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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
MARZELIÈRE Pierre Henri Auguste François
 
 

Est né le 20 juin 1921 à Le Pouliguen (44). Son père Pierre Marie est bourrelier et sa mère Henriette née HERVY est sans profession. Ils sont domiciliés rue de la Gare au Pouliguen.

Puis la famille vient s'installer à Tours (37) où les parents tiennent le café Littré.

En 1939 il entre au journal La Nouvelle République à Tours , puis à l'Agence Havas à Clermont-Ferrand (63).

Photo transmise par son collègue et ami,  Pierre Bruneau.

 

En 1943 il est rédacteur stagiaire domicilié à l'Hôtel de la Paix à Vichy  quand il est recensé pour le S.T.O.

Par la loi du 16 février 1943 du gouvernement de l'Etat Français est créé le Service du Travail Obligatoire qui impose aux hommes nés au dernier trimestre 1919 ou en 1920-21-22 d'aller travailler pendant deux ans en Allemagne.

Il succède à Robert BOUDEVILLE comme secrétaire à l'Office Français d'Information à Vichy. Résistant il fait partie, comme son prédécesseur, du réseau SuperNAP (Noyautage des Administrations Publiques).

Super-NAP: Parallèlement au NAP (Noyautage des Administrations Publiques) fut créée sous l'impulsion de la direction de Libération-Sud (…) une structure qui eut pour fonction de noyauter les ministères à Paris et à Vichy et qu'on appela en conséquence le Super-NAP. Il fut dirigé par Maurice Nègre, fonctionnaire des Affaires étrangères à Vichy, et Bernard de Chalvron. En 1944 le NAP et le Super-NAP fusionnèrent.
Source: Laurent Douzou dans Dictionnaire Historique de la Résistance sous la direction de François Marcot Robert Laffont avril 2006
 
 

Il est arrêté le 31 mars 1944 par la Milice et remis à la Gestapo de Vichy. Il est interné d'abord à Vichy, puis à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03).

Le 27 avril 1944 il est déporté de Compiègne à Auschwitz où il arrive le 30 par le convoi N° I.206. Il y reçoit le matricule N° 186043.

C'est l'un des trois convois de non-juifs à être dirigés en wagons à bestiaux sur Auschwitz. Il met quatre jours et trois nuits pour arriver à destination. Ce convoi est resté célèbre sous le nom de Convoi des Tatoués. Là 1665 hommes vont être immatriculés et tatoués.

Pourquoi Auschwitz? Les historiens se sont interrogés. Plusieurs hypothèses sont possibles:  il s'agissait soit d'exterminer rapidement ces déportés soit de les transférer dans des kommandos de travail dépendant d'Auschwitz soit parce qu'il n'y avait plus de place à Buchenwald.

C'est, semble-t-il, la dernière hypothèse qui est retenue. En effet arrivés à Auschwitz le 30 avril 1561 de ces déportés vont en repartir à destination de Buchenwald le 12 mai. Ils y seront restés deux semaines.

A Buchenwald,il reçoit un nouveau matricule, le N° 53146.

 
 
Source du document ci-dessus: Service International de Recherches d'Arolsen 6583312.

Il est ensuite transféré le 17 juin 1944 au kommando d' Ellrich.
 
 
Ellrich: Ce Kommando, dépendant du camp de Dora, est constitué de bâtiments abandonnés d'une fabrique avec un vaste terrain en friche. Entre mai et septembre 1944 on évacue vers Ellrich des milliers de détenus pour travailler sur des chantiers dépendant du «Sonderstab Kammler», qu'il s'agisse du creusement de galeries souterraines ou de tous les travaux de génie civil en surface.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
 

Il décède au cours de l'évacuation le 13 avril 1945 à Gardelegen où 1016 déportés ont été brûlés dans une grange par les nazis.

Dans l' Histoire du camp de Dora André SELLIER raconte l'intervention de l'armée américaine après la découverte de la grange.
 
 

«Le major Keating fait conduire les hommes valides de Gardelegen à la grange. Cinq cent soixante-quatorze corps sont exhumés et 442 extraits de la grange. On dénombre 1016 victimes parmi lesquelles sont identifiées par leur nom et 301 par leur matricule; 711 défient toute identification. De nombreux corps portent des traces de balles. La population entière de la ville, notables en tête, doit défiler devant les cadavres.

Dans les jours qui suivent, les Américains font creuser des tombes individuelles par des membres des Jeunesses hitlériennes et du Volkssturm et des habitants de la cité. Les femmes doivent fournir des draps pour servir de linceuls, tandis que 1016 habitants de Gardelegen doivent aller de la ville à la grange d'Isenschnibbe, chacun portant une croix. L'inhumation terminée, le mercredi 25 avril, un office religieux est célébré, tandis que les honneurs militaires sont rendus aux victimes».

Les trois photos ci-dessus ont été transmises par Raphaël LASSANDRE.

Pierre MARZELIÈRE décède en avril 1945 à Gardelegen selon l'état civil du Pouliguen et le JO N° 9 du 11 janvier 1995.

"Mort pour la France"

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 400709), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

Lors de sa séance du 15 février 1947 le Conseil Municipal du Pouliguen décide à l'unanimité de renommer la rue des Cannes «rue Pierre Marzelière». Document à gauche ci-dessous transmis par Pierre Marzelière, un parent éloigné.

Une plaque est apposée en l'Eglise Saint-Saturnin à Tours. Document à droite transmis par Pierre Bruneau.
 
 
 
 

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Ministère des Anciens Combattants en date du 10 novembre 1994 paru au Journal Officiel N°9  du 11 janvier 1995.


 

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 778 W 21 Recensement pour le S.T.O. à Vichy

- Archives Municipales du Pouliguen

- Archives de La Nouvelle République de Tours

- Bruneau Pierre archives privées
 
- Clogenson Henri et Le Goupil Paul Mémorial des Français Non-Juifs Déportés à Auschwitz, Birkenau et Monowitz publié à compte d'auteur

- Douzou Laurent Dictionnaire Historique de la Résistance sous la direction de François Marcot Robert Laffont avril 2006

- Etat civil du Pouliguen (44)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- MemorialGenWeb  site Internet

- Noguères Henri en collaboration avec Marcel Degliame-Fouché Histoire de la Résistance en France Tome 3  Robert Laffont 1972

- Sellier André
Histoire du camp de Dora Editions La Découverte 1998

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 400709)

- Service International de Recherches d'Arolsen 6583312,

 
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