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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
RICHETTA Gabriel Alexandre

Nous sommes à la recherche d'une copie de sa carte de Déporté. Nous contacter à:
afmddelallier@orange.fr

 
 
Archives de la famille

est né le 25 février 1892 à Moulins (03). Il est le fils de Clarisse RICHETTA.

Selon la famille, appartenant à la classe 1912 il est mobilisé en 1914 et affecté à divers régiments, en particulier le 101ème Régiment d'Infanterie. En février 1916 il est à Verdun où il est fait prisonnier. Il s'évade cinq fois, mais est repris à chaque fois et termine en camp de représailles en Allemagne.

Source de la photo: Archives de la famille.

 

Il épouse Antoinette Andrée PARRET et ils ont trois enfants. Ils sont domiciliés à Thouars (79) 30, rue Denis Papin et il exerce la profession de percepteur à Oiron (79).

 

En 1939 il est en tant que sergent classé dans l'affectation spéciale au Ministère des Finances. Puis vient le temps de la Résistance.

Témoignage de son épouse Andrée transmis par le Centre Régional «Résistance et Liberté»:

«Au début d'octobre 1940 RICHETTA s'est mis sous les ordres du docteur CHAUVENET, chirurgien à l'hôpital de Thouars (Deux-Sèvres) en apportant à celui-ci les éléments qu'il avait lui-même de son côté et de sa propre initiative organisés.

Création d'une organisation paramilitaire dès juin 1940, d'abord seul, puis en qualité d'adjoint du docteur CHAUVENET à qui M.RICHETTA a fait connaître ses agents et les dépôts d'armes déjà en voie de formation.

Archives de la famille
 

En 1940 M.RICHETTA, percepteur dans la commune de Oiron, commune située à une dizaine de kilomètres de Thouars, disposait d'une voiture, d'un laissez-passer et d'un peu d'essence. Il visitait treize communes et connaissait beaucoup de gens. Ses activités de résistance (avant même que le mot ne fut lancé) avaient d'abord consisté dans la récupération d'armes et de munitions, il a même été sur la piste d'un char de combat. Par la suite elles s'étaient orientées vers le recueil de postes radio émetteurs récepteurs (dont plusieurs avaient été parachutés à Tourtenay), la recherche de renseignements, l'acheminement du courrier, les liaisons en tout genre…

En avril 1941 il est aussi, sous le pseudonyme de MOULINS, agent du réseau CND (Confrérie Notre Dame) dont le docteur CHAUVENET faisait partie dès le 1er mars comme chef de secteur.

Après l'arrestation du docteur CHAUVENET fin juillet 1941 il poursuit ses activités sous les ordres directs du colonel RÉMY, puis seul, le contact ayant été perdu avec le CND.

Madame RICHETTA a secondé de son mieux son mari dans son action jusqu'au jour de son arrestation le 7 mars 1942 à la perception de Oiron. Tout contact avec les dirigeants étant perdu à ce moment-là, elle n'a pu continuer à lutter avec le CND».

Il est arrêté le 7 mars 1942 sur son lieu de travail par la FeldGendarmerie de Thouars et interné à Angers, puis à la prison de Fresnes.

Selon la famille il est « condamné à mort le 1er juin 1942 par le Tribunal Militaire Allemand siégeant à l'Hôtel Continental à Paris».

Le 2 juillet 1942 il fait partie des 53 hommes qui sont déportés de Fresnes à la prison de Karlsruhe. Il est ensuite transféré à la prison de Rheinbach qui est située au sud-ouest de Bonn et où les détenus sont astreints aux travaux forcés, puis à la prison de Cologne qui est le siège du tribunal chargé des affaires NN venant de France. Il semble donc que Gabriel RICHETTA soit devenu NN après son arrivée en Allemagne.

 
Procédure Nacht und Nebel
instaurée par le décret Keitel de décembre 1941 pour «des actes délictueux» tels que espionnage, sabotage, détention illégale d'armes, etc. Ce décret prévoit le transfert en Allemagne en vue d'un jugement dans le secret absolu. Les déportés doivent disparaître dans «la nuit et le brouillard», c'est-à-dire sans laisser de trace.
 
 
Il est exécuté le 2 septembre 1942 à la prison de Klingelpütz à Cologne selon le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il décède le 1er septembre 1942 à Cologne (Allemagne) selon l'état civil de Moulins (03) et le JO N° 290 du 14 décembre 1997.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 510 279), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

"Mort pour la France"

 

Photos: Mairie de Thouars. Remerciements.

Document de gauche: Son nom  figure au Monument aux Morts de Thouars.
Document de droite: Une rue de Thouars porte son nom par décision du Conseil Municipal de Thouars en date du 7 mai 1992.

 

Sources:

- Archives Départementales des Deux-Sèvres 36 W 4, 158 W 222,

- Archives Municipales de Thouars

- Archives de la famille

- Centre Régional «Résistance et Liberté»

- Etat civil de Moulins (03) et Thouars (79)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Témoignage de Madame Andrée Richetta

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 510279)
 
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