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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

BRUNON Pierre Mathieu


Est né le 23 février1922 au domicile de ses parents 58, rue de la Barge à Cusset (03). Son père Félicien et sa mère Anne née PONCET sont hôteliers à la même adresse.

Célibataire il est domicilié 58, rue de la Barge à Cusset. Faisant partie de la classe 1922 il est recensé en 1943 à Cusset comme susceptible de partir au STO (Service du Travail Obligatoire) en Allemagne.

Source de la photo ci-contre: Archives Départementales des Ardennes. Photo prise en 1967 à son arrivée dans les Ardennes en tant que Préfet.


Par la loi du 16 février 1943 du gouvernement de l'Etat Français est créé le Service du Travail Obligatoire qui impose aux hommes nés au 4ème trimestre 1919 et en 1920-21-22 d'aller travailler pendant deux ans en Allemagne.
 

Source: Archives Départementales de l'Allier Recensement S.T.O. Cusset 778 W 18.

 

Il va effectivement partir en Allemagne, mais pour une autre raison. En effet, chef de cabinet du préfet du Lot-et-Garonne à la Préfecture d'Agen il est arrêté par la Gestapo dans la nuit du 8 au 9 juin 1944 à Agen comme personnalité-otage. Selon son témoignage il est "menottés aux mains, conduit sous escorte au siège de la Gestapo rue Louis Vivent" et "interrogé brutalement au cours de la nuit", et ce  en compagnie  de Louis TUAILLON, préfet du Lot-et-Garonne, Léon BRACHARD, sous-préfet de Nérac, René BONNAT, maire d'Agen, Ferdinand NIEL, directeur départemental des P.T.T. et Monseigneur RODIÉ, évêque d'Agen. Ces arrestations ont eu lieu suite au Débarquement du 6 juin 1944 et à un conflit avec la Milice. Il est possible que les membres de la Préfecture aient été arrêtés pour une autre raison. En effet le Préfet Louis TUAILLON s'est opposé administrativement aux Allemands et à la Milice et a réussi à repousser de six semaines la déportation des détenus politiques de la Centrale d'Eysses selon la brochure consacrée au Préfet TUAILLON réalisée par la Préfecture du Lot-et-Garonne et les Archives Départementales du Lot-et-Garonne.
En effet, selon cette  brochure, "Au cours de la mutinerie des détenus de la Maison Centrale d'Eysses le 12 février 1944, Louis TUAILLON est soigneusement tenu à l'écart de la répression des meneurs dont s'occupe personnellement et sur place Joseph DARNAND, secrétaire d'Etat au maintien de l'ordre. Pour marquer sa désapprobation, le Préfet TUAILLON n'accorde aucune audience aux membres de la cour martiale, ignorant notamment leur sollicitation du 23 février 1944.
A compter du mois d'avril 1944, le préfet régional adresse à Joseph SCHIVO, directeur de la maison centrale, sous couvert du préfet du Lot-et-Garonne, l'ordre de remettre aux autorités allemandes le 1123 condamnés communistes, terroristes et anarchistes détenus dans cet établissement. Par deux fois, le 12 avril et le 24 mai 1944, Louis TUAILLON subordonne l'application de ces directives à la réception d'un ordre ministériel portant la signature d'un membre du gouvernement.  Cette opposition administrative lui permet de repousser de six semaines la déportation des détenus politiques d'Eysses.
Cependant, le 29 mai 1944, le préfet régional, par un télégramme chiffré, demande l'exécution de cette opération d'extrême urgence, sans autre report, et intime l'ordre au préfet du Lot-et-Garonne de fournir d'urgence des explications quant à l'absence d'application de ses cinq télégrammes précédents. Malgré cela, Louis TUAILLON confirme ses instructions, mais ne peut empêcher le lendemain l'irruption à la maison centrale d'Eysses des troupes allemandes venues se saisir des condamnés politiques".

Selon son témoignage écrit dans sa demande d'attribution de carte de Déporté résistant, Pierre BRUNON a suivi son supérieur hiérarchique et  a été arrêté pour l' "aide volontaire apportée aux éléments de résistance du Lot-et-Garonne, en qualité de Chef de Cabinet de M.Tuaillon préfet ( camouflage de personnes et de matériel, fourniture de renseignements)".
 

 

Tous sont internés à la prison Saint-Michel de Toulouse, puis transférés le 19 juin à Compiègne où Monseigneur RODIÉ est libéré. A Compiègne il reçoit le matricule N° 41882 ou 41888.

Ils sont  déportés le 15 juillet 1944 de Compiègne à Neuengamme où ils arrivent le 18 dans le  convoi N° I.247. Ce convoi est composé de 1528 hommes dont 326 "personnalités-otages".

«Après avoir partagé le sort commun des autres déportés pendant le transport, ils (les personnalités-otages) sont immatriculés dans la même série et sont isolés dans deux Blocks avec leurs vêtements et leurs objets personnels. Ils sont exempts de travail au camp et dans les Kommandos extérieurs et peuvent se réunir librement» selon le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Pierre BRUNON reçoit le matricule N° 36343 et va avoir le même parcours que les autres personnalités-otages, c'est-à-dire qu'il va rester au camp central de Neuengamme jusqu'au 18 avril 1945, date à laquelle il est évacué vers Flossenbürg, puis deux jours en forteresse à Theresienstadt, puis le 30 avril1945 au camp de Brezani (ou Breschan) où il est libéré le 18 mai 1945 par les troupes russes (tankistes) et partisans tchèques.


Il est rapatrié le 17 mai 1945 et passe par l'Hôtel Lutétia à Paris.

Source des documents ci-dessus: AFMD 75.

Puis il revient chez ses parents à Cusset.

Il est sous-préfet des Alpes-Maritimes quand le 12 décembre 1949 il épouse Elienne VERGÈS à Nice (06).

Selon le Service Historique de la Défense (GR 16 P 95462) , il est homologué en tant que Résistant au titre des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

La carte de Déporté Résistant N° 1.007.05247 lui est attribuée sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 26 juillet 1951.

Selon son témoignage écrit dans sa demande d'attribution de carte de Déporté résistant, il a été arrêté pour l' "aide volontaire apportée aux éléments de résistance du Lot-et-Garonne, en qualité de Chef de Cabinet de M.Tuaillon préfet ( camouflage de personnes et de matériel, fourniture de renseignements)".
 

Source du document ci-dessus: Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains.

Il est nommé Préfet des Ardennes et titularisé dans le grade de Préfet suite au décret du 12 juillet 1967.

Source du document ci-dessus: Journal Officiel de la République Française du 14 juillet 1967 page 7085.

Il décède le 18 septembre 2000 à Paris (16ème).


Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 778 W 18

- Archives Départementales des Ardennes

- Archives Départementales du Lot-et-Garonne 1 W 411

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 908 W 128

- Archives Municipales de Cusset

- B
rochure consacrée au Préfet Tuaillon réalisée par la Préfecture du Lot-et-Garonne et les Archives Départementales du Lot-et-Garonne.

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains 21 P 719 005

 - Etat civil  de Cusset (03) et de Nice (06)

- Journal Officiel de la République Française du 14 juillet 1967 page 7085
 
- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Service Historique de la Défense (GR 16 P 95462)
 
 
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