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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
CHAMPEAU Paul Auguste Pierre
 
 
Archives de la famille

est né le 5 mai 1920 au domicile de ses parents 32, Boulevard de la Salle à Vichy . Son père Pierre est facteur des Postes et sa mère Anna née BARRIER est sans profession.
 
Après avoir obtenu son baccalauréat littéraire au Lycée de Cusset, il entre en hypokhâgne au Lycée Blaise Pascal à Clermont-Ferrand (63) en octobre 1939.

Source de la photo ci-contre: Archives de la famille.


Puis en 1940 il commence une licence de Lettres Classiques à Clermont-Ferrand (63) avant de partir après expiration de son sursis  aux  Chantiers de la Jeunesse dans la forêt de Tronçais (03), puis à Tazenat (63) du 12 décembre 1941 au 17 juin 1942.

Par les lois du 30 juillet 1940 et du 18 janvier 1941, tout homme de 20 ans en Zone Libre doit effectuer un stage de 6 à 8 mois dans un Chantier de la Jeunesse en remplacement du Service Militaire.

 
 



Source du document ci-dessus: Archives de la famille.

Source du document ci-dessus: Archives de la famille.

 

Il est ensuite nommé maître d'internat au Lycée de Guéret (23) pour l'année scolaire 1942-1943.

Né en 1920, il est recensé à Vichy comme faisant partie de la classe 1940 pour le Service du Travail Obligatoire en Allemagne.

S.T.O.: Les hommes nés au 4ème trimestre 1919 ou en 1940-1941-1942 doivent aller travailler pendant 2 ans en Allemagne.

La Gendarmerie de Guéret lui remet la convocation pour le S.T.O.  le 25 juin 1943. Puis il fait  l'objet de "recherches infructueuses", car il entre au maquis de Châtel-Montagne (03) le 30 juin 1943 et devient «Hilarius». Le maquis, soutenu par les agriculteurs locaux, se déplace dans la Montagne Bourbonnaise - Chez Chatard, aux Robins,...
 
 
Source de la photo: Moncorgé Raymond Montagne Bourbonnaise 1939-1945 Imprimerie Nouvelle 2004.
 

....La Grange du Bois Rond, Epalle d'Arfeuilles- s'installe dans la ferme de la Pourrière le 22 décembre 1943.

Le 4 février 1944, le maquis est trahi par Georges GOUVERNEUR, un milicien infiltré, (Il figure sur la photo) et les 23 maquisards présents sont arrêtés par le GMR Quercy  (Groupe Mobile de Réserve) et incarcérés à la prison de Cusset (03), puis de Riom (63).

Ci-dessous extrait d'une lettre envoyée par Paul CHAMPEAU à ses parents.

Lettre du mardi 21 mars 1944 dans laquelle Paul CHAMPEAU fait part à ses parents du manque d'originalité du menu de la prison de Riom et aussi de la monotonie de la vie carcérale qu'il rompt par la lecture, l'écriture et les discussions.

Source du document ci-contre: Archives de Paul Champeau.
 

Le 7 juin- lendemain du débarquement en Normandie-, il y a une première tentative d'évasion. A l'intérieur les détenus de la prison se soulèvent et à l'extérieur le Maquis de Volvic devait attaquer. Malheureusement l'attaque n'a pas lieu, et  le soulèvement est réprimé.


Archives de la famille
Selon le témoignage de Paul CHAMPEAU, il y eut deux tentatives d'évasion de la prison de Riom, "dont la dernière eut lieu le 17 juin 1944. Nous fûmes repoussés par les G.M.R. du Groupe Bourbonnais dirigés par le Commandant Bastide qui employèrent les grenades lacrymogènes. Nos tentatives échouèrent aussi par suite de l'emploi des sirènes par le surveillant-chef de la Maison d'Arrêt de Riom. Il s'ensuivit, peu de temps après, notre départ pour Compiègne et Dachau".

Le 28 juin 1944 
la prison est vidée de ses  182 détenus qui partent en car pour Compiègne.

Le 2 juillet 1944, il part avec ses camarades pour Dachau par le convoi N° I.240 surnommé«Le Train de la Mort».

