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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

MARTIN Gilbert Jacques

 

Est né le 13 mars 1910  au domicile de ses parents au lieudit Millepertuis à Yzeure (03). Son père Michel et sa mère Jeanne née BARICHARD sont cultivateurs.

Il est mécanicien sur cycles et domicilié rue Bernard Palissy à Yzeure.

Engagé volontaire pour deux ans le 1er septembre 1928 dans le 1er Régiment de Dragons il est ensuite dirigé sur le Levant au titre de la relève de l'Armée Française et affecté au 18ème Escadron d'autos mitrailleuses de cavalerie. Il est ensuite classé dans le service auxiliaire.

Source de la photo ci-contre: Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains.

 

Rappelé le 23 août 1939 il est affecté au Dépôt de Cavalerie N° 13.

Selon les déclarations effectuées par sa grand-mère le 16 février 1946 dans une demande de recherche de disparu, il est arrêté le 24 mai 1942 à son domicile rue Bernard Palissy par la Gestapo pour détention d'arme de chasse.

Il est interné à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03), pendant environ deux mois.

Il est transféré à la prison du Cherche-Midi à Paris d'où il expédie un courrier le 15 août 1942.

Il est ensuite déporté N.N. au Sonderlager Hinzert entre le 29 mai 1942 et le 10 septembre 1943 en provenance de Paris gare de l'Est.

Hinzert: camp spécial dirigé par la S.S. depuis septembre 1939 situé près de la ville de Trèves. Y sont internés des Allemands qui travaillent pour l'Organisation Todt, quelques Français arrêtés en Allemagne, mais surtout des déportés «N.N.» venant de Paris acheminés en transport de mai 1942 à septembre 1943. En octobre 1943 les derniers «N.N.» quittent le camp.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il est déporté N.N. (Nacht und Nebel=Nuit et Brouillard).

Procédure Nacht und Nebel

instaurée par le décret Keitel de décembre 1941 pour «des actes délictueux» tels que espionnage, sabotage, détention illégale d'armes, etc. Ce décret prévoit le transfert en Allemagne en vue d'un jugement dans le secret absolu. Les déportés doivent disparaître dans «la nuit et le brouillard», c'est-à-dire sans laisser de trace.

Après  quelques mois passés à Hinzert il est transféré dans différentes prisons: le 17 septembre 1942 à Wittlich.

Wittlich, lieu de prévention des hommes N.N. venant d'Hinzert et devant être jugés au tribunal de Cologne où il est transféré le 1er juillet 1943.

Cologne: siège du tribunal chargé des affaires N.N. venant de France.


Document ci-dessus: Extrait de la liste des transferts à la prison de Cologne. Source: Service International de Recherche d'Arolsen 1.2.2.1/11371935.

Wittlich, lieu de prévention des hommes N.N. venant d'Hinzert et devant être jugés au tribunal de Cologne où il est transféré le 1er juillet 1943.

Cologne: siège du tribunal chargé des affaires N.N. venant de France.

Wittlich: retour à Wittlich jusqu'au 12 septembre 1944, date à laquelle il est transféré à la prison de Sonnenburg.

Sonnenburg: forteresse située près de Francfort-sur-Oder. Prison d'application des peines de travaux forcés pour les hommes déportés N.N.
 
 
Document ci-dessus: Extrait de la liste des transferts à la prison de Sonnenburg. Source: Service International de Recherche d'Arolsen 1.2.2.1/11372062.

A la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, Marie-Madeleine FOURCADE, chef du réseau "Alliance", mena l'enquête pour essayer de retrouver les membres du réseau déportés et, parmi eux, le colonel Léon FAYE, massacré le 30 janvier 1945 à Sonnenburg. Dans "l'Arche de Noé", elle écrit  " Le gardien de Sonnenburg fut amené: le 30 janvier, les SS avaient reçu l'ordre de tuer tout le monde avant l'arrivée de l'Armée Rouge. Il avait , avec quelques autres gardes, réussi à sauver des mains des exécuteurs SS environ cent cinquante prisonniers, en majorité des Allemands.
Les autres? Ils avaient tous été massacrés; Plus de huit cents...Rangés par terre dix par dix...Rafale de mitraillette dans la nuque...Corps brûlés au lance-flammes..."

 

Selon le jugement rendu par le Tribunal Civil de Première Instance de Moulins le 19 septembre 1947, le décès de  Gilbert Jacques MARTIN est «fixé au dix neuf juillet mil neuf cent quarante deux, date depuis laquelle il n'a plus été donné de nouvelles du disparu».

Gilbert Jacques MARTIN a disparu dans "la nuit et le brouillard".
 
Son nom figure sur la plaque au Monument aux Morts d'Yzeure. Photo: Jeanne Chaussard.

 
Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, 1 R 1930.1018.674,

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains

- Etat civil d'Yzeure (03)

- Fondation pour la Mémoire de la Déportation

- Fourcade Marie-Madeleine L'Arche de Noé Fayard 1968

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004.

- Service International de Recherche d'Arolsen 1.2.2.1/11371935, 1.2.2.1/11372062, 1.2.2.1/11601770,

 
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