Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
PERRIN Etienne dit Fernand
 
 
Archives de la famille

est né le 29 juin 1902 au Haut de Jenzat à Jenzat (03). Il est le fils de Pierre et de Marie née JUGNET.

Charpentier menuisier il est incorporé le 5 mai 1922 à la 9ème section d'ouvriers d'aviation et démobilisé le 10 novembre 1923.

Le 12 août 1924 il épouse Marie GASCH à Gannat (03) et ils ont un enfant.

Source de la photo: Archives de la famille.

Il est rappelé le 28 août 1939 au Bataillon de l'Air N° 105 à Lyon (69). Il est blessé en service commandé le 10 mai 1940 et démobilisé le 15 juillet 1940.

Domicilié au 45, Croix des Rameaux à Gannat, il entre le 1er septembre 1942 dans les Forces Françaises Combattantes au réseau «Alliance» dont le chef est Marie Madeleine Fourcade.

 

Réseau «Alliance»: cet important réseau de renseignement essentiellement militaire- mais aussi filière d'évasion- est créé en avril 1941 par le commandant Georges Loustaunau-Lacau.

D'abord pétainiste, puis giraudiste, il va finalement se rallier au général De Gaulle début 1944. Il est dirigé par Marie-Madeleine Fourcade et le commandant Faye.

Source: Dictionnaire Historique de la Résistance.

Comme pseudonyme il reprend son prénom de l'état civil Etienne et avec le N° 1295 il occupe les fonctions d'agent P 2, ce qui équivaut au grade de sous-lieutenant, et œuvre plus particulièrement pour le service de renseignements et d'évasion.

Le 3 décembre 1942, il prend part à la célèbre évasion du Commandant Claude Hettier de Boislambert de la prison de Gannat (03).

Le 27 octobre 1943 vers 22 heures il est arrêté avec son ouvrier  André BUGEON à Gannat par la gendarmerie française pour une banale histoire de collage de tracts communistes. Il est interné d'abord à la Maison d'Arrêt de Gannat, puis à Riom (63), jugé par le tribunal Spécial de la Cour d'Appel de Riom et condamné à 18 mois de prison et 2000 francs d'amende pour «menées de nature communiste». Il arrive le 15 février 1944 à la Centrale d'Eysses (Lot-et-Garonne) où il lui est attribué le N°3301.

Source du document ci-dessus: Archives Départementales du Lot-et-Garonne.

Suite à la révolte des détenus et à la tentative d'évasion collective dans la nuit du 19 au 20 février 1944, 12 prisonniers sont exécutés. Les autres sont «remis aux Autorités Allemandes», placés sous l'autorité de la division «Das Reich», et convoyés à Compiègne le 30 mai 1944. Le bataillon FFI d'Eysses a été assimilé à une unité combattante de la Résistance pour la période du 9 décembre 1943 au 31 mai 1944.
 

Le 30 mai plus de 1100 détenus sont «remis aux autorités allemandes», en clair ils sont livrés aux nazis, en l'occurrence la Division Das Reich qui se rendra coupable de la pendaison de 99 otages à Tulle le 9 juin, puis du massacre de 642 personnes à Oradour-sur-Glane le 10 juin.

Cette unique photo des emprisonnés d'Eysses en colonne par cinq, les mains sur la tête, au moment où ils quittaient la Centrale aux mains des S.S.le 30 mai 1944 pour la gare de Penne-d'Agenais (Lot-et-Garonne) où ils allaient être embarqués vers Compiègne, a été prise par un garde mobile d'une fenêtre dominant la cour d'honneur.

Source de la photo: L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Amicale des Anciens d'Eysses Editions Sociales 1974.
 
Le 18 juin 1944 par le convoi N° 229 il est déporté à Dachau où il arrive le 20 juin. Il reçoit le N° 73863 et après la quarantaine il est affecté au Kommando d'Allach.
 
 
Allach: Kommando de Dachau. Ce très important Kommando situé près de Dachau est créé le 17 mai 1944. Il fait travailler les détenus à différents projets et productions: d'abord pour une manufacture de porcelaine, ensuite pour la firme BMW, enfin pour différents chantiers de l'organisation Todt. Il compte jusqu'à 3850 détenus.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
 
 
Il y est libéré le 30 avril 1945 par les troupes américaines et est de retour à Gannat le 1er juin.
 
A la mi-août 1945, Fernand Perrin se rend à Hevamendingen (68) près de Colmar pour ramener à Gannat son camarade de captivité, Jean-Baptiste PEIGUE, trop malade et affaibli pour rentrer seul.
 
Archives de la famille

Ci-contre carte de service du réseau «Alliance» signée de Marie-Madeleine Fourcade, chef de ce réseau.

Lui est attribuée la Médaille de la Résistance Française pour le motif suivant:

«a joué dans la Résistance française un rôle éminent et fait preuve du plus grand courage dans la lutte contre l'oppresseur».

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 468932), il est homologué en tant que Résistant au titre des   F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

La carte de Déporté Résistant lui est attribuée le 2 octobre 1956.

Source du document ci-dessus: ONACVG du Puy-de-Dôme.


Il décède le 1er août 1974 à Gannat.

Suivant l'article 1er de l'arrêté du Ministère de la Défense en date du 20 avril 1990, le "Bataillon F.F.I. de la Centrale d'Eysses" est assimilé à une unité combattante pour la période du 9 décembre 1943 au 31 mai 1944.




Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1, 1 R 1922.951.68, 996 W Police Politique Octobre novembre1943

- Archives Départementales du Lot-et-Garonne (Registre d'écrou)

- Archives du camp de Dachau sur Ancestry.com et JewishGen.org

- Archives de la famille

- Bulletin Officiel des Armées Arrêté du 20 avril 1990

- Etat civil de Jenzat (03) et de Gannat (03)

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial annuaire des Français de Dachau Amicale des Anciens de Dachau  1987

- Office Départemental des Anciens Combattants de l'Allier

- Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre du Puy-de-Dôme

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 468932)


 
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