«Lors d'un arrêt prolongé du train en gare de St Brice près de Reims, par temps orageux et quarante degrés à l'ombre, les wagons se sont transformés en véritables étuves…Plus de cinq cents jeunes hommes sont morts de chaleur, de manque d'eau, d'asphyxie. L'atmosphère (…) a été génératrice de délire et de folie collective, entraînant des scènes d'horreur.

La responsabilité en incombe aux S.S.de la garde. Au moment où la situation devenait intenable, malgré les appels de détresse des détenus, les S.S. ont refusé d'ouvrir les portes, d'aérer les wagons et de distribuer de l'eau, ce qui eut sauvé les mourants.

Il ne s'agit, en la circonstance, ni d'une«bavure» ni d'un accident, mais essentiellement d'une action entrant dans le cadre de «l'entreprise générale et délibérée d'élimination des ennemis du Reich, de caractère authentiquement criminel» selon le Mémorial annuaire des Français de Dachau.

 
Dans leur malheur Paul CHAMPEAU et ses camarades de détention de Riom ont la chance de se trouver dans un wagon où ils ne sont que 80. Ils arrivent tous vivants à Dachau le 5 juillet. Quant au  519 victimes recensées à l'arrivée elles vont partir directement au crématoire.

 Source des documents ci-dessus: Allach Kommando de Dachau Amicale des Anciens de Dachau Jouve mai 1985.

Paul CHAMPEAU arrive vivant à Dachau et reçoit le matricule N° 77829. Après la quarantaine, il est transféré le 22 juillet au Kommando de Neckargerach où il reçoit un nouveau matricule, le N° 21864.
 
 
Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation
 

Il est témoin du sort réservé à ceux qui tentent de s'évader: deux déportés sont repris, l'un est fusillé, l'autre pendu devant tous les autres.

Pendant l'hiver, il est atteint de pleurésie et tombe gravement malade. Transporté au Revier (l'infirmerie), il est sauvé par le docteur juif qui barre son nom sur la liste des invalides «sélectionnés» pour un transport vers le camp mouroir de Vaihingen et le remplace par celui d'un déporté beaucoup plus âgé et en phase terminale.

Le Kommando de Neckargerach est bombardé les 25 et 27 mars 1945 et l'évacuation commence le 30 mars.

Le 4 avril 1945, il est libéré à Osterburken par la 7ème armée américaine et est rapatrié par Strasbourg le 25 avril. Le Ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés lui attribue un titre de transport. Il quitte Paris de la Gare d'Austerlitz le 28 avril et  arrive à Vichy le 29 avril, jour de la libération de Dachau.


Source du document ci-dessus: Archives de la famille.

Source du document ci-dessus: Archives de la famille.

Le 4 septembre 1948 il épouse Etiennette AUTISSIER à Vichy.

Mais il n'oublie pas ses camarades maquisards fusillés et déportés à qui il fait élever une stèle devant les ruines de La Pourrière.
 
Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 118317), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

Lui sont attribuées
- la carte de Déporté Résistant  le 11 décembre 1950
- la Croix du Combattant Volontaire  sur décision N° 2032 du Ministère des Armées en date du 29 septembre 1961.

Archives de la famille

Source du document ci-dessus: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

Il décède le 7 décembre 1967 à l'Hôpital de Vichy.

«Mort pour la France»  sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en  date du 14 août 1968 et en raison des "séquelles tardives de la déportation".

 
Sources

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1,  1 R 1940.1079.612, 1756 W 1 N° 7469, Recensement S.T.O. Vichy 778 W 21,

- Archives des camp de Dachau et Natzweiler sur Ancestry.com  et JewishGen.org

- Archives de la famille

- Etat civil de Vichy (03)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004
 
- Mémorial annuaire des Français de Dachau   Amicale des Anciens de Dachau 1987 

- Moncorgé Raymond Montagne Bourbonnaise 1939-1945 Imprimerie Nouvelle 2004

Sérézat André  Et les Bourbonnais se levèrent Editions  CRÉER  1986

- Service Historique de la Défense

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