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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

MENNEL Jean Alfred François

Nous sommes à la recherche d'une photo.

est né le 30 juin 1892 au domicile de ses parents au lieudit Les Blancheries à Montbéliard (25). Son père Alfred est professeur et sa mère Françoise née DUCLAUX est sans profession.

Il fait ses études à Bourg-en-Bresse (01) au Lycée Lalande où il obtient de brillants résultats dans les disciplines littéraires, notamment le 1er prix d'allemand.

Marié avec 3 enfants, chef de service à la Société des Potasses d'Alsace, il arrive fin 1939 à Montluçon (03) où il est domicilié 25, rue Racine.

Il est arrêté une première fois le 23 mars 1941 à Montluçon alors qu'il colle des tracts gaullistes et sa maison est perquisitionnée le lendemain. Interné à la prison de Montluçon il est condamné par le Tribunal Correctionnel de Montluçon le 24 avril 1941 à six mois de prison avec sursis. Il est néanmoins interné sous le N° 805 le 25 mai au Centre de Séjour Surveillé de Nexon (87) sur arrêté du préfet de l'Allier en date du 16 mai 1941.

Le 24 juin 1941 son avocat Maître ROCHAT écrit une lettre de 3 pages dactylographiées au Préfet de l'Allier: sans résultat. Le 13 octobre 1941 Jean MENNEL prend la plume et  écrit de Nexon une longue lettre au Préfet de l'Allier.
"Ainsi que Me R. vous l'a exposé dans son mémoire du 24 juin dernier, le délit que j'ai commis le 23 mars dernier ( distribution de tracts et inscriptions gaullistes) et qui m'a conduit en prison, puis en correctionnelle et enfin au Camp de Nexon, est dû à l'état d'exaspération où m'avaient mis le jour précédent la nouvelle reçue de Mulhouse, mon ancien domicile, de la perte de mon mobilier et de tous mes biens et celle du pillage total par les Allemands des maisons de mes 2 oncles de Lorraine, qui venaient de rentrer dans leur village natal après plusieurs mois de séjour en Dordogne comme réfugiés.
J'avais regretté sincèrement les actes délictueux et inélégants pour lesquels j'avais bénéficié comme Lorrain et en raison de la sincérité incontestable de mon patriotisme, de l'indulgence de toute la Cour lors de ma comparution le 24 avril devant le Tribunal Correctionnel de Montluçon et tenu mes résolutions pendant les 4 semaines de vie normale qui suivirent ma sortie de prison.
En outre et confirmant en ceci les promesses faites spontanément à la Direction de ma Société dans ma lettre du 6 août, je prends par la présente ""l'engagement d'Honneur de me tenir tranquille et de m'abstenir, une fois libéré, de toute propagande gaulliste quelle qu'elle soit et de toute extériorisation de mes sentiments ou conceptions patriotiques"".


Source du document ci-dessus: Archives Départementales de la Haute-Vienne 1621 W 13.

Il en est libéré le 29 janvier 1942 et astreint à résider à Clermont-Ferrand (63). Début avril 1942 il est autorisé par le Conseiller d'Etat Secrétaire Général à la Police à se rendre à Montluçon trois jours par semaine du vendredi au lundi pour assurer la direction du service de "VENTES-FRANCE".

Selon une note des Renseignements Généraux de l'Allier en date du 23 septembre 1943,  il est arrêté la deuxième fois par la police allemande en gare de Montluçon le 20 septembre 1943 alors qu'il rentre de vacances passées en Saône-et-Loire. Le 21 septembre au matin  deux policiers allemands se sont présentés au domicile de "la femme de ménage des époux MENNEL, porteurs d'un mot écrit de la main de M.MENNEL, et de deux valises lui appartenant". Selon ces policiers allemands auteurs de l'arrestation, Jean MENNEL a été arrêté "à la suite d'un incident".

Le 28 octobre 1943 il est déporté de Compiègne à Buchenwald où il arrive le 30 dans le convoi N° I.145. Il reçoit le matricule N° 30780.


Document ci-dessus: Fiche individuelle à Buchenwald. Source: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.5.3 / 661102.


Document ci-dessus: Fiche individuelle à Buchenwald. Source: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.5.3 / 6611021.

Sur la fiche individuelle ci-dessus en haut à droite, est mentionné son transfert d'abord au Kommando de Dora après la quarantaine,  le 22 janvier 1944...

Dora: Ce camp dépend à l'origine du KL Buchenwald qui n'est situé qu'à environ 80 km. Il a été créé en septembre 1943 pour accueillir dans ses tunnels l'usine de Peenemünde bombardée par la RAF le 17 août 1943. Les déportés travaillent en deux équipes de douze heures. Ils creusent des galeries dans des conditions inhumaines. Ils restent six mois sans voir le jour et couchent à même le sol. La mortalité est très élevée. Dora devient autonome en octobre 1944.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

...puis, en bas à droite,  le 18 février 1944 celui au Kommando de Lublin-Majdaneck.
 
Source du document ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.23.1 / 1206889.

Lublin-Majdaneck: Situé en Pologne au sud-est de Varsovie. Le KL est situé à deux kilomètres au sud de Lublin, près du village de Majdaneck. Comme Auschwitz, il s'agit d'un camp mixte : vaste KL à l'origine, il devient rapidement un camp d'extermination. Mise en service en octobre 1941. 247000 détenus sont passés par ce camp. Des convois de déportés malades venant de Buchenwald, Dora, Ravensbrück, Sachsenhausen sont envoyés à Lublin début 1944 et subissent des "sélections" allant jusqu'à 100 % d'extermination. Au printemps 1944, débute l'évacuation du camp sur Auschwitz, le 22 juillet, les SS quittent le camp, le 24, Lublin est libéré par l'Armée Rouge.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il figure sous le N° 545 sur une liste de déportés transférés au camp mouroir de Lublin en Haute-Silésie dans un transport de malades.

Il décède

- à Buchenwald (Allemagne) en juillet 1944 selon l'état civil de Montbéliard (25) et le JO N° 98 du 26 avril 1995

- le 4 avril 1944 à Lublin (Pologne) selon le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 410843), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française).

Son nom figure sur la liste des "Morts pour la France" au Lycée Lalande à Bourg-en-Bresse (01).

Photos transmises par Monsieur le Proviseur du Lycée Lalande. Remerciements.

 
"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 13 mars 1995 paru le 26 avril 1995 au JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE page 06482.
 

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 654 W 7, 1580 W 9, 996 W Police Politique Opposition au Régime de Vichy, 778.7.4, 766 W 7 N° 290/1941, 996 W Police Mesures administratives Privatives de liberté Boîte 11,

- Archives Départementales de la Haute-Vienne 185 W 3/58,  993 W 58, 1621 W 1, 1621 W 13, 1621 W 16, 1621 W 60,

- Archives du Lycée Lalande à Bourg-en-Bresse (01)

- Archives Polonaises de Lublin ( PMM.GKBZN.16) transmises par Joseph Jazbinsek

- Etat civil de Montbéliard (25)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos   Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- MemorialGenWeb  site Internet

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 410843)

- Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.23.1 / 1206889, 1.1.5.3 / 6611021, 1.1.5.3 / 661102,
 
 
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