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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
CHENEVIER Charles Jean
 
 

est né le 2 novembre 1901 Route de Rochemaure à Montélimar (26). Il est le fils de Cyrille et Jeanne née BIED.

Le 13 octobre 1923 il épouse Odette PELLETIER à Paris (19ème) et ils ont un enfant.
 
Source de la photo: Charles Chenevier La Grande Maison Presses de la Cité 1976


Il entre dans la police en 1925 comme inspecteur provisoire de la police spéciale  des chemins de fer à la gare Saint-Lazare. Titulaire il est affecté en mai 1928  à la 1ère Brigade Mobile de Paris. En mars 1936 il est promu commissaire de police.


Selon Jean-Marc BERLIÈRE dans "Policiers français  sous l'Occupation", "Dès les débuts de l'occupation allemande, Chenevier entre en résistance par le biais du réseau mis en place en zone sud par les anciens du contre-espionnage de l'armée, sous couvert des "Travaux ruraux" (TR)".

Commissaire Principal de Police Judiciaire à Vichy il appartient au réseau «S.S.M.F./TR» (Service de Sécurité Militaire Français /Travaux Ruraux) à compter du 1er janvier 1941 comme agent P1, puis P2, sous les ordres du Colonel RIVET  et du Colonel VERNEUIL, et, à partir du 1er septembre 1943, également au réseau «Jacques O.S.S.».

Selon Georges Rougeron,  "Au sillage de l'O.S.S. se rattachait le Réseau  ""Ritz-Crocus"" dont le chef était le Commissaire de Police Chenevier à Cusset et qui disposait d'un émetteur dans une cabane de vigneron à Contigny". Il crée en juillet 1943 à Vichy le réseau Jacques et prospecte des terrains et recherche des équipes pour des parachutages.

Il est arrêté par le chef de la Gestapo, Hugo GEISSLER,  à Vichy le 11 novembre 1943 après avoir été «dénoncé comme se livrant à une activité antiallemande» selon sa demande d'attribution du titre de déporté résistant.

Selon l'attestation en date du 14 juin 1946 du lieutenant-colonel VERNEUIL, ex-chef des réseaux S.S.M.F./T.R., Charles CHENEVIER

«- a, sous l'Occupation, fourni des renseignements sur la région nord-ouest de la France et l'équipe de la Gestapo de la rue Lauriston ainsi que des renseignements plus généraux sur le personnel et l'activité de la Gestapo;

- a caché, chez des particuliers, deux agents identifiés par la gestapo. A maintenu le contact avec eux jusqu'au moment où ils ont pu reprendre du service;

- dans le courant d'octobre 1943, s'est offert pour assurer personnellement l'exécution de deux missions délicates et dangereuses.

- Arrêté à Vichy le 11 novembre 1943 par la Gestapo, n'a fait arrêter, malgré de durs interrogatoires, aucun de ses camarades de réseau».

Il est arrêté à son domicile à l'Hôtel du Printemps à Vichy et est interné à Vichy jusqu'au 1er décembre 1943, puis à la prison du 92ème Régiment d'Infanterie à Clermont-Ferrand (63) jusqu'au 30 janvier 1944, date à laquelle il est transféré à la prison de Fresnes où il est mis au secret pendant huit mois.

Le 28 juillet 1944 il est déporté de Compiègne à Neuengamme dans le convoi N° I.250. Bien qu'il fasse partie de la catégorie NN la procédure ne lui est pas appliquée.

Il y reçoit le matricule N° 39384. Après la quarantaine il est affecté au Kommando de Bremen-Osterort.
 
 
Bremen- Osterort-Kriegsmarine: Kommando du KL Neuengamme. Les 900 détenus de ce Kommando, qui porte également les noms de Riespott et d'Hornisse, travaillent à la réalisation d'un bunker pour sous-marins dans la base sous-marine.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Dans la première semaine d'avril 1945 il est évacué vers le Kommando de Sandbostel où il arrive le 13.

Sandbostel: Ce n'est pas un kommando, mais un ancien camp de Prisonniers de Guerre, le stalahg XB, devenu "mouroir" de Neuengamme à partir du 13 avril 1945. Le camp est libéré le 29 avril 2945. Situé à l'ouest de Hambourg.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la mémoire de la Déportation.

Il y est libéré le 29 avril 1945 par les troupes canadiennes.

Et, à son retour en France, ses ennuis commencent. Il est accusé d'avoir collaboré  et est mis à la retraite d'office par l'arrêté ministériel du 2 octobre 1946.

Victime d "une cabale partisane" il est lavé des accusations qui pesaient sur lui et est finalement réintégré dans la Police Nationale suite à l'arrêté du 15 janvier 1948.

Conclusion de Jean-Marc BERLIÈRE: " Au terme de cette pénible bataille, Chenevier est réintégré dans la police judiciaire de la Sûreté nationale. Dirigeant le Groupe de répression du banditisme, il sera mêlé aux grandes affaires criminelles qui ont marqué la chronique de l'après-guerre: Abel Danos, Emile Buisson -l'ennemi public n° 1-, les bijoux de la Bégum, le crime de Lurs (l'affaire Dominici)."


Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 126213 ), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

Il décède le 25 août 1983 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).


 
Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1756 W 1 N° 16020

- Berlière Jean-Marc  Policiers français sous l'Occupation  Editions Perrin janvier 2009

- Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains

- Chenevier Charles La Grande Maison Presses de la Cité 1976

- Etat civil de Montélimar (26)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial des Français déportés à Neuengamme Amicale de Neuengamme

- Noguères Henri en collaboration avec Marcel Degliame-Fouché Histoire de la Résistance en France Tome 3  Robert Laffont 1972

- Rougeron Georges
Quand Vichy était capitale 1940-1944 Editions Horvath 1983

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 126213 )

 
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