'Eysses Le bataillon d'Eysses Imprimerie J.London 1962

- Archives Départementales de l'Allier 756 W 1, 1864 W 1, 1580 W 9, 996 W 15.01, 778 W 123.01,996 W 194.01, 996 W 778 W 112,

- Archives Départementales du Lot-et-Garonne 940 W 54, 940 W 114,

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 908 W 171, 1 PER 573 Modergnat N° 6 ,

- Archives Départementales de la Moselle 2 R 13

- Archives du Camp de Dachau sur Ancestry.com et JewishGen.org

-
Bibliothèque Nationale de France sur site Internet Gallica

- Bulletin Officiel des Armées Arrêté du 20 avril 1990

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains 21 P 552 685

- Etat civil de Maizières-les-Metz (57) et de Metz(57)

- Fallut Robert 1939-1945 La Résistance du tract à la lutte armée en Allier Imprimerie Guériaud 2008

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial annuaire des Français de Dachau   Amicale des Anciens de Dachau 1987

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- MemorialgenWeb  site Internet

- Service Historique de la Défense GR 16P 608226

- Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.5.3 / 7504307, 1.1.5.3 / 7504308, 1.1.5.1 / 5287675,

 - Touret André Montluçon 1940-1944 La mémoire retrouvée Editions CRÉER 2001
 
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