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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

MÉRARD Georges Xavier Pierre

Est né le 31 décembre 1921 au 215, rue Nationale à Villefranche-sur-Saône (69). Son père Camille est confectionneur et sa mère Anna née CAUILLAUDIN est sans profession. Ils sont domiciliés au Bois-d'Oingt (69).

Il fait 8 mois de Chantier de Jeunesse au Groupement N° 8 au Châtelard-en-Bauges (73).

Etudiant célibataire il est domicilié à l'Hôtel Cotinel à Varennes-sur-Allier (03).

Photo de Georges MÉRARD en 1946. Source: Archives Départementales du Rhône 4657 W 49.


Faisant partie des classes 1920-21-22 il est requis pour le STO (Service du Travail Obligatoire) qu'il accomplit au Camp de Saint-Loup (03) où se trouve un dépôt de munitions. Il y est  employé comme manœuvre.

Selon une note de la police il est arrêté le 10 juin 1943 à la sortie du camp par les Allemands ainsi que 7 autres employés et, selon la même note, «La plupart des 8 employés arrêtés ce jour ont été trouvés porteurs de munitions à la suite d'une fouille intervenue à leur sortie du camp. Les autres ont été accusés de sabotage». Selon le témoignage de Georges MÉRARD, il est arrêté le 11 juin au camp de Saint-Loup.

Selon son témoignage concernant le S.T.O. et son arrestation, "Fin mai 1943, alors que je terminais ma période au Chantier de Jeunesse du Châtelard-en-Bauges (Savoie), j'ai appris qu'au moment de ma libération, je devais, ainsi que mes camarades libérables, être dirigé sur l'Allemagne au titre du S.T.O.. Pour éviter cet enrôlement forcé, je désertais les Chantiers de Jeunesse quelques jours avant ma libération, c'est-à-dire la nuit du 30 au 31 mai 1943. 
Je restais quelques jours caché dans ma famille et, vers le 4 ou 5 juin, par l'intermédiaire d'un ami, Mr LAUGIER, commerçant à Varennes-sur-Allier (Allier), je pus me faire embaucher comme manœuvre, assimilé au S.T.O., au camp de munitions français de St Loup par Varennes (Allier). J'y retrouvais les jeunes gens de ma classe affectés ici comme S.T.O.
Environ 4 jours après mon entrée au camp j'ai été sollicité par des camarades de travail, que je connaissais à peine, mais qui étaient S.T.O. comme moi, pour sortir des munitions du camp (balles de revolver, de mitrailleuse,etc, cordon Bickford, etc,etc) et les remettre à la Résistance locale. (...)
J'acceptai les propositions de ces camarades et, le 11 juin à la sortie de 17 heures, je sortais, ayant dans mes poches 2 boîtes de balles de revolver; à la sortie du camp, nous fûmes tous fouillés par les sentinelles allemandes. Comme j'étais parmi les premiers à sortir, je n'eus pas le temps de me débarrasser des boîtes de munitions et je fus arrêté ainsi que quelques camarades. La Gestapo de Vichy vint nous chercher en voiture et nous fûmes transférés à Vichy où on nous garda une huitaine de jours".

Il est interné à Vichy (03) Boulevard des Etats-Unis, siège de la Gestapo, puis le 18 juin à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03) avant d'être transféré à Compiègne le 13 juillet.

Le 28 octobre 1943 il fait partie des 933 hommes déportés de Compiègne à Buchenwald où il arrive le 30 dans le convoi N° I.145. Il y reçoit le matricule N° 30830. Après la quarantaine, il est affecté au Kommando de Thekla et travaille à l'usine d'aviation.
 
Thekla ou «Emil»: Kommando du KL Buchenwald. Situé dans le faubourg nord-ouest de Leipzig depuis mars 1943, ce Kommando travaille à la fois pour la firme de constructions de machines Erla et pour la production d'avions Messerschmitt. 900 détenus s'y trouvent en janvier 1945.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
 

Il est libéré le 9 mai 1945 par les Soviétiques et est rapatrié sur l'Hôtel Lutétia à Paris le 28 mai 1945.

Source des documents ci-dessus AFMD 75.

Lui est attribué le 1er juin 1949 le  Certificat d'Appartenance à La R.I.F. (Résistance Intérieure Française) N° 13459 en tant qu'Isolé pour services accomplis dans la Résistance du 1er juin 1943 au 28 mai 1945. Comme motifs de son arrestation il est indiqué "vol de munitions et détention de munitions de guerre".

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 411296), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

La carte de Déporté Résistant N° 1 015 20968 lui est attribuée le 25 février 1954.

La Légion d'Honneur lui est remise en 1962.



Source du document de gauche ci-dessus: Archives Départementales du Rhône 4657 W 49.
Source du document de droite: 
Cliché de Pierre Eymin transmis par le Service Culturel de la Mairie de Villefranche-sur-Saône. Remerciements.


A son retour il reprend l'entreprise familiale de confection Mérard-Cauillaudin et la reconvertit dans la fabrication de disques de polissage. L'entreprise est prospère et lui procure une certaine aisance dont il fait profiter des actions locales en participant financièrement par exemple à la réfection de l'une des chapelles de l'Eglise Notre Dame ou à la réalisation d'une nouvelle résidence pour personnes âgées.

Photo de gauche: Résidence Georges Mérard. Photo transmise par l 'association "Accueil et Confort Pour Personnes Agées" de Villefranche-sur-Saône.

Photo de droite transmise par la Légion d'Honneur en Beaujolais.

Le 6 juin 1992 il épouse Janine IMBERT à Aix-en-Provence (13). Ce mariage est dissous le 29 octobre 1996.

Il décède le 13 mars 2003 à Villefranche-sur-Saône.

 
Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1289 W 51, 1580 W 7,

- Archives Départementales du Rhône 4657 W 49

- Etat civil de Villefranche-sur-Saône (69)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre du Rhône

- Patriote Beaujolais (Le) du 11 février 2002 transmis par La Légion d'Honneur du Beaujolais

- Service Culturel de la Mairie de Villefranche-sur-Saône

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 411296)
 
